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La Seine-Saint-Denis dans les starting-blocks pour l’Olympiade culturelle

Fin 2020, un grand programme culturel liant art et sport doit démarrer sur fond de Jeux olympiques et paralympiques 2024. La Seine-Saint-Denis, qui abritera les équipements olympiques majeurs en 2024, ne souhaite en aucun cas manquer ce rendez-vous : les acteurs du spectacle vivant, réunis au festival d’Avignon, ont donc tenu une première réunion jeudi 11 juillet avec le directeur de la Culture au Comité d’organisation des Jeux.

Jeudi 11 juillet, tout ce que la Seine-Saint-Denis compte de représentants du monde du théâtre et des arts vivants avait suspendu pour un temps ses fonctions de représentation en Avignon et de repérages artistiques pour se donner rendez-vous dans une salle ombragée de la belle université Hannah-Arendt. Le but du jeu : rencontrer le directeur de la Culture au Comité d’Organisation des Jeux (COJO), Stéphane Fiévet.
Nom de code : Olympiade culturelle… Petit rappel pour ceux qui auraient eu un passage à vide en 2012 : c’est ainsi qu’on désigne le grand programme culturel de 4 ans précédant une édition des Jeux, le modèle le plus abouti jusqu’ici ayant été Londres 2012.

Et Stéphane Fiévet, nommé en décembre 2018 au COJO après un passé de comédien et de metteur en scène, était avant tout là pour apporter de bonnes nouvelles : « Hors de question qu’on définisse la stratégie sans la Seine-Saint-Denis. L’olympiade culturelle sera organisée par le COJO, mais elle ne peut se faire qu’avec les acteurs de terrain et les collectivités territoriales, dont la Seine-saint-Denis. » Promesse renouvelée le lendemain par Tony Estanguet en personne, le président du COJO de passage dans la cité des Papes.

Dans cette Olympiade culturelle, la Seine-Saint-Denis entend en effet bien être présente. « Quand on a un territoire autant en transition que la Seine-Saint-Denis, la culture participe de cette transformation du territoire. Dans une société tentée par les individualismes, les réflexes identitaires, on utilise aussi la culture pour faire société commune, pour lutter contre les inégalités, pour permettre à chacun de s’émanciper. Donc nous pensons que la Seine-Saint-Denis a vraiment quelque chose à dire sur l’Olympiade culturelle », soulignait ainsi Stéphane Troussel, le président du Département.

Jeudi, lors de la prise de contact avec Stéphane Fiévet, il apparaissait que les acteurs de la culture en Seine-Saint-Denis avaient déjà bien mûri leur schéma tactique. Avec la jeunesse en meneur de jeu... « La jeunesse nous paraît centrale dans la construction de cette Olympiade culturelle. Non pas qu’on veuille lui donner la parole seulement à elle. Mais il nous semble qu’elle devrait à l’initiative-même de la conception de cette olympiade. Car c’est à la prochaine génération qu’il revient avant tout de réinventer l’écologie, la solidarité, la culture de demain. », indiquait Marie-José Malis, directrice du Théâtre de La Commune d’Aubervilliers, rejointe en cela par Hortense Archambault, directrice de la MC93 de Bobigny, ou Mathieu Bauer, leur alter ego au Nouveau Théâtre de Montreuil. Une vision claire, légitimée par le fait que chacune de ces structures a déjà tissé des passerelles entre art et sport : temps forts sportifs autour de l’Euro 2016 ou du Mondial de foot féminin pour le Nouveau Théâtre de Montreuil avec notamment le collectif Gongle, accueil de pièces d’actualité sur les sports de combat à La Commune d’Aubervilliers et à la MC93.

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Côté acteurs sportifs, on était à l’unisson, insistant peut-être encore davantage sur le caractère décisif de ce grand rendez-vous : « La question qu’on doit se poser, c’est en quoi cette grosse machine des Jeux va permettre d’améliorer le quotidien d’une population fortement discriminée et dont une bonne partie est victime d’inégalités territoriales et sociales. De notre point de vue, une Olympiade culturelle réussie passera forcément par une construction avec les acteurs de terrain déjà existants, dans la mesure où ce sont eux qui connaissent le mieux les besoins de la population », insistait Clément Rémond, président de la Fédération sportive et gymnique du Travail (FSGT) du 93. Au cours de ses 51 ans d’existence, cette fédération a prouvé qu’elle savait utiliser le sport comme une porte d’entrée vers d’autres champs : son festival du film sportif organisé depuis 6 ans avec des collégiens ou ses actions internationales au profit de la paix le prouvent.

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Des positions qui semblaient tout à fait compatibles avec l’optique défendue par Paris 2024. « Tout ne se fera pas que en Seine-Saint-Denis car il faut penser à une équitable répartition entre les territoires. Mais on souhaite montrer d’une part tout ce que la France produit, d’autre part tout ce qu’elle sait faire en termes d’accueil d’autres langues, d’autres cultures : et il me semble que la Seine-Saint-Denis a pas mal d’arguments à faire valoir sur ces deux plans », assurait Stéphane Fiévet, visiblement sensible à l’argument d’un « département-monde », lui qui a aussi dans sa vie de metteur en scène travaillé sur des textes venus du continent africain ou de Finlande…

La suite des aventures ? Les deux parties ont déjà pris date pour deux nouveaux rendez-vous : en septembre en Seine-Saint-Denis en élargissant cette fois-ci le cercle aux autres acteurs de la culture – hors spectacle vivant – et en octobre au siège parisien du COJO pour « affiner la feuille de route ». Le marathon menant à une Olympiade culturelle réussie en Seine-Saint-Denis semble bien parti.

Christophe Lehousse (en direct d’Avignon)

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