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Les « Femmes-Relais » tendent la main aux plus fragiles

L’association balbynienne « Femmes-Relais » aide depuis plus de trente ans les Séquano-Dionysien·ne·s en situation de précarité grâce à des ateliers d’accompagnement : cours de français, aide aux démarches administratives, loisirs... Face à la crise sanitaire, ses membres multiplient les distributions de colis alimentaires et sensibilisent les familles aux gestes barrières.

« Sans les colis de Femmes-Relais, ma femme et mes enfants ne mangeraient pas à leur faim » se désole Smaïl, assis avec son caddie à l’entrée de l’association, quartier de l’Abreuvoir à Bobigny. En arrêt maladie depuis le début de l’épidémie, cet ouvrier immigré, qui survit avec sa famille dans un petit studio de 25 m2, a pu « se vider la tête » lors d’une sortie organisée fin octobre dans un parc d’attractions à Pavillons-sous-Bois. Comme Smaïl, plus de cent personnes poussent tous les jours la porte de l’association pour bénéficier des services mis en place par l’équipe.

Un lien entre les familles précaires et les institutions

« Historiquement, les structures de médiation comme la nôtre ont pour objectif d’aider les familles d’origine étrangère à mieux comprendre les codes de la société d’accueil pour réussir à s’y insérer » explique Fanta Sangaré, la dynamique directrice de Femmes-Relais. Des médiatrices et bénévoles de l’Éducation nationale donnent pratiquement tous les jours des cours d’alphabétisation à des primo-arrivant·e·s maghrébin·e·s, africain·e·s ou asiatiques, dont beaucoup préparent le niveau A2 de français nécessaire à l’obtention de la carte de séjour.
Dans le hall attenant à la salle de classe, Vanessa, assistante sociale stagiaire, aide Amira, une mère de famille bondynoise à constituer des demandes pour l’obtention d’un logement social et d’un pass solidarité transport. « Les adhérents sont souvent stressés par des procédures qu’ils maîtrisent mal » témoigne Vanessa. « On cherche à les écouter et à leur donner un peu d’espoir même si on n’a pas de baguette magique... ».
Dylan, le jeune webmaster de l’équipe, travaille de son côté à développer leur employabilité en multipliant les ateliers de recherche d’emploi et de maîtrise de l’informatique. « L’objectif est de valoriser leurs compétences et leur montrer que même sans diplôme, ils sont capables de travailler » confie-t-il.

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Créer de la mixité sociale et de la convivialité

Pas moins de 43 nationalités différentes se croisent régulièrement dans les locaux de cette association de quartier HLM. Les animations sportives ou de loisirs permettent aux femmes plutôt majoritaires mais aussi aux hommes de cultures différentes de « se mélanger » et d’éviter le communautarisme.
Pour ce faire, les dix-sept membres de l’association misent sur des activités conviviales : sorties à la mer, ateliers culinaires ou de coiffure ou fêtes de quartier... Samira et Najat, deux couturières bénévoles confectionnent des centaines de masques vendus sur le site de l’association, après avoir réalisé nombre de sacs, serviettes ou protège-carnets en tissu. Les jeunes sont aussi accueilli·e·s par les animateur·rice·s qui organisent de l’aide aux devoirs ou des activités créatives.
L’équipe a par ailleurs choisi de proposer des ateliers plus individualisés liés à la vie intime des adhérentes : contraception, lutte contre les mariages forcés ou les violences conjugales... Par ses rencontres, l’association subventionnée par le Département permet aux femmes de s’émanciper à l’instar de Nabilah, assidue aux cours depuis deux ans. « Je me sens plus libre qu’avant » souffle-t-elle en souriant. « Je ne savais ni lire ni écrire et je sortais uniquement avec mon mari. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’ouvrir les yeux. »

La crise sanitaire a fait exploser les dépenses de « Femmes-Relais » avec un doublement des colis alimentaires distribués et un soutien financier aux personnes placées dans des hôtels sociaux. Candidate au Plan de Rebond solidaire du Département, la structure devrait bientôt bénéficier de nouveaux financements pour continuer à aider les populations les plus exposées à résoudre leurs problèmes de la vie quotidienne.

Association « Femmes-Relais »
3-5 place Nations-Unies à Bobigny
Tel : 01 48 50 24 27

Crédit-photo : Nicolas Moulard

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