Catégories
Seine Saint-Denis
Insertion Bobigny

L’Ecole de la 2e chance s’implante à Bobigny

Lundi 14 novembre, l’Ecole de la 2e chance a fêté son installation au coeur du Campus des Métiers de Bobigny, une localisation qui vient remplacer l’ancien site de La Plaine. L’association, qui se propose de réinsérer des jeunes sortis sans qualification du système scolaire, poursuit ainsi son implantation dans le territoire.

« Ce qui m’a poussé à m’inscrire à l’Ecole de la 2e chance, c’est la possibilité d’avoir un métier. Pour moi, ça veut dire être autonome et pouvoir choisir ma vie ». Daouda a 21 ans et est intéressé par le métier d’électricien. Sorti du système scolaire sans qualification, ce jeune Balbynien compte sur l’Ecole de la 2e chance (E2C) pour le relancer. Comme lui, 50 autres élèves fréquentent depuis septembre la nouvelle antenne de Bobigny, ouverte après que l’ancien site de La Plaine a lui fermé ses portes en juillet.

« La fermeture de cette antenne obéissait à des logiques économiques. Payer le loyer du site de La Plaine n’était plus tenable et mettait en danger le fonctionnement de l’école. Heureusement, avec l’aide de différents acteurs, nous avons pu imaginer cette solution de remplacement au Campus des Métiers », explique Hervé Coué, directeur de l’E2C de Seine-Saint-Denis.
Grâce à ce déménagement, l’Ecole de la 2e chance – un concept lancé en 1998 par l’ancienne Première Ministre Edith Cresson, d’ailleurs présente lundi pour inaugurer la nouvelle implantation – compte donc toujours 4 antennes dans le département : La Courneuve, Rosny-sous-Bois, Sevran et Bobigny. De quoi accueillir dans de bonnes conditions les 630 élèves qui passent chaque année par la structure à l’échelon départemental.

La raison d’être de l’E2C ? Elle est simple et ambitieuse à la fois : réinsérer professionnellement des jeunes âgés de 18 à 25 ans, sortis sans diplôme ni qualification du système scolaire. Soit 150 000 jeunes par an à l’échelle de la France. En Seine-Saint-Denis aussi, le défi est important, du fait d’inégalités économiques et sociales assez criantes dans certains points du territoire. « Le chômage et l’exclusion ne sont pas une fatalité. Au contraire, nous devons nous efforcer d’agir plus que jamais, par exemple en contribuant au développement de cette Ecole de la 2e chance », soulignait le président du département Stéphane Troussel. Le département est en effet soutien financier de l’E2C du 93, aux côtés de l’Etat, la Région, les communautés d’agglomération, les communes et les entreprises, pour un budget total d’un peu plus de 4 millions d’euros.

JPEG - 70.4 ko
Oneil, 21 ans, fait partie de la promotion actuelle de l’Ecole de la 2e chance de Bobigny.

Au cours de la visite des locaux- installés au deuxième étage du Campus des Métiers - Nacer Touati, responsable du nouveau site et formateur en mathématiques nous décrit le fonctionnement de cette école. « Après leur recrutement basé sur la motivation, les élèves – nous préférons parler de stagiaires – vont suivre des cours de remise à niveau en fonction de leurs points faibles. Ici, ils vont suivre des cours de français, maths, sport, théâtre ou encore philo. Puis vient le temps d’un premier stage en entreprise avant un retour à l’école. Le principe de base étant l’alternance », détaille ce responsable, entré dès 2003 à l’E2C.

Le but recherché : permettre aux stagiaires d’élaborer petit à petit un projet professionnel et les amener à retrouver une volonté de s’en sortir bien souvent perdue en cours de route. « Le grand mérite de l’école de la 2e chance, c’est de m’avoir redonné confiance en moi, témoigne par exemple Wahiba Assaki, passée par l’école en 2012-2013. Avant je me posais énormément de questions. Par exemple, j’avais peur de passer mon bac, je me trouvais trop vieille pour ça. Après l’école, il n’y avait plus de brouillard, je voyais mieux mon chemin vers un métier. » Aujourd’hui, cette Stanoise, désormais détentrice d’un bac « accueil relations clients et usagers » (ARCU) et actuellement en formation à l’AFPA, souhaite boucler la boucle en devenant elle-même conseillère en insertion.

