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Seine Saint-Denis
Fabrique des Jeux JOP 2024

L’Olympiade culturelle, version 93

Paris 2024, cela va bien au-delà du sport. Dès maintenant, le Comité d’organisation des Jeux est déterminé à célébrer le mariage du corps et de l’esprit, partout en France, dans le cadre de l’Olympiade culturelle. On vous présente 4 projets artistiques que vous pourrez découvrir d’ici peu en Seine-Saint-Denis...

« Traditionnellement, on aime bien opposer en France le monde du sport et celui de la culture. Eh bien, nous allons au contraire nous efforcer de célébrer leur dynamique commune. » Tony Estanguet résumait bien, lundi 27 juin au siège dionysien du Comité de Paris 2024, le but de l’Olympiade culturelle qui s’ouvre : faire résonner les points communs entre sport et culture, deux ans avant les Jeux. Si l’Olympiade culturelle est de toute manière inscrite dans la charte olympique, les organisateurs français n’entendent pas la considérer juste comme une tâche de plus à cocher sur la « to-do list » olympique. « Durant deux ans, nous voulons tisser des ponts entre sport et art, souligner leurs valeurs communes », appelait de ses vœux Dominique Hervieu, ancienne chorégraphe et directrice de la Culture au Cojo, sous l’égide du Ministère de la Culture.
346 projets estampillés « Olympiade culturelle » sont ainsi déjà en cours sur tout le territoire. Et si Paris attaquera fort avec la performance de la compagnie XY sur la colline de Chaillot ou le Cauchemar de Séville 82 de Massimo Furlan pour la Nuit Blanche 2022, la Seine-Saint-Denis n’est pas en reste : 24 résidences d’artistes sont prévues dans les 2 années à venir dans des lieux sportifs du département et de la capitale. Au-delà de ça, les structures culturelles du département sont aussi mobilisées pour donner à voir leur créativité. Voici l’exemple de 4 projets aux couleurs olympiques.

- « On va pas s’défiler », la parole à la jeunesse

Organiser une Olympiade culturelle sans parler de la jeunesse de Seine-Saint-Denis, c’est un peu comme partir lancer le disque, sans disque… « Le département le plus jeune de France métropolitaine devait forcément donner à voir sa jeunesse, et si possible en donner une image juste, un peu moins stéréotypée que ce qu’on voit habituellement », expliquait Hortense Archambault, directrice de la MC93 de Bobigny et porte-parole d’On va pas s’défiler, le projet porté à cette occasion par 8 structures culturelles du département. De la danse au théâtre, de la performance au chant, 8 entités-phares du territoire ont ainsi choisi de s’unir pour former une parade d’un millier de jeunes, qui montrera toute la créativité et le talent de la jeunesse de Seine-Saint-Denis, bien loin des clichés habituels. Et ceci, en respectant à chaque fois la spécialité de chaque structure impliquée : à l’Espace 1789 de Saint-Ouen, la chorégraphe Leïla Ka a commencé à travailler avec 40 volontaires sur les clichés liés aux représentations du « jeune de banlieue » ; à la MC93, on a aussi donné carte blanche à trois chorégraphes : Dalila Belaza, Pierre Rigal et Thierry Thieû Niang qui mettra notamment en scène des jeunes en situation de handicap. Au théâtre Louis-Aragon de Tremblay, c’est la question du « poids des médailles », autrement dit du sacrifice lié à la performance, qui intéresse deux autres chorégraphes, Bastien Lefèvre et Clémentine Maubon, co-fondateurs de la compagnie La Grive.

- Cantate 2024, la Seine-Saint-Denis, département-monde

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Une berceuse de Colombie, une ritournelle d’Egypte, une comptine de Turquie… C’est entre autres ce qu’ont collecté les glaneuses de Sequenza 9.3. A l’occasion des JO, cet ensemble vocal, présent en Seine-Saint-Denis depuis 1998, a souhaité montrer au monde entier... à quel point le monde était déjà présent en Seine-Saint-Denis. « L’idée était d’avoir un processus collaboratif autour de la multiculturalité que représente la Seine-Saint-Denis. On a donc collecté plus de 200 mélodies, dont beaucoup de berceuses, qui ont été arrangées par des musiciens professionnels. Le tout rend ainsi visible un patrimoine immatériel qui, sans ça, se serait perdu », souligne Catherine Simonpietri, fondatrice de Sequenza 9.3.
La première aura lieu le 7 juillet, chantée par six professionnelles de l’ensemble vocal, dans le cadre des « Jardins lyriques » au parc départemental de l’Ile Saint-Denis, avant de se poursuivre sur tous les week-ends de juillet. Espagne, Maghreb, Japon… à l’image des 5 anneaux olympiques, les 5 continents sont représentés dans ces œuvres participatives, avec des chansons confiées par des chanteurs de 5 à 90 ans… Avec Sequenza, la flamme olympique brillera de mille feux au sommet de cette tour de Babel qu’est la Seine-Saint-Denis.

- Les Veilleurs, pour veiller la flamme des Jeux

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La mission des Veilleurs rappelle un peu celle des vestales, chargées dans l’Antiquité de ne pas laisser s’éteindre la flamme olympique. Veiller pendant une heure au lever du soleil puis une heure au crépuscule, c’est la tâche proposée par l’artiste franco-australienne Joanne Leighton et la Maison populaire de Montreuil aux 730 volontaires de cette performance singulière qui se déroule pendant un an, d’octobre 2021 à octobre 2022 au parc des Guilands. Là, dans un abri perché au sommet de la Maison du parc, il s’agira pour chaque volontaire de donner une heure de présence pour méditer, observer ou rêver à ce que seront les Jeux 2024… « Les Veilleurs, c’est commémorer -comme le ferait une statue dans la ville- le fait que chaque citoyen-ne, chaque personne est unique. Et qu’on est connecté. On forme cette communauté. Une participation individuelle pour une veille collective. », expliquait au lancement du projet Joanne Leighton, son instigatrice.

Embarquez pour l’Odyssée !

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Construisez le bateau aux couleurs de votre quartier, embarquez pour une course et faites la fête sur la Seine ! L’association Le Petit Bain s’installe cet été au parc départemental des Guilands à Bagnolet. Du 12 juillet au 12 août, avec les centres d’animation de la Fosse aux fraises, Guy Toffoletti et le dispositif Territoire Zéro Chômeur, elle propose aux habitants de participer à la construction d’une Pram, un bateau en vue de régates sur la Seine. La Pram, bateau de bois de 3,30m de longueur, avec une voile de 7,5m2 a été conçue par l’architecte naval Youri Guedj/agence BOW pour naviguer sur le fleuve, les canaux, la mer… C’est aussi un objet d’art à part entière, décoré par les habitants d’un quartier qu’il représentera durant les courses. Celui de Bagnolet sera le septième construit. 3 épreuves sont prévues le 27 août à Choisy-le-Roi, le 14 septembre à Paris 15e et le 18 septembre au Port de Bercy.
Lorsqu’on construit quelque chose ensemble, qu’on participe à une compétition, cela donne autant de raisons de faire la fête ! Un chorégraphe vous apprendra une danse lors de répétitions dans votre quartier, pour être prêt·e·s pour le bal, le 17 septembre à Sevran et le 18 au Port de la gare, Paris 13e. Pour embarquer : contact@aumilieu.org

Ce programme n’est bien sûr pas exhaustif. D’autres manifestations artistiques et culturelles se dérouleront en Seine-Saint-Denis dans le cadre de l’Olympiade culturelle.
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