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Ils et elles font la Seine-Saint-Denis : Christine Manadi

Christine Manadi, Rosnéenne d’origine de 47 ans, a toujours travaillé dans notre département. Depuis 2015, c’est à Villepinte qu’elle a posé ses valises de directrice de l’Institut médico-éducatif de Soubiran géré par l’association Vivre et devenir. Cette structure neuve et agréable accueille 45 enfants porteurs des troubles du spectre de l’autisme. Interview et reportage.

Interview de Christine Manadi

En quoi consiste votre travail au quotidien ?
A L’IME de Soubiran, on accompagne des enfants dès 18 mois jusqu’à de jeunes adultes âgés de 20 ans. Généralement, l’accueil en IME ne se fait pas avant l’âge de trois ans. Or, plus les enfants sont accompagnés de manière précoce avec une prise en charge intensive, plus leur évolution sera favorable.

Notre IME offre aussi un jardin thérapeutique sur le thème d’Alice au Pays des Merveilles où les équipes pluri-professionnelles peuvent travailler avec un environnement de stimulation et social innovant. Un vrai plus !

Pour moi il n’y a pas de journée-type. Il y a différents aspects qui relèvent du management, de la gestion budgétaire, de la gestion du bâtiment et des travaux : c’est vraiment une fonction multi-dimensionnel...

En quoi l’IME de Soubiran est-il spécifique ?

Nous sommes complètement dédiés à la prise en charge des enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme contrairement aux IME dits généralistes qui accueillent des enfants avec tous types de handicap (trisomie 21, maladies génétiques…).

Quels sont les bénéfices du jardin thérapeutique sur les enfants ?

Le jardin est un vrai plus aussi car on peut travailler dans un environnement différent que dans les groupes éducatifs, notamment en ce qui concerne la stimulation et le social.

Les petits carrés potagers ont permis de mener tout un travail d’apprentissage et de développement des connaissances avec les adolescents (cycle de vie d’une plante, couleurs, temporalité, plantation, développement de la plante…).

Nous avons également une aire de jeux très prisée, avec une balançoire adaptée qui permet aussi aux adultes d’en bénéficier.

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Pour vous, quels sont les besoins de la prise en charge de l’autisme en France et en Seine-Saint-Denis plus particulièrement ?

L’autisme est un trouble développental qui touche simultanément les interactions sociales, la communication et le comportement. La priorité est d’essayer d’améliorer la communication : il est essentiel que l’enfant, l’adolescent·e ou le·la jeune adulte puisse se faire comprendre pour devenir le plus autonome possible. Nous constatons qu’à partir du moment où la communication est travaillée, il y a beaucoup de troubles du comportement qui disparaissent car ceux-ci naissent du fait que les enfants n’arrivent pas à se faire comprendre.

Il faut aussi que la prise en charge puisse se faire le plus tôt possible. Nous pouvons faire un premier retour d’expérience sur la première année où nous avons accueilli des petits de 18 mois : leur évolution est extrêmement positive car après un an d’accompagnement intensif, ils ont tous pu entrer en petite section de maternelle à mi-temps. Trois d’entre eux ont pu rentrer en moyenne section à temps complet l’année suivante.

En Seine-Saint-Denis, l’ouverture de l’établissement a été une petite bulle d’oxygène, mais j’ai eu plus de 200 dossiers de candidature pour 45 places.

Des familles sont toujours en grande difficulté même s’il y a de plus en plus de dispositifs pour les aider. L’idée n’est pas forcément qu’un enfant doive être admis à tout prix dans un établissement, mais il faudrait qu’il puisse bénéficier de différentes modalités de prise en charge (temps partiel dans un établissement spécialisé, intervenant·e à domicile, mutualisation des moyens avec d’autres établissements...).

Encore de nombreuses familles d’autistes se déplacent en Belgique. Quelle est la différence de prise en charge de l’autisme entre le modèle belge et le modèle français ?

Il faut distinguer les enfants et les adultes. Pour les enfants, en Belgique, il y a une scolarisation de droit, il existe de nombreuses classes spécialisées, ce qui n’est pas encore le cas en France. Pour les adultes, il y a encore peu d’offre médico-sociale en France.

Avez-vous d’autres projets pour l’IME ?

Il me semble fondamental que l’on parte des besoins des enfants, qui sont tous différents. La majorité est admise à la journée, mais pour les cas plus complexes, nous aimerions développer nos partenariats avec d’autres structures médico-sociales afin de pouvoir personnaliser l’accompagnement au plus proche des besoins de l’enfant car la complémentarité des structures peut est très bénéfique.

Focus sur un projet architectural original conçu pour améliorer le bien-être des enfants autistes

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L’IME de Soubiran a été conçu avec les familles des enfants autistes. Pour l’association Vivre et devenir "tout a été pensé pour le bien-être, le développement et la sécurité de ces enfants avec par exemple la création des espaces calme-retrait, à proximité mais hors des salles d’activités de groupe, permettant au jeune de se retirer momentanément ou encore une attention particulière portée au confort acoustique et à la luminosité."

L’assistance à la maîtrise d’ouvrage a été confiée à Stéphan Courteix, architecte et psychologue, expert conseil actuellement en charge de la coordination scientifique d’une recherche nationale sur l’architecture adaptée aux personnes porteuses de troubles du spectre de l’autisme.
Le projet a été entièrement réalisé en Haute qualité environnementale (HQE).

L’IME dispose donc d’un jardin thérapeutique, dont l’univers s’inspire du plus célèbre des contes de Lewis Carroll. Ce thème a paru pertinent pour plusieurs sujets qui touchent particulièrement les autistes : la relation du corps à l’espace, les transformations qu’il subit entre autres par les effets du temps ou encore l’importance des perceptions dans la construction de l’identité. L’ensemble est conçu à la fois comme lieu de contemplation et de repos, et comme un support thérapeutique et éducatif.

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L’une des spécificité de l’IME de Soubiran fut aussi la mise en place la première unité d’enseignement maternelle (UEM) du département de Seine-Saint-Denis. Dans une classe au sein d’une école maternelle classique de Villepinte, une enseignante et une équipe de professionnelles du secteur médico-social accompagnent sept enfants autistes, dès l’âge de 3 ans au moment de leur admission jusqu’à l’âge de 6 ans. L’objectif de ce dispositif, prévu par le 3e Plan Autisme, est de mobiliser leurs capacités d’inclusion et d’apprentissage grâce à un parcours de scolarisation précoce avec des interventions éducatives et thérapeutiques adaptées.

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Savoir plus sur l’association Vivre et devenir – Villepinte – Saint-Michel

Depuis 1918, l’association Vivre et devenir – Villepinte – Saint-Michel, anciennement Association de Villepinte accompagne en priorité :
- des enfants et adolescent·e·s en situation de handicap ou en difficulté sociale ;
- des adultes en situation de handicap, en particulier mental ou psychique ;
- des patient·e·s ayant besoin de soins de suite (gériatrie et oncologie) ;
- des personnes âgées en situation de dépendance.
Elle mène ses actions dans trois régions : Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Grand Est.
Vivre et devenir en chiffres (2017) : 20 établissements et services, 1 200 lits et places pour des personnes en situation de fragilité, 75 millions d’euros de budget annuel, 1 200 salarié·e·s.

www.vivre-devenir.fr

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1 000 places supplémentaires jusqu’en 2025 !
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