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Faire mieux pour le retour à l’emploi des allocataires du RSA

Le Département de Seine-Saint-Denis a réuni plus de 400 partenaires de l’insertion ce lundi 13 décembre. L’objectif : inventer une nouvelle donne pour mieux accompagner les allocataires du RSA dans l’emploi. Reportage et vidéo.

« Notre modèle actuel n’est pas satisfaisant tant en termes d’organisation que de résultats. La montée en charge de l’allocation et du nombre d’allocataires nous a empêchés de développer des politiques d’insertion, de les adapter, de les renouveler  » explique Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis, où vivent plus de 100 000 personnes allocataires du RSA.

« Cela nous concerne tous. Nous, Département, avons pris des engagements, avons défini avec l’État local de nouvelles orientations. Pour les réussir, il faut que chacun soit mobilisé : le monde associatif, l’ESS (Économie sociale et solidaire), mais aussi les collectivités locales, les services de l’État, Pôle Emploi, l’ensemble des structures engagées dans l’insertion par l’activité économique (IAE).  » Le Département va doubler d’ici 2026 le nombre de conseillers chargés du suivi des allocataires (passant de 170 à 340) ainsi que le nombre de places dans les actions d’insertion (de 6 300 à 12 600) pour accompagner et aider les personnes.
Leurs difficultés à effectuer des déplacements, à faire garder leurs enfants, à se soigner, à se loger freinent concrètement les allocataires à s’engager dans des parcours d’insertion. Pour Stéphane Troussel, tous ces freins périphériques doivent être levés.

L’idée est de redoubler d’efforts, pour obtenir des résultats. Pour cela, le Département veut privilégier une approche globale, qui intègre le monde du travail, et notamment les entreprises locales. Il va investir les nouveaux moyens générés par la recentralisation du RSA pour créer des agences locales de l’insertion (cf encadré) sur l’ensemble de son territoire. Un appel à manifestation d’intérêt pour leur création va être prochainement lancé.

Les ALI (ou agences locales de l’insertion)

En lançant l’idée des ALI, le Département entend revoir l’accueil des bénéficiaires du RSA. Les conseillers d’insertion qui y travailleront devront y développer l’aller vers et la prise de contact proactive en privilégiant le téléphone, les mails, les SMS et en rendant ces échanges le plus lisible possible.

Un accompagnement d’une année est prévu pour permettre aux personnes de construire et préciser leur projet professionnel par des mises en situation, des rencontres avec des employeurs, des contrats, même courts. Pour des personnes ayant pas ou peu d’expérience professionnelle, ou pas récente, c’est par ces situations concrètes que les compétences de chacun et chacune pourront se révéler et être valorisées. Ces agences locales d’insertion auront pour bassin les circonscriptions sociales, au nombre de 22 en Seine-Saint-Denis.

Le Préfet salue cette reprise en main en qualifiant de « particulièrement courageuse et ambitieuse la politique proposée par le président Troussel (…) plusieurs Départements regardent ce qui se passent ici. La volonté est là et l’organisation est prête ». Il ajoute que « nous ne réussirons que si on est tous ensemble alignés sur la même ligne de départ, à faire la même course » .
Si les nombreux chantiers autour de Stade de France ont permis au secteur du BTP d’être un puissant levier d’insertion professionnelle pour autant, Pierre Héraud, DGA de Plaine Commune voit la candidature de la ville de Saint-Denis pour être Capitale de la Culture comme une opportunité supplémentaire pour l’insertion professionnelle : « La culture, le tourisme et le patrimoine génèrent des emplois dans l’hôtellerie, la restauration, la sécurité, l’accueil… les compétences linguistiques des habitants de Seine-Saint-Denis sont un atout dans ces secteurs. » Des secteurs auxquels il ajoute la filière santé avec l’arrivée du Grand Hôpital Nord à Saint-Ouen, l’agriculture urbaine, mais aussi la gestion des déchets.

« Territoire Zéro chômeurs »

Julie Lefebvre, vice-présidente en charge du développement économique, de l’emploi et de l’insertion à Est Ensemble, veut parler de l’expérience « Territoire Zéro chômeurs » menée dans deux villes de Seine-Saint-Denis : « En partant des idées des habitants qui sont privés d’emploi, cela permet de répondre à des besoins du territoire qu’ils connaissent bien.  » C’est ainsi qu’à Bagnolet un projet de recyclerie sportive et une conciergerie sont nés. Et qu’à Pantin, une cantine solidaire et des activités de couture et de logistique ont vu le jour. De nouveaux métiers émergent qui s’intéressent à la transition écologique, aux services à la personne, à l’économie de la réparation et sont jugés peu rentables pour le secteur privé. Une philosophie issue de ATD-Quart Monde qui opère un changement de posture vis-à-vis de l’insertion en affirmant que « personne n’est inemployable ».
Une Plateforme de co-construction va prochainement pouvoir recueillir les propositions, idées, expérimentations de terrain, intuitions sur le sujet. La concertation va s’étendre sur six mois et permettre d’affiner les modalités du pilotage.

« Tous obligés à nous dépasser, à nous transformer »
« Compte tenu du moment un peu exceptionnel dans lequel se situe la Seine-Saint-Denis : ces chantiers, le Grand Paris Express, la rénovation urbaine, les installations de grandes entreprises, les Jeux olympiques et paralympiques, avec des moyens complètement exceptionnels obtenus lors de cette recentralisation du RSA, et l’État qui est à nos côtés dans cette nouvelle donne de l’insertion…. Si dans l’ensemble de ces planètes alignées, nous ne réussissons pas à en faire beaucoup plus pour les demandeurs d’emplois de Seine-Saint-Denis et parmi eux les allocataires du RSA, c’est à désespérer de notre devise républicaine et de notre promesse d’égalité républicaine. Moi je ne veux pas me résigner à la fatalité et pour ça cela nous oblige tous à nous dépasser, à nous transformer. »
Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis

* Le PIE (Projet Insertion Emploi) est un dispositif qui permet un service d’accueil, d’écoute, d’information et d’accompagnement pour les bénéficiaires du RSA les plus éloigné·e·s de l’emploi. 34 structures communales et territoriales de ce type existent en Seine-Saint-Denis.

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