"Patients", un regard intelligent sur le handicap
"Patients", premier film réalisé par Grand Corps Malade et Mehdi Idir, sort en salles mercredi 1er mars. Cette première oeuvre qui revient sur l’histoire du slameur, victime d’un accident qui a failli le laisser paralysé, sensibilise intelligemment à la question du handicap. Nous avions assisté à son avant-première en décembre 2016 au Studio d’Aubervilliers.
Toussaint, Farid, Samia, Steve. A la fin du film, ces prénoms vous traînent dans la tête et ne vous laissent pas de répit. Autant de jeunes gens, durement touchés par la vie, qui n’ont pourtant pas cessé de se battre contre un sort contraire. Ces prénoms, ce sont ceux de la bande de potes que Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, s’était faits lors de son séjour d’un an au centre de rééducation de Coubert (Seine-et-Marne).
Le slameur de Saint-Denis, présent hier soir à Aubervilliers devant une salle aux anges, a en effet subi un dur coup du sort : à l’âge de 20 ans, un accident de plongeon dans une piscine fait basculer sa vie. Dans ses textes, ça donnera ça : « Mais tout à coup, alors que dans le ciel, y avait pas un seul nuage/ A éclaté au-dessus de moi un intolérable orage/ Il est 11 heures 08 quand ma journée prend un virage/ Pour le moins inattendu, alors je tourne mais j’ai la rage », écrit-il dans sa belle chanson « Midi 20 », qui décrit son évolution à l’échelle d’une journée.
Mais « Patients », premier film co-réalisé avec le Dionysien Mehdi Idir, revient justement sur la période d’avant la résilience, avant que le jeune homme ne trouve la force de « réadapter ses espoirs » – d’aspirant prof de sport et membre de l’équipe de basket du Saint-Denis Union Sports, à auteur jetant ses états d’âme sur le papier.
Surtout, sans cesser de raconter le parcours de Grand Corps Malade, cette première œuvre, inspirée en fait du livre éponyme du slameur paru en 2012, parvient à généraliser son propos pour parler du chamboulement de vie que représente l’irruption de n’importe quel handicap. « Il faut bien comprendre que ce n’est pas un biopic. C’est l’histoire de n’importe quel gamin de 20 ans qui a un accident grave et qui se retrouve plongé dans le monde du handicap lourd. Pour moi, c’est surtout un film de groupe, un film de troupe », explique ainsi Grand Corps Malade à la salle, aux côtés des 4 acteurs principaux de « Patients » : Nailia Harzoune, Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly et Pablo Pauly, impeccable dans le rôle de Grand Corps Malade lui-même.

Nouvelle salve d’applaudissements à tout rompre pour les protagonistes. Un des spectateurs s’étonne du nombre de blagues échangées à longueur de journée par les personnages du film, mélange de férocité et de tendresse. « C’est vrai qu’au début, certaines vannes entre « tétras » et « paras » - comme ils disent - peuvent choquer. Mais on s’est rendu compte que c’était pour eux un moyen de s’évader, de fuir le pathos. », explique Moussa, l’un des acteurs. « Et encore, les blagues du film ne sont rien par rapport aux celles que s’envoyaient les patients du centre de Coubert où on a tourné », souligne Pablo Pauly.
Pendant sept semaines, le petit groupe est en effet allé tourner dans le centre où Fabien Marsaud avait suivi sa rééducation, conseillé en outre par François, le kiné qui s’était occupé il y a 20 ans du jeune homme.
Khâdidja, une autre spectatrice, se dit quant à elle touchée par l’intelligence avec laquelle ce film traite de la question du handicap. « Je trouve ça bien qu’on parle ainsi de la cause des handicapés en France, cause sur laquelle on est en totale régression pour un pays moderne », juge cette habitante d’Aubervilliers, travaillant comme assistante de vie scolaire pour un handicapé dans un établissement scolaire du département.
La soirée touche à sa fin, mais personne ne souhaite partir. Fabien et Mehdi, les deux co-réalisateurs ont-ils d’autres projets en matière de cinéma ?, veulent savoir plusieurs membres de l’assistance. « Oui, confie Grand Corps Malade. Je reste bien évidemment chanteur, mais avec Mehdi, on est déjà en train de travailler à une autre idée. Et il y aura encore plus de Seine-Saint-Denis dans notre prochain film ! »
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