C’est que l’école de la 2e chance gagnerait à être plus connue : avec 57 % de « sorties positives » (embauches, formations qualifiantes ou diplômantes) en 2015 contre 49 % en 2014 pour la seule Seine-Saint-Denis, la structure est en contants progrès. « A l’échelon national, l’association a même été citée en exemple par la Cour des Comptes pour son efficacité en matière de réinsertion professionnelle », soulignait lundi une Edith Cresson, se disant par ailleurs désarmée par les « blocages entourant encore l’alternance et l’apprentissage en France ».

Pour ce qui est de l’antenne de Bobigny, après seulement deux mois d’activité, il est encore trop tôt pour juger de son succès. Hervé Coué, le directeur départemental se voulait toutefois optimiste. « Je pense qu’intégrer le Campus des métiers va créer une synergie entre les acteurs économiques présents sur place et les jeunes. Nous avons pour l’instant 1000 entreprises partenaires, et ce chiffre devrait croître, aussi en raison de la nouvelle localisation. » Désormais nichée au sein d’un bâtiment qui abrite plus de 30 formations diplômantes, l’antenne de Bobigny devrait en effet pouvoir établir des passerelles intéressantes pour ses futurs stagiaires.

L’Ecole de la 2e chance en bref

Créé en 1998 par Edith Cresson, le réseau des écoles de la 2e chance vise à réinsérer professionnellement des jeunes de 18 à 25 ans, sortis sans diplôme ni qualification du système scolaire. Pour ce faire, l’association mise sur l’alternance : à dater de son entrée à l’école, le jeune stagiaire peut effectuer jusqu’à 1400 heures, équitablement réparties entre enseignement (français, mathématiques, théâtre, philosophie, sport, langues) et stages en entreprise. Durant leur temps à l’école, les stagiaires touchent aussi une rémunération via l’Agence Spéciale de Paiement. Avec un réseau de 107 antennes en France et 15000 stagiaires par an, les écoles de la deuxième chance sont un acteur-clé mais encore trop méconnu de l’insertion professionnelle en France.

Pour en savoir plus sur l’’école de la 2e chance en Seine-Saint-Denis : http://www.e2c93.fr

à lire aussi
Seine-Saint-Denis Portrait

Nathalie Daoud, le clic de l’emploi

Assistante sociale dans une première vie, la Bondynoise Nathalie Daoud a toujours voulu aider les publics fragiles. En 2017, elle co-crée le réseau de bornes d’emploi HucLink qui permet en quelques clics de rapprocher des demandeur·euse·s d’emploi peu qualifié·e·s des entreprises. Portrait d’une entrepreneure humaniste et débordante d’énergie.

Economie sociale et solidaire Pantin

A la Cité fertile de Pantin, on forme les futurs créateurs de tiers-lieux

Sinny & Ooko, l’entreprise qui a donné naissance à la Cité fertile à Pantin, propose depuis septembre dernier une formation et un accompagnement sur six mois à des personnes qui souhaitent créer des tiers-lieux, ces espaces de sociabilité mis en œuvre par un collectif au service d’un territoire. La première promotion d’incubés a terminé son cursus le 15 février.

Economie sociale et solidaire

Re-Belle, des confitures qui font du bien

Connaissez-vous les confitures Re-belle ? Fabriquées à partir de fruits invendus, ces confitures sont préparées par des personnes en insertion professionnelle dans l’atelier d’Aubervilliers. Exemple parfait de l’économie circulaire, les confitures Re-belle sont soutenues par le Département dans le cadre du Plan Rebond et font bien sûr partie des produits et ambassadeurs IN Seine-Saint-Denis.

Découvrez tout de suite la savoureuse interview-vidéo de Charlotte Porez, directrice de l’entreprise. On parie qu’on vous prend bientôt les doigts dans le pot à confiture !