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Yacouba Camara, un titre aussi pour Bobigny

A 28 ans, le capitaine du Montpellier Hérault Rugby est devenu champion de France, pour la première fois de sa carrière, fin juin face à Castres. Celui qui a grandi à Bobigny, cité Paul-Éluard, et est venu au rugby grâce au club de l’AC Bobigny n’a pas oublié d’où il vient et adresse à ses éducateurs passés un vibrant hommage. Interview.

Racontez-nous cette finale incroyable face à Castres, en plus au Stade de France, à quelques kilomètres de chez vous…

C’était incroyable, le match rêvé. Sur un plan sportif, on savait que prendre Castres à la gorge allait être la clé du match et notre pari était le bon (victoire de Montpellier 29-10). Sur le plan de l’émotion, c’était exceptionnel : près de 70 personnes étaient venues pour m’encourager, ma famille, des amis. Partager ce moment avec eux, voir leurs sourires en fin de match, tout ça au Stade de France, un stade qui nous faisait rêver quand on était gamins, c’était fort…

Vous avez grandi à Bobigny, cité Paul-Éluard. Comment avez-vous découvert le rugby ?

J’avais 12 ans à l’époque. Moi, c’est arrivé par le biais de l’école. A l’époque, les joueurs pro de l’AC Bobigny passaient dans les classes pour nous faire découvrir le rugby et ses valeurs. Moi, c’avait été Gabriel Lignières, un joueur qui avait compris très tôt les pouvoirs éducatifs du rugby. J’ai commencé le rugby et j’ai tout de suite accroché.

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Quels souvenirs gardez-vous du club de Bobigny ?

Des moments exceptionnels, des délires, de la bonne compagnie. Il y avait par exemple cette tradition d’aller manger un kebab après match, au « 2004 », avenue Paul-Vaillant-Couturier. Et puis, il y a tout ce que le rugby m’a apporté sur le plan éducatif : l’esprit d’équipe, le respect. Je n’hésite pas à dire que c’est vraiment ce sport-là qui m’a éduqué.

Vous allez leur apporter votre bouclier de Brennus ?

Pourquoi pas ? Si le maire et les responsables du club sont ok, ce serait avec plaisir. De toute façon, chaque fois que je peux, je repasse au club, déjà parce que toute ma famille habite encore Bobigny et parce que j’aime bien partager avec les jeunes de maintenant et rendre au club ce qu’il m’a donné.

Demba Bamba, Cameron Woki, vous, ça commence à en faire des internationaux formés en Seine-Saint-Denis...

Oui, on sait très bien que la Seine-Saint-Denis est un vivier, avec énormément de joueurs de qualité. Le rugby en région parisienne, c’est encore un sport secondaire par rapport au foot, mais on voit que ça évolue, qu’il attire de plus en plus. Mais vous savez, il n’y a pas que le sport : il y a aussi en Seine-Saint-Denis des jeunes qui s’expriment dans plein d’autres domaines : l’art, les études...

L’image défavorable qu’on colle parfois à la Seine-Saint-Denis en ne retenant que ses faits divers, ça vous agace ?

Disons qu’il y a pour moi en Seine-Saint-Denis beaucoup plus de choses positives que négatives. Pour moi, la Seine-Saint-Denis, c’est une éducation. Ce sont des gens : mes parents, mais aussi des profs, des éducateurs sportifs qui m’ont permis de progresser dans ma vie au quotidien, de devenir un homme. Par exemple, juste après mon titre, j’ai envoyé un message à M. Oreste, le directeur de mon école primaire dans le quartier Paul-Éluard, qui vient de prendre sa retraite, pour lui dire que ce titre, il lui appartenait aussi...

A un peu plus d’un an de la Coupe du monde en France (en septembre 2023), j’imagine que vous songez aussi à un retour en Bleu ?

Bien sûr. J’aimerais bien y être, mais on sait que la concurrence est rude...

À combien estimez-vous vos chances ?

Vous savez, il n’y a pas besoin de calcul à ce niveau. Il faut juste bien digérer ce titre et repartir sur une très bonne saison. Le seul truc que je peux dire, c’est que je suis un mec du 93 et comme on dit, j’ai la dalle…

Propos recueillis par Christophe Lehousse
Crédit photo de une : ©Cécile Mella / MHR

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