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Seine Saint-Denis
Cinéma Noisy-le-Sec

La petite fabrique à rêves de Léo Boucry

A 19 ans, Léo Boucry, réalisateur de Noisy-le-Sec, figure dans les 50 finalistes du Nikon Film festival, un concours de courts-métrages. Son film, « Somnia Flores », nous fait voyager dans un univers onirique, quelque part entre Tim Burton et Eyes wide shut. Les 10 lauréats seront connus le 22 avril.

Quand Léo Boucry a découvert le thème du dernier Nikon Film festival – « Un rêve » – il y a vu un signe. « Je me suis dit qu’avec mon univers, toujours entre songe et réalité, je me devais de participer ». En effet, ce fan absolu de Tim Burton – qu’il cite pratiquement dans chacun de ses films – avait la bonne carte de visite pour postuler.

Son court-métrage « Somnia Flores » – le sommeil des fleurs, en latin dans le texte – nous transporte ainsi dans un univers aussi capiteux et vénéneux qu’une plante carnivore. On y suit les aventures d’Elijah, assassin qui se nourrit des rêves de ses victimes pour apaiser ses songes peuplés de monstres. « Depuis tout petit, j’ai toujours eu un rapport à la mort assez spécial. Je ne sais pas si c’est de la peur ou de la curiosité. Mais c’est ce qui explique sans doute que beaucoup de mes courts-métrages tournent autour de ce thème. », souligne le jeune homme qui avant ça avait réalisé les courts-métrages « Emâ », « Mr Burton » et « Theatrum Mundi », récompensé déjà l’année dernière d’un prix au Nikon Film festival. Son nouvel opus est en bon chemin lui aussi puisqu’après avoir concouru aux côtés de 1600 autres, il vient d’être retenu dans les 50 finalistes.

"Rencontre" avec Burton

Le cinéma, Léo est tombé dedans comme Alice dans le terrier du lapin blanc. « Mes premiers coups de foudre, c’était « Charlie et la chocolaterie », que j’ai vu en DVD à 5 ans, et un peu plus tard, « Edward aux mains d’Argent » ou « Big Fish », tout du Tim Burton. », raconte le jeune homme, qui reçoit chez ses parents, dans un pavillon de Noisy-le-Sec qui pourrait d’ailleurs avoir quelque chose de burtonesque. Quelques années en arrière, l’ado avait même eu la chance de rencontrer son idole, quand il réalisait des chroniques de ciné pour l’association Moteur. « Rencontre est un bien grand mot puisque j’ai pu lui poser une seule question. Mais je me souviens encore de sa réponse. Je lui avais demandé qui était la personne qui l’inspirait le plus. Et il m’avait répondu : « ce n’est pas une personne, mais un alien. », se souvient le jeune homme au catogan qui cite Michel Gondry et Christopher Nolan parmi ses autres références.

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Son goût pour les plans léchés et les personnages tragi-comiques, Léo Boucry l’a ensuite cultivé en autodidacte à travers plusieurs court-métrages et son passage l’année dernière par l’école Kourtrajmé, fondée à Montfermeil par Ladj Ly, le réalisateur des Misérables. « J’ai adoré ces 6 mois. On a pu rencontrer des personnes qui avaient la même passion que nous, se constituer un réseau. Durant cette période, j’ai vraiment gagné en autonomie », affirme celui qui durant sa formation aura eu comme intervenants Jean-Pascal Zadi et Igor Gotesman (réalisateur de Family Business).

Inspiré par certains lieux du 93

Le 93, le jeune homme qui a fait toute sa scolarité à Noisy-le-Sec puis à Villemomble connaît bien et apprécie, même s’il avoue qu’il ne lui inspirerait sans doute pas directement un film. « Je ne suis pas attiré par le cinéma réaliste, donc ce ne serait pas une peinture sociale. En revanche, je suis sensible à certains décors du département, comme les Espaces d’Abraxas à Noisy-le-Grand ou la forêt de Bondy. » « Somnia Flores » a d’ailleurs été tourné exclusivement au château de Villemomble avec tout de même 120 intervenants au total et un budget de 13 000 euros, pas rien pour un court-métrage ! « Le fait d’avoir pu aller à Cannes et Venise avec mon précédent court-métrage, Theatrum Mundi, m’a incontestablement aidé à trouver des financements », explique-t-il. Cette œuvre, au ton assez littéraire, explorait déjà l’aspect doux-amer de la vie, avec pour personnage principal un clown blanc… noir, qui rappelait l’histoire de Foottit et Chocolat, ce duo de clowns des années folles.

Celui qui travaille déjà à son prochain projet – un court-métrage dans l’univers du film noir – espère maintenant faire partie des heureux élus du Nikon Film festival, qui révélera ses gagnants le 22 avril au Grand Rex. On espère que Léo, comme Charlie et sa chocolaterie, tirera l’un des tickets d’or…

Christophe Lehousse
Photos : ©Eric Garault

- Le Nikon film festival décerne aussi un Prix du public. Pour voter, rendez-vous sur https://www.festivalnikon.fr/search/films jusqu’au 10 avril...

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