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Au collège Pierre-Sémard de Drancy, le parti PRISME architectural audacieux des élèves

Dans le cadre de la semaine olympique et paralympique (du 1er au 6 février), le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Saint-Denis (CAUE 93) a invité une classe de 4e du collège Pierre-Sémard de Drancy à imaginer un équipement sportif inclusif inspiré du projet PRISME. Une initiative pilotée en partenariat avec le Département. Reportage.

Un bâtiment carré surmonté d’un toit en forme de pyramide - clin d’œil à celle du Louvre - et destiné à accueillir un centre de balnéothérapie. A l’intérieur, une piscine dernier cri, un accueil, des vestiaires, une infirmerie, des salles de sport et du matériel adaptés aux personnes à mobilité réduite. Son point de chute ? Sur le stade de la Motte à Bobigny, entre le cimetière de Pantin et l’hôpital Avicenne. Le projet, aussi complet et ambitieux soit-il, n’est pas signé par un cabinet d’architecture mais par Abdrahmane, Ilyes et Emirhan, trois élèves de 4e du collège Pierre-Sémard de Drancy. Ensemble, tout comme leurs vingt camarades de classe, ils ont été invités, dix jours durant, à imaginer un équipement sportif appropriable par toutes et tous sur l’emplacement futur du PRISME. Pôle de référence inclusif sportif métropolitain, le PRISME – dont le Département est le maître d’ouvrage - est un équipement sportif conçu en accessibilité universelle afin de favoriser l’accueil de tous les publics, qu’ils soient valides ou en situation de handicap, sportifs de haut niveau ou débutants. Implanté sur le stade de la Motte, à Bobigny, ce bâtiment d’un nouveau genre accueillera les athlètes paralympiques pour leurs entraînements avant leur entrée dans l’arène olympique et constituera après 2024 un héritage d’importance pour les habitants du département.

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L’atelier autour de ce projet est assuré, à la faveur d’un partenariat avec le Département, par le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Saint-Denis (CAUE 93). Cet organisme départemental a pour mission de conseiller, informer et sensibiliser le public et les autorités compétentes au domaine de l’architecture à travers une approche pédagogique. « En plus de leur transmettre des clés de lecture pour mieux comprendre ce qu’il se passe autour de chez eux (avec les équipements à venir, la progression du chantier, etc.), l’ambition de ce dispositif est d’expérimenter les différentes étapes du projet urbain avec les élèves : de l’observation in situ à la réalisation d’un plan guide d’aménagement en passant par les étapes de diagnostic urbain, d’esquisse, de conception et de modélisation, détaille Valentine Vuillermoz, directrice du CAUE 93. L’objectif est de placer les élèves dans le rôle d’un architecte dans une situation de concours, ils doivent répondre à une commande. » La commande du jour porte sur l’aménagement de trois équipements (de balnéothérapie, sportif et public) sur une parcelle (le stade de la Motte donc) située en plein cœur de ville avec les contraintes y afférentes. Pour ce faire, répartis par groupes de six, les élèves s’appuient sur une trame, un plan quadrillé correspondant à une échelle précise qui fait partie du bagage de n’importe quel architecte. « N’oubliez pas de prendre en compte l’environnement extérieur, pensez aux différents accès, aux vis-à-vis… avant de placer vos installations sur la carte », martèle Valentine Vuillermoz.

Des projets modélisés en 3D

Pour l’équipement qui abritera le bassin, Noah et Djahan ont imaginé un bâtiment circulaire et aérien. Un hommage aux anneaux olympiques ? « C’est une forme moderne et originale qui fait la différence », plaide Noah. D’autant que « les sportifs qui fréquenteront cette piscine n’auront même pas besoin de sortir s’ils veulent se reposer ou s’entraîner ailleurs », ajoute son associé. En effet, sur leur fiche projet, une feuille blanche A4 sur laquelle a été dessinée l’esquisse, notamment, on découvre autour de l’anneau deux passerelles, l’une reliée à un hôtel, l’autre à un gymnase multisports. « On constate que les élèves font preuve de beaucoup d’imagination mais développent aussi des idées cohérentes, rapporte Morgane Damez, architecte au CAUE 93. A travers cet atelier, on leur demande de prendre position, de verbaliser leur point de vue, cela représente un vrai challenge pour eux. On souhaite aussi qu’ils puissent intégrer les différentes phases du projet architectural, qu’ils acquièrent de nouvelles notions et de nouveaux éléments de vocabulaire. Le projet PRISME est un excellent support puisqu’il permet aux collégiens de se familiariser avec les différentes situations de handicap et de concevoir leur programme avec des solutions inclusives. »

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Après une première semaine durant laquelle les élèves ont tour à tour dessiné sur le sol avec du scotch de couleur leur salle de classe idéale (histoire de s’acclimater à la notion d’espace), créé une fiche projet qui comprend toutes les étapes de conception (de l’élévation du bâtiment au choix des matériaux en passant par le choix des salles), la deuxième partie de ce workshop prévoit de délaisser le papier au profit de l’informatique : les projets seront matérialisés sous forme de maquettes imprimées en 3D (à partir de SketchUp, un logiciel de modélisation bien connu des élèves car leur professeur de technologie, Kamel Bourakouche, l’utilise fréquemment lors de ses cours). Lors d’une restituion finale, ces maquettes seront présentées lors d’un jury de concours invitant plusieurs professionnels. « Il y a encore une semaine, l’architecture était quelque chose pour moi de très compliqué et d’inaccessible, réagit Hafssa. Grâce à cet atelier, on revient sur toutes les étapes de construction avec beaucoup de liberté. On nous demande de réfléchir, d’avoir des idées, de donner notre avis. C’est vraiment très excitant. »

Photos : ©Patricia Lecomte

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