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Mariage forcé : Comment protéger les victimes ?

Le Département à travers son Observatoire des violences envers les femmes propose ce 9 mars une émission de télévision intitulée « Mieux protéger les filles et les jeunes femmes en danger de mariages forcés » sur SSD.FR/ENDIRECT à partir de 9H30. Interview avec Ernestine Ronai qui nous présente cette 19e Rencontre !

« Lorsque j’étais psychologue, je me souviens que lorsque je demandais aux familles qui venaient du Sri Lanka, du Pakistan, si l’union dont ils me parlaient était un mariage arrangé, les parents me répondaient OUI. Et si je leur demandais, s’il s’agissait d’un mariage forcé, ils me répondaient NON » raconte Ernestine Ronai qui poursuit « Mais un mariage arrangé, si on ne peut pas dire non, c’est un mariage forcé. En France, une union nécessite le consentement libre et éclairé des deux époux. Et qui dit mariage forcé, dit viol conjugal et enfant né d’un viol conjugal. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler un très bon départ dans la vie. »

L’Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis qu’elle dirige estime que 1000 jeunes sont en danger de mariages forcés chaque année dans le département. Face à l’ampleur du problème, et au faible nombre de signalement -en 2020, seules 39 jeunes femmes en danger de mariage forcé ont été accueillies au LAO de Bagnolet- cette journée du 9 mars en visio (puis en replay) veut attirer l’attention des professionnels (PMI, planification familiale, Éducation nationale, secteur associatif) sur les possibilités d’actions.

L’ASE (Aide sociale à l’Enfance) prend en charge les victimes mineures. Mais dès qu’elles sont majeures, la première des mesures à connaître est l’Ordonnance de protection, comme l’explique Ernestine Ronai : « Il s’agit d’une demande de protection faite au juge des affaires familiales (JAF). Dans cette procédure, il n’est pas nécessaire de porter plainte contre ses parents mais elle protège les jeunes femmes en interdisant aux parents de rentrer en contact avec elles, et en empêchant toute sortie de territoire ». La directrice de l’observatoire des violences faites aux femmes en Seine-Saint-Denis ajoute : « Attention, pour demander une ordonnance de protection, il est important d’être accompagnée par une association comme SOS victimes 93 ou le CIDFF 93. »

La deuxième de ces mesures est proposée uniquement en Seine-Saint-Denis. « Nous sommes le seul Département de France à proposer en cas de mariages forcés des contrats jeunes majeurs à des jeunes femmes de 18 à 21 ans qui ne sont pas connues de l’ASE. Cela signifie que leur hébergement est pris en charge ainsi qu’un revenu pour leurs besoins essentiels. » 
Un centre d’hébergement d’urgence permet aussi une mise à l’abri des filles et des jeunes femmes en cas de mariage forcé.

L’Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis va présenter à l’occasion de cette journée un nouveau guide à l’attention des professionnel.le.s et un petit livret à celle des jeunes filles.

Le programme en détail ici !

« Mieux protéger les filles et les jeunes femmes en danger de mariages forcés ». Suivez l’émission télévisée de 9h30 à midi sur SSD.FR/ENDIRECT.

Inscription préalable odv93@seinesaintdenis.fr

Avec Djaïli Amadou Amal, autrice de Les impatientes, prix Goncourt des lycéen·ne·s 2020, Edouard Durand co-président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants et Peimane Ghaleh-Marzban, président du tribunal judiciaire de Bobigny.

Le 39 19
 : un téléphone anonyme et gratuit pour signaler toutes violences faites aux femmes, que vous soyez victime ou témoins : violences conjugales, sexuelles, professionnelles, mariages forcés.

Le 119  : pour signaler toutes maltraitances ou risque de maltraitance sur un enfant y compris s’il est en danger de mariage forcé. Autre possibilité : faire un signalement au procureur de la République

A lire aussi l’interview d’Amandine Maraval responsable du LAO à Bagnolet.

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