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Planet Citizens, « my boxing is rich »

Cette association basée à Aubervilliers a choisi de s’appuyer sur le sport pour transmettre des notions d’anglais aux pratiquants des clubs et des écoles, grâce à l’intervention d’étudiant·e·s anglophones. Reportage au Boxing Beats d’Aubervilliers, l’un des trois clubs du département avec lesquels Planet Citizens a déjà noué un partenariat.

« Left right, left right » Carina et Ashley s’époumonent à traduire en anglais les consignes de l’exercice que Deva Reymond, l’éducateur sportif du Boxing Beats, est en train de proposer à une classe de CM1. En ce jeudi de fin septembre, ces deux étudiants étrangers, qui rappellent que l’anglais est la langue de Shakespeare mais aussi de Mohammed Ali, se trouvent dans la salle de boxe à l’initiative de Planet Citizens.
Cette association, fondée en 2017 et pour l’instant hébergée dans les locaux du Boxing Beats, a choisi de passer par le sport pour enseigner de manière ludique des notions d’anglais aux pratiquants des clubs et des écoles. « Au moment où Paris a obtenu les Jeux olympiques et paralympiques (en septembre 2017), je me suis demandé ce que cet événement pouvait laisser en héritage à un département comme la Seine-Saint-Denis. Des infrastructures bien sûr, mais aussi quelque chose de plus immatériel j’espère, comme l’apprentissage des langues ou la mobilité internationale », se souvient Arthur Vincent, fondateur de Planet Citizens.
A la recherche d’un vecteur qui pourrait constituer une bonne porte d’entrée vers l’apprentissage des langues, cet ancien professeur d’anglais du lycée Jacques-Brel à La Courneuve a donc retenu le sport. « C’est porteur, parce cela comporte par nature une dimension de jeu qui est aussi essentielle à l’apprentissage d’une langue. Attention, ce type d’immersion ne prétend pas se substituer à un apprentissage classique, c’est complémentaire », poursuit le jeune homme.
Financée par le Ministère des Sports et des fonds européens, Planet Citizens a d’emblée fait le pari d’étudiants anglophones pour animer ces « training sessions ». Ce jeudi, les encadrants de la séance boxe éducative de la classe de CM1 de l’école Wangari Maathai ont donc pour nom Ashley Samuels, un jeune Anglais de 24 ans et Carina Mathiesen, 22 ans, originaire d’Odense au Danemark. Originale, la démarche rappelle un peu celle du Flash de La Courneuve, club de football américain qui donne régulièrement des cours de soutien en anglais à ses jeunes membres qui souhaiteraient tenter l’aventure en high school aux Etats-Unis ou au Canada.

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« One two three… », décompte ainsi Carina pendant l’échauffement des petits élèves, aux regards un peu interrogateurs. Affublé d’un tee-shirt « Language Olympic Champion 2024 », qui résume bien les objectifs de Planet Citizens, Ashley l’accompagne. « Je pense qu’apprendre une langue devient plus facile à travers un support qu’ils aiment, en l’occurrence le sport. Et puis, l’intérêt est aussi de pouvoir déborder de la séance de sport pour les amener petit à petit à un apprentissage plus poussé en soutien scolaire. », détaille l’étudiant anglais qui intervient les mercredis après-midi au Boxing Beats d’Aubervilliers et le reste de la semaine au club du Rugby Olympique Pantin.
« Nous ne sommes qu’en octobre, mais pour moi, certains enfants ont déjà fait des progrès : ils comprennent maintenant les consignes basiques d’un entraînement en anglais et n’hésitent pas à me poser des questions », complète Carina, pratiquante de boxe thaïe qui s’occupe quant à elle d’accompagner en anglais les cours du Lumpini Muay Thaï de Saint-Denis. La question qu’on lui pose le plus souvent : « Combien de combats comptes-tu ? », raconte la jeune Danoise.

Bonne porte d’entrée

Sportifs amateurs de bon niveau – Carina va même disputer un combat lors de la réunion du Lumpini Muay Thaï le 16 novembre – ces étudiants étrangers, qui cherchaient à vivre une expérience à l’étranger, ont signé avec Planet Citizens un engagement d’un an. Avantage de poids par rapport au traditionnel programme Erasmus, la structure leur a même fourni le logement, un logement social aux Francs-Moisins de Saint-Denis appartenant au bailleur Plaine Commune Habitat.
Dans la perspective des JO 2024, Planet Citizens aimerait maintenant grossir et passer à 9 volontaires à partir de septembre prochain. Déjà présente dans les clubs, l’association aimerait en effet pouvoir intervenir de plus en plus régulièrement dans les écoles, comme elle a commencé à le faire à Aubervilliers et Pantin.

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Les trois clubs du département qui travaillent avec elle voient en tout cas cette initiative d’un bon œil : « Parler plusieurs langues, quelles qu’elles soient, c’est toujours une richesse. Et plus on s’y met tôt, mieux c’est. Pour moi, apprendre l’anglais dans un cours de boxe a d’autant plus de sens que beaucoup des termes de la boxe sont anglais : jab, KO, break… Ca peut être un bon prétexte de départ pour apprendre une autre langue », commente Deva Reymond, entraîneur au Boxing Beats depuis 2003.
Le projet novateur de l’association a aussi attiré ce jour-là Leslie Evans, secrétaire générale du gouvernement écossais, intéressée par « l’impact social du sport » et désireuse de donner éventuellement naissance dans un futur proche à « un programme d’échanges entre des entraîneurs écossais et français ».
And the kids ? « C’était super amusant d’avoir cours en anglais », concluent Nada et Imrane, deux jeunes filles du CM1 de Wangari-Maathai en rangeant les gants. « J’ai même demandé à Ashley « What is your name ? » et il m’a répondu », sourit Nada, autant convaincue par la boxe éducative que par l’anglais.

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