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« La poudrerie, un patrimoine qui cartonne » : acte 1 !

Cinq rendez-vous devaient se succéder. L’épidémie de coronavirus et les mesures de confinement en auront cependant décidé autrement. Samedi 14 mars, au parc départemental de la Poudrerie, s’est donc tenu l’unique atelier de préparation au projet artistique participatif d’Olivier Grossetête. Malgré le contexte et une météo peu avenante, ils étaient une petite trentaine de personnes à y prendre part, pour imaginer et réinventer ensemble le bâtiment de la cartoucherie. Reportage.

Le rendez-vous est déjà pris, du 8 au 14 juin. Après l’Australie, les Pays-Bas, la Russie et le Mexique, c’est au parc départemental de la Poudrerie que l’artiste Olivier Grossetête proposera aux volontaires de fabriquer, élever, puis détruire une de ses architectures insolites, aussi monumentales que légères, puisque constituées de simples cartons. Mais quelle forme prendra-t-elle ? C’est encore un mystère !

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« Cette forme, c’est vous qui allez contribuer à son choix, en disant vos envies, vos désirs  », a annoncé Antoine Furio, du Service départemental du patrimoine culturel, aux participants de l’atelier de préparation au projet, qui avait lieu le 14 mars au parc de la Poudrerie.

« Comment peut-on réinventer la cartoucherie ?, a-t-il poursuivi. À vous de l’imaginer, en commençant par vous demander par exemple comment vous voudriez qu’il soit restauré ? Pour quelle utilisation ?, etc. Mais vous pouvez aussi vous affranchir de toutes fonctions et imaginer une pure création artistique ! »

Un site classé

Avant de mettre les participants à contribution, et pour qu’ils aient tous les éléments en main, ce spécialiste du patrimoine et sa collègue du service des parcs urbains Nathalie Coudrault ont, dans un numéro de duettistes plein d’humour et de complicité, guidé le groupe à travers le bois, racontant son histoire, sa construction, sa valeur patrimoniale et paysagère.

Le parc tient en effet non seulement son nom mais aussi sa physionomie de l’ancienne poudrerie, civile puis militaire, qui l’occupait, une des dix qu’a comptées la France. Comme l’a souligné Antoine Furio, « quand on travaille dans les poudres, il y a trois principes essentiels : sécurité, fonctionnalité, composition  ».

Selon ces principes, les bâtiments ont été espacés les uns des autres, des buttes de terre – toujours visibles – ont été élevées entre eux, des mares – dont trois existent toujours – ont été creusées, etc. Les cheminements dans le parc sont également l’héritage de cette période : tracés à partir d’une avenue centrale constituant un axe de symétrie. « Ce n’est pas un simple parc forestier, a insisté Antoine Furio. C’est aussi un site classé  ».

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Nathalie Coudrault a également détaillé les projets d’avenir du Parc. Sur l’ensemble des bâtiments de la Poudrerie, 30 seulement subsistent, partiellement ou totalement, comme l’ancienne cartoucherie autour de laquelle Olivier Grossetête élèvera sa construction, et dont il ne reste que la façade.

Parmi eux, trois sont en péril et font l’objet d’une importante mobilisation du Département, de l’État et de la Région pour les réhabiliter. « Il y a trois semaines, Stéphane Bern est venu. Sa mission et la Fondation du patrimoine vont aider en versant plus de 200 000 euros !, a précisé la responsable du parc. Trouver une nouvelle vie aux autres bâtiments est aussi un de nos objectifs, dans le but de développer des activités complémentaires. »

L’imagination au pouvoir

Un appel à projet a d’ailleurs été lancé. Et les propositions ne manquent pas : « Un théâtre va peut-être s’installer, le bailleur Toit et Joie pourrait faire du logement et des ateliers pour artistes, des associations imaginent de l’acrobranche, des activités de glisse, etc. »

L’imagination des participants à l’atelier s’est elle aussi avérée galopante. À une table, on transforme la cartoucherie en une sorte d’immense boule à neige, « avec de la végétation, pour rappeler le parc, et un canon pour rappeler l’ancienne activité », indique Marie, avant d’ajouter : « Ce n’est plus un bâtiment, c’est plutôt un symbole ».

À une autre, la façade se trouve prolongée par des arches et surmontée d’un jardin suspendu. D’autres reconstruisent à l’identique le bâtiment mais le transforme en serre. D’autres encore le coiffent d’une verrière et pensent l’intérieur comme une grande salle à l’espace modulable pouvant servir de lieu d’expositions, de salle de sport, etc. « Dans l’esprit du Grand Palais », précise Marc.

Toutes ces propositions vont désormais être transmises à Olivier Grossetête, qui pourra s’en inspirer pour construire son propre projet. Mais ces réflexions et travaux seront aussi utiles aux services du Département. « Ce type d’atelier, explique en effet Antoine Furio, permet de sensibiliser au patrimoine et d’impliquer les gens dans sa préservation. Il nous permet aussi d’identifier les attentes des usagers, leurs besoins. » Et ainsi de mieux les prendre en compte dans les projets à venir.

Pour plus d’informations sur le projet : "La poudrerie, un patrimoine qui cartonne"

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