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Le Département soutient l’habitat partagé et solidaire

Le 22 novembre, une délégation départementale a rencontré, avec deux représentants de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, plusieurs habitantes de la Maison des Babayagas à Montreuil. L’occasion de présenter à cet emblématique collectif de résidentes de plus de 60 ans la nouvelle Aide à la vie partagée qui financera dès 2022 l’animation d’activités conviviales ou de services dédiés au sein d’habitats inclusifs*.

« La maison de retraite, très peu pour nous » lance Mathilde, une sexagénaire entrée depuis un an et demi dans la célèbre et atypique résidence pour femmes âgées. « Avec les autres Babayagas, on veut vieillir ensemble en étant les plus libres et indépendantes possible ». Comme les vingt autres locataires, cette jeune retraitée a signé la charte féministe, laïque et écologiste de l’établissement et partage des activités ou des relations de voisinage dans les espaces communs. Créée en 2012 par la charismatique militante Thérèse Clerc, la Maison des Babayagas est réservée aux femmes de plus de 60 ans décidées à vieillir ensemble de façon autonome et solidaire.

Une structure avant-gardiste d’habitat partagé

Situé à deux pas de la mairie de Montreuil, l’immeuble comporte 25 logements sociaux dont 21 pour les résidentes et 4 pour des familles ou des jeunes de moins de 30 ans. Il comprend aussi des locaux communs, une buanderie et une salle (municipale) réservée à des activités collectives ou des expositions (co-organisées par Mina) et un jardin partagé (le petit paradis de Kerstin). Chacune des Babayagas est locataire de l’OPH Montreuillois pour son propre habitat, avec des loyers modérés variables selon les revenus.
Le projet utopiste porté par Thérèse Clerc visait à mettre les femmes âgées, dont les pensions de retraite sont souvent moins élevées que celles des hommes, à l’abri de la précarité, « dans un habitat groupé, social, féministe et autogéré » . La remuante fondatrice avait également lancé en 2012 l’UNIversité des SAvoirs des VIEux (UNISAVIE) après avoir créé quinze ans plus tôt la Maison des femmes de Montreuil dédiée aux femmes victimes de violences, en insertion ou en réinsertion professionnelle.
L’ Aide à la vie partagée versée par le Département permettra en 2022 de financer des activités partagées jusqu’à 10 000 euros par an et par bénéficiaire. « On pourrait instaurer des ateliers jardinage ou cuisine en aménageant mieux la salle commune » propose Cathy, 66 ans. Sa voisine serait plutôt d’avis de relancer des séances de yoga et de ciné-club déjà expérimentées « avec des gens du quartier » .

Un programme innovant pour favoriser le bien vieillir

La Maison des Babayagas, structure pionnière connue internationalement, s’intègre parfaitement à l’ambition départementale de développer d’ici à 2022 sept projets d’habitats inclusifs sous forme de colocations ou de logements regroupés autour d’un espace et d’un projet de vie en commun. « Nous voulons aider les personnes âgées et handicapées à engager un virage domiciliaire pour répondre à leur souhait de rester dans leur logement et participer à la vie du quartier » déclare Stéphane Blanchet, vice-président chargé de l’autonomie lors de la Journée interdépartementale de l’habitat inclusif qui a suivi la rencontre.
Comme les Babayagas, 200 Séquano-Dionysien∙ne∙s bénéficieront avant 2024 de l’accompagnement de porteurs de projets ou d’activités conviviales coordonnées par des animateur∙rice∙s, les locataires du parc HLM étant priorisé∙e∙s. Sensible au bien-être de la population touchée par la question de l’autonomie, le Département a sélectionné cette année et soutient financièrement 7 tiers-lieux autonomie, dont quatre sont actuellement opérationnels. D’ici 2024, il projette d’élargir ce réseau à d’autres partenaires, créant au total 25 tiers-lieux inclusifs sur son territoire. La collectivité finance par ailleurs des assistances à maîtrise d’ouvrage pour adapter une douzaine de projets de renouvellement urbain aux problématiques du vieillissement et du handicap.

Chef de file de la solidarité, le Conseil départemental a voté en 2019 un ambitieux plan d’investissement de 156 millions d’euros, le Schéma Autonomie et inclusion qui prévoit également d’autres chantiers comme un appui à la modernisation des établissements médico-sociaux, la construction de l’équipement sportif inclusif PRISME... Pour que l’idéal d’émancipation et d’égalité de droit des citoyen∙ne∙s touché∙e∙s par une moindre autonomie ne soit pas un voeu pieux...


*L’habitat inclusif est un habitat accompagné et inséré dans la vie locale s’adressant aux personnes âgées ou handicapées partageant des espaces communs et un projet de vie sociale.

Crédit-photo : Nicolas Moulard

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