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Mallory Leconte, les Jeux, c’est mieux à deux

A 21 ans, cette sprinteuse de Saint-Denis Emotion ne rêve que d’une chose : disputer les Jeux de Paris 2024 chez elle avec son frère jumeau Jerry. Sacrée cet hiver championne de France Elite et espoirs, elle vise le triplé avec les championnats de France en plein air, le 25 juin à Caen. Portrait.

Son rire jaillit aussi vite qu’elle des starting-blocks. Elle est comme ça, Mallory Leconte : joyeuse et insouciante. Installée dans les tribunes du stade Auguste Delaune – le stade annexe en contrebas du Stade de France sur lequel elle s’entraîne d’habitude est fermé pour cause de travaux – la jeune femme se raconte facilement. Il faut dire que les voyants sont au vert : sacrée championne de France Elite et espoirs sur 60m en salle cet hiver, elle vient de battre par deux fois son record perso sur 100m : 11’’33 (au meeting Elite de Cergy-Pontoise), contre 11’’49 auparavant. « C’est bien, mais faut que ça descende encore », insiste cette éternelle optimiste qui, pour cette saison estivale, lorgne sur les championnats méditerranéens en individuel (minimas à 11’’35) et les championnats du monde en relais. A 21 ans, ce serait bien sûr les premiers de sa jeune carrière.

Le Stade de France en ligne de mire

Mais son véritable Graal, elle l’a d’habitude sous les yeux chaque jour : le Stade de France. Le stade annexe sur lequel s’entraîne le collectif course d’Alioune Ndiaye, leur entraîneur de Saint-Denis Emotion, est en effet situé juste en contrebas de ce qui sera le théâtre principal des Jeux de Paris 2024. « Du coup, on y pense à chaque entraînement. Ce Stade de France, c’est notre objectif, on le vise jour après jour. », souffle la Dionysienne en insistant sur le "on".

Rêve de fratries

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Car le rêve de Mallory s’écrit à deux : son aventure olympique aurait en effet un goût d’incomplet si elle se déroulait sans Jerry, son frère jumeau. Les deux athlètes, nés un 4 octobre 2000, fonctionnent à l’unisson : tous deux font du 100m et tous deux viennent de battre leur record perso sur la ligne droite (10’’39 pour Jerry). Ensemble, ils ont commencé l’athlétisme au collège – « parce qu’on courait vite, tout simplement » - arrêté ensemble un an plus tard - « l’envie nous avait passé » - et repris ensemble à l’âge de 16 ans : « en ville, on croisait « Junior » (Alioune Ndiaye) qui nous relançait sans cesse pour qu’on reprenne. »

"On se ressemble pas mal"

C’est donc en toute logique qu’ils aimeraient fouler à deux le tartan de Paris 2024. « On se ressemble pas mal niveau caractère, explique son frère Jerry, présent lui aussi à l’entraînement. Elle est un peu plus émotive que moi, je suis un peu plus flemmard qu’elle, mais on est tous les deux des battants. On se motive l’un l’autre sur cette route vers le Stade de France ».
Sa sœur lui retourne le compliment : « Quand j’ai commencé l’athlé, je suivais un peu Allyson Felix et Usain Bolt. Mais maintenant, si on me demande mon modèle, je dirais que c’est mon frère pour son calme et sa détermination. »

"On oublie parfois les banlieues"

Le rêve bleu des Leconte en rappelle un autre : celui de Ludovic Ouceni et de sa sœur Laureen, d’ailleurs elle aussi licenciée à Saint-Denis Emotion, qui aimeraient aussi vivre à deux la fête de Paris 2024.
Et au-delà de ce moment de plénitude personnelle que serait une participation aux Jeux en famille (le petit frère Ledjy-Smith, 13 ans, est lui aussi licencié à Saint-Denis Emotion), que représente un tel événement pour une ville comme Saint-Denis ? Mallory prend un temps de réflexion : « Saint-Denis sera plus regardée, davantage prise en considération alors qu’on oublie parfois les banlieues. La nouvelle piscine olympique est aussi une bonne chose : ça permettra aux jeunes de nager davantage, et plus généralement de faire plus de sport. C’est important, ça donne un bon cadre. », dit celle qui est actuellement en fac de Staps à Nanterre.

Le 100m, discipline technique

« Concilier études et sport de haut niveau n’est pas toujours facile », concède la jeune femme qui a conscience de rentrer pour les deux prochaines années dans un mini-tunnel. « De ce point de vue, être accompagnée par le dispositif départemental Génération Jeux, ça aide aussi », souligne celle qui, comme 29 autres athlètes de haut niveau, est soutenue financièrement par le Département à hauteur de 3 000 euros par an.

"La même foulée !"

Comment décrirait-elle sa discipline à ses 29 acolytes ? « Technique. Le 100m, ce n’est pas que courir vite, faut pas croire. Le moindre geste parasite peut te faire perdre plusieurs centièmes. Temps de réaction, phase de poussée, transition, il faut que tout soit maîtrisé parfaitement pour prétendre arriver première. », explique celle qui se sent plus coureuse de 100m que de 200m, mais ne demande qu’à s’améliorer sur la course en virage.
Le temps de faire quelques photos, évidemment avec son frère, et toujours cette même ressemblance, constatée cette fois par le photographe : « c’est fou, ils ont exactement la même foulée ! ». Mallory et Jerry au stade de France, Leconte serait beau.

Christophe Lehousse
Photos : ©Sylvain Hitau

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