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La deuxième promotion de l’Académie populaire de la santé est lancée !

Après un an de formation et d’actions de terrain, les 24 premiers « académicien·ne·s » volontaires se sont vu·e·s remettre leur certificat d’ambassadeur·rice de santé le 11 février à la Préfecture de Bobigny. Ils et elles ont passé le relais à la seconde promotion dans une ambiance de liesse. Reportage et vidéo.

Khadija, Samia, Sidi, Lucie… n’ont pas caché leur émotion vendredi dernier pour leur dernière rencontre avant le passage de témoin en tant que membres de l’Académie populaire de la santé de Seine-Saint-Denis. Malgré un contexte sanitaire particulier, ces citoyen·ne·s volontaires ont suivi en 2021 une dizaine de journées thématiques sur la santé de l’enfant, le handicap, les maladies chroniques, les addictions, l’accès aux droits… Après avoir mené une quinzaine d’actions collectives et plus de 75 opérations de sensibilisation à la vaccination, ces « passeur·euse·s de soins » particulièrement impliqué·e·s ont décidé de se constituer en association pour continuer à s’épauler, chacun·e avec sa sensibilité et ses compétences propres, dans l’organisation de futures actions de prévention santé.

Une seconde promotion très diversifiée

Les 35 nouveaux membres de l’Académie populaire de la santé de Seine-Saint-Denis ont pu échanger le 11 février avec les académicien·ne·s de la première promotion. « Ils nous ont rassuré en nous montrant qu’on est tous capables de porter un message devant un collectif si on a bien préparé notre action en s’appuyant sur les ressources du territoire » glisse l’un d’eux. Ce second collectif plutôt féminisé intègre une experte immobilière, une chargée d’affaires juridiques, un étudiant ou des personnes en recherche d’emploi. Marie, Nadine, Ronak, Karima... ont été très motivé·e·s lors de la remise des certificats remis à leurs prédécesseurs par le Président Stéphane Troussel, la directrice générale de la Fondation BNP Paribas Isabelle Giordano et le Président du Laboratoire Éducations et Pratiques de Santé (LEPS) de l’Université Sorbonne Paris Nord Rémi Gagnayre. « Les premiers ambassadeur·rice·s ont été formidables » a-t-il glissé. « Vous allez certainement nous impressionner cette année par votre pouvoir d’agir contre les inégalités de santé sur le territoire ». L’enthousiasme des néo-volontaires permet d’envisager la suite sous les meilleurs hospices…


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Parmi les ancien∙ne∙s ambassadeur∙rice∙s, Alhassane Diallo, le dynamique directeur du centre socio-culturel Guy-Toffoletti de Bagnolet va poursuivre la mobilisation. Portrait d’un hyperactif qui a décidé de prendre soin des « invisibles » de son quartier.

« Le lien social participe à l’épanouissement des individus et doit aussi être envisagé comme un déterminant de la santé » déclare le charismatique quadragénaire. Originaire du quartier prioritaire de la Politique de la Ville de la Noue, ce père de quatre enfants a toujours voulu agir pour la population défavorisée de ce territoire , souvent primo-arrivante et qui cumule « les difficultés d’accès aux soins ».
Emballé par la gestion de projet et les techniques apprises pendant la formation pour « aller vers » les publics les plus éloignés, il choisit de croiser ses réseaux professionnels et associatifs pour porter des messages de prévention.

Mêler loisirs, bien-être et santé

Alhassane Diallo organise en juin pendant le confinement les ateliers gratuits Sportez-vous bien, santé-vous mieux qui proposent aux parents des activités physiques : fitness, marche dynamique… dans les parcs départementaux avec possibilité de garde de leurs enfants.
« On a touché plus de 120 personnes en récupérant des accessoires sportifs par le biais de la Recyclerie de la Noue » une ONG ambassadrice du In Seine-Saint-Denis qu’il a cofondée en 2019. Quelques mois plus tard, il « récidive » en créant une vélo-école destinée aux néophytes de son quartier.
Celui qui réalise souvent des maraudes sociales avec les jeunes de son association Temps libre a également mis en place des ateliers nutrition ouverts à tous dans la cuisine pédagogique du centre socio-culturel Guy-Toffoletti. « Je réalise des quiz à la fin pour être sûr que les participants ont bien compris l’intérêt de ces actions dans leur vie de tous les jours » confie-t-il.

Des savoirs et une trame méthodologique

Ahlassane dit avoir beaucoup apprécié la formation de l’Académie populaire de la santé qui l’aide à aborder plus facilement les thématiques de maladies mentales ou d’IST avec les personnes concernées.
« Les professionnels médico-sociaux, du CODES 93 et du LEPS de l’Université de la Sorbonne Paris Nord nous ont rendus autonomes dans l’animation d’activités de santé en nous donnant une trame globale et des techniques interactives pour accrocher l’attention du public » affirme-t-il.
Le professionnel, qui reconnaît qu’il est plus confortable pour lui de mêler les actions sanitaires aux activités socio-culturelles, souhaite continuer à s’engager contre les effets sociaux de l’épidémie dans les zones les plus défavorisées du département.

L’animateur socio-culturel fourmille de nouvelles idées pour mettre à profit les connaissances engrangées mais chut, il veut en « garder encore un peu sous le pied » pour conserver la primeur de ses propositions auprès des bénévoles associatif∙ve∙s On salue son bel engagement citoyen.

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Crédit-photo : Nicolas Moulard et Franck Rondot

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