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Mouss et Hakim, de Zebda, jouent les passeurs de culture pour La Cité des Marmots

Durant toute une semaine, début mars, Mouss et Hakim Amokrane, ex-chanteurs de Zebda, ont fait chanter 12 écoles primaires du département. Effectuée dans le cadre de La Cité des Marmots, leur intervention vise à faire passer à la jeune génération un patrimoine de chansons populaires, ouvrières et multiculturelles. Un répertoire finalement à l’image de la Seine-Saint-Denis. Ambiance !

(Presque) tous les enfants de leur quartier et même d’ailleurs, et tout ce que le béton a fait de meilleur… étaient là ! En ce vendredi 5 mars, l’école St-Exupéry de Saint-Denis plane aussi haut que les avions de Blagnac... Mouss et Hakim, ex-chanteurs du groupe toulousain Zebda, accompagnés de Rémi Mouillerac, guitariste, sont venus mettre le feu !
Durant toute une semaine, de Montreuil jusqu’aux rives de la Seine, les trois compères ont fait chanter 12 écoles primaires du département, dans le cadre de La Cité des Marmots. Développé par l’association Villes des Musiques du Monde basée à Aubervilliers, ce projet vise à initier au chant, mais aussi à ouvrir au monde à travers des patrimoines musicaux d’ici et d’ailleurs.
En l’occurrence, avec le répertoire de Mouss et Hakim, alias les frères Amokrane, c’est le monde entier qui s’était donné rendez-vous dans les salles de classe de Saint-Denis. Avec une classe de CM2 puis de CM1, les deux minots, devenus « Darons de la Garonne » (le nom de leur prochain album qui sortira en octobre) révisent consciencieusement les trois chansons retenues : « A ssendou », une berceuse kabyle du chanteur Idir, décédé l’année dernière, La Familia, une chanson écrite par les deux frères « pour dire qu’il y a la famille de sang mais aussi la famille de coeur » et Bella Ciao.
« Qui d’entre vous connaît Bella Ciao ? », lance Mouss au parterre d’élèves encore un peu intimidé. Une majorité de doigts se lèvent. « Comment vous la connaissez ? » La réponse est quasiment unanime : « par la série Casa de papel ! »

Transmission et ouverture

Nous voilà au cœur du sujet : La Cité des marmots, c’est une histoire de transmission aux générations futures. Et là où une série espagnole s’est fait ces dernières années le vecteur de la célèbre chanson de résistance italienne, aujourd’hui, ce sont Mouss et Hakim qui reprennent le flambeau. « Vous savez que c’est une chanson qui a plus de 70 ans, écrite au départ par des femmes qui la chantaient dans les rizières pour se donner du courage et dire qu’elles étaient traitées injustement ? », recontextualisent les frères qui, bien avant Casa de Papel, avaient redonné vie à cette chanson sur l’album des Motivés.

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Ils n’ont beau être que deux ce vendredi sur les 7 membres que comptait Zebda : les Toulousains n’ont rien perdu de leur belle énergie. Sous les masques, dans les yeux de toutes et tous- élèves comme enseignants- on pouvait voir du soleil et du sourire. « C’est un super projet. Une belle manière d’ouvrir l’horizon des enfants, de leur faire découvrir des traditions musicales du monde entier. Et pour certains, qui sont de double, triple culture, ça les valorise aussi. J’ai par exemple des élèves qui parlent kabyle à la maison, eh bien ils comprenaient la chanson d’Idir sans le traducteur qui était venu nous la présenter. », souligne Samir Boulkout, professeur d’une classe de CM1 engagée dans le projet. Une initiative qui ne pourrait pas non plus se faire sans l’implication de musiciens intervenant au long cours, présents toutes les semaines dans les écoles pour répéter avec les élèves les morceaux choisis.
Le tout débouchera, si le contexte Covid le permet, sur deux concerts organisés au Fort d’Aubervilliers les 21 et 22 mai. Rassemblant chaque soir quelque 200 enfants (soit 400 enfants au total pour les 8 villes de Plaine Commune), en présence de Mouss et Hakim, ce moment de joie et de partage serait à coup sûr l’événement idéal pour nous sortir du marasme sanitaire et culturel qui règne sur nos cœurs depuis un an maintenant. « Je pense que les enfants n’ont pas idée à quel point ça nous fait du bien à nous aussi ! », jubile Hakim. On jure qu’à nous aussi, Oualalaradime !

Christophe Lehousse
Vidéo et photos : ©Franck Rondot

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