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L’Europe en Seine-Saint-Denis, c’est du concret !

Vendredi 8 novembre, à l’occasion des 30 ans de la chute du mur de Berlin, le Département a souhaité rendre l’Europe plus palpable pour ses citoyen·ne·s. En rappelant par exemple l’importance du Fonds social européen dans les actions autour de l’emploi sur le territoire. Visite guidée sur les traces de cette « Europe au coin de la rue… »

Mme Berrahma esquisse un sourire apaisé. « Je viens de retrouver un emploi comme agente à la ville de Paris. Je suis soulagée. Quand je suis arrivée en France en 2017 avec ma fille, je ne connaissais pas grand monde. Le PIE de Tremblay m’a énormément aidée ».
PIE pour Projet Insertion Emploi : ces structures municipales sont pensées pour accompagner les personnes au RSA (Revenu de Solidarité Active) et donc souvent dans une situation précaire. « Avec elles, nous travaillons à lever leurs freins vers l’emploi, qui sont parfois liés à l’accès à l’emploi, mais aussi au logement, à la santé ou encore à la garde des enfants », détaille Laetitia Bobucki, responsable du PIE de Tremblay.

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En 2018, cette structure composée de 6 professionnels peut se prévaloir d’un taux de 11 % de « retour vers l’emploi », dont 37 % vers un emploi durable (CDD de plus de 6 mois ou CDI).
Des suivis qui se font grâce à des fonds municipaux, départementaux, mais aussi européens. Au nom de la solidarité, l’Union européenne intervient en effet de façon importante dans les territoires présentant des difficultés économiques et sociales. « Entre 2014 et 2020, le Fonds social européen a versé 39,7 millions d’euros à la Seine-Saint-Denis et 950 000 euros au titre de l’Initiative Emploi jeunes (à destination de jeunes ne se trouvant ni en études, ni en emploi, ni en formation) », rappelait ainsi Baudoin Baudru, chef de la représentation de la Commission européenne en France.

Visage tangible de l’Europe

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Invités en Seine-Saint-Denis à l’initiative du département, ce représentant européen et la secrétaire d’État chargée des affaires européennes Amélie de Montchalin ont ainsi assisté à des tables rondes le matin avant de visiter trois structures partiellement financées par des subsides européens : l’Institut européen de recherche et de formation, qui propose notamment des stages professionnels à l’étranger pour des jeunes demandeurs d’emploi du territoire, les Compagnons du Devoir à Pantin, et donc le PIE de Tremblay…
Et si l’action de l’Europe en Seine-Saint-Denis est cruciale concernant les politiques d’emploi, elle ne se limite pas qu’à cela : le dispositif ACTE en direction de collégiens temporairement exclus ou les subventions à des associations faisant la promotion de la mobilité européenne comme Parcours le Monde à Pantin sont d’autres exemples. « Trop souvent, l’Union européenne manque de représentations concrètes. Là, de tels dispositifs lui donnent un visage tangible. Nous espérons donc que ces politiques volontaristes se poursuivent. La région Ile-de-France dans son ensemble est peut-être la plus riche de France, mais elle est aussi marquée par les plus grandes inégalités. Il faut prendre en compte cette spécificité de la Seine-Saint-Denis », expliquait ainsi le président du département Stéphane Troussel.
A l’heure où le Fonds Social Européen doit en effet devenir FSE+ et diversifier ses actions, les acteurs du département redoutent en effet une baisse des co-financements de l’Union européenne. Fixée jusqu’ici à un plancher de 44 %, la participation européenne pourrait en effet passer à 40 % sur le prochain plan européen, couvrant la période de 2021 à 2027.
« La région peut paraître riche mais si on zoome, on s’aperçoit que tout n’est pas homogène. Certains territoires ont des caractéristiques et donc besoin qu’on s’adapte à ces caractéristiques. », a elle aussi plaidé la secrétaire d’État Amélie de Montchalin.

Sur-mesure

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Autres besoins formulés par les participants à cette journée : le souhait d’une plus grande simplification administrative. « Je passe énormément de temps dans la paperasse, à justifier des choses qui sont d’une aberration totale. Ca nous fait perdre de l’énergie et ça crée parfois un déficit de trésorerie. A l’heure actuelle, on a ainsi dû avancer la moitié de notre budget parce que la subvention européenne qui nous revient n’a pas encore été perçue », expliquait Stéphanie Poinsot, directrice de C2DI 93. Présent dans le département depuis 2001, cet organisme, basé à Aulnay-sous-Bois et depuis octobre dernier à Rosny-sous-Bois, met en relation des entreprises ayant des besoins sur des postes peu ou pas qualifiés avec des personnes en grande précarité, en recherche d’emploi. Pour des débouchés assez probants : près de la moitié des personnes suivies (350 à l’année) se retrouvent ainsi en CDD de plus de 6 mois ou CDI.
« Ce que j’ai vu aujourd’hui est une fois de plus la démonstration qu’il faut faire du sur-mesure pour que ça marche », concluait de son côté Baudoin Baudru avant de repartir à Bruxelles. Et toute la Seine-Saint-Denis espère ainsi que le sur-mesure dure…

Photos : ©Franck Rondot

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