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Viktorija Gecyte, Jazzwoman sans frontières

La chanteuse de jazz montreuilloise Viktorija Gecyte vient de sortir son nouvel album « In the moment » enregistré pendant une tournée en Europe et aux Etats-Unis avec le légendaire contrebassiste américain Gene Perla. Originaire de Lituanie, cette artiste chaleureuse qui se produit régulièrement sur des scènes internationales a remonté pour nous le fil de son impressionnante carrière. Portrait d’une « lady of jazz » à la voix d’ange.

Plus d’une centaine de mélomanes se sont installé∙e∙s fin janvier dans les fauteuils très « cosy » des Pianos, un café-concert renommé de Montreuil, pour écouter les mélodies teintées de blues de « Vik » accompagnée d’un trio de musiciens. Simon, étudiant en droit à Paris 8 a été immédiatement séduit par la voix grave et envoûtante de la chanteuse. « Elle a beaucoup de classe et j’ai bien aimé ses reprises de standards du jazz » souffle le jeune homme, qui a deviné ses origines baltes par sa peau diaphane et ses légers « r » roulés, « typiques de l’Europe du Nord ». Conquis par le naturel de la jeune femme, il fera dédicacer son dernier disque pour sa petite amie dans un moment de convivialité après le concert.

Une chanteuse globe-trotteuse

Très attachée à ses fans, Viktorija rend souvent hommage à l’intérêt des Français∙e∙s, notamment séquano-dionysien∙ne∙s, pour les cultures du monde et « leur goût de l’authenticité ». Celle qui a toujours aimé élargir ses horizons reconnaît qu’elle doit tout à son esprit de bougeotte et à « un travail acharné pour réaliser ses rêves ». Élevée à Vilnius dans une famille de cadres, Vik assiste très jeune à l’indépendance de son pays suivie d’un coup d’état manqué des troupes soviétiques. « Mes parents étaient partis avec d’autres habitants défendre la tour de télé nationale et je me souviens avoir vu un tank russe rouler à quelques mètres de moi... » confie-t-elle.
L’effondrement de l’URSS et la liberté retrouvée des pays baltes va faire basculer la vie de la petite fille. À 6 ans, elle prend des cours de chant et réalise ses premiers clips vidéo, encouragée par un père amateur de musique. Une professeure l’initie au swing en cursus aménagé musique (l’équivalent des classes CHAM en France) et elle part à l’adolescence en auto-stop assister aux festivals de jazz lituaniens. Bonne élève, la jeune fille obtient une bourse et part étudier les mathématiques et l’économie dans une université de Pennsylvanie.
« Lafayette College organisait beaucoup de concerts et j’ai rencontré des artistes en résidence qui m’ont incité à chanter avec l’orchestre du campus. On a ensuite monté des jam sessions dans des bars de la ville et le virus de la scène ne m’a plus quitté » annonce la musicienne voyageuse qui reliera à vélo San Francisco à Washington au profit d’une association de défense des personnes LGBT.

Des tournées et une installation en Seine-Saint-Denis

Viktorija rencontre en 2008 lors d’un concert improvisé le contrebassiste Gene Perla célèbre pour avoir accompagné les plus grandes voix du jazz : Miles Davis, Nina Simone, Elvin Jones... Elle retourne en Europe après son Bachelor et trouve un job à Paris dans la communication d’entreprise grâce à ses contacts. L’hyperactive trentenaire part en tournée à Édimbourg, Los Angeles, Shanghai... pendant ses week-ends ou ses vacances et retrouve aux États-Unis Gene Perla avec qui elle réalisera trois albums qui sont autant de souvenirs de route.
La carrière de Vik qui s’installera plus tard à Montreuil va bientôt prendre une dimension inédite. « J’ai eu la chance de chanter devant 12 000 personnes dans un big band de Francfort, deux Présidents de la Lituanie, monter un orchestre d’une vingtaine de personnes avec mon ami le pianiste et compositeur Julien Coriatt... ». L’artiste, qui s’essaie aussi à l’écriture musicale et au kazoo, est lauréate en 2019 du prestigieux concours de jazz vocal Sarah Vaughan qui lui vaut une reconnaissance mondiale.
Cette nouvelle étoile du jazz vocal, qui a travaillé avec nombre de musicien∙ne∙s montreuillois∙e∙s, a donné récemment un concert dans l’atelier d’une amie peintre et sculptrice de Villemomble. « J’ai eu un coup de foudre pour la richesse artistique et multiculturelle de Montreuil qui offre une extraordinaire qualité de vie avec des commerces en centre-ville, des restos sympas, des espaces verts... » déclare-t-elle.

La jazzwoman, enceinte de quelques mois, va devoir freiner quelque peu ses projets pour accueillir une petite fille qui pointera le bout de son nez à la mi-mai. « En me baladant dans le département, j’ai le sentiment que mon enfant évoluera sur un territoire qui bouge énormément et qui va beaucoup se développer avec le nouveau réseau de métro autour de Paris ». On souhaite tout le bonheur du monde à la future petite séquano-dionysienne !

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