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Festival Musique Pantin

Antonin Tri Hoang offre du chewing-gum aux enfants

Dimanche 18 mars, le festival de jazz Banlieues Bleues propose « Chewing-gum Silence » à la Dynamo de Pantin, un spectacle jeune public où il est question de mélodies entêtantes et de boîtes à musique. Faisons donc connaissance avec son compositeur et saxophoniste, Antonin Tri Hoang.

Les Allemands appellent ça « Ohrwurm », ver d’oreille. Rien de grave, rassurez-vous. C’est juste comme ça que nos voisins appellent ces mélodies entêtantes, parfois lancinantes qui se gravent dans votre cerveau et vous escortent tout au long d’une journée. Ces vers d’oreille, Antonin Tri Hoang a eu l’idée de les mettre en culture dans son spectacle jeune public conçu pour Banlieues Bleues, comme un tisserand le ferait pour des vers à soie.

Dans sa création originale et féerique, ce compositeur et saxophoniste de 29 ans propose donc aux jeunes et moins jeunes de se demander ce qu’est au juste une mélodie. « C’est un sujet qui revient souvent dans mes compositions, pas seulement dans cette création jeune public. En fait, je me pose la question de ce qu’une musique laisse en nous. Souvent il n’en reste que des fragments puisqu’il est impossible de retenir toute la complexité d’un morceau. Et ces traces, je trouve ça intéressant », explique le jeune homme.

Dans « Chewing-gum Silence » – le titre fait référence à une théorie scientifique selon laquelle on pourrait se débarrasser de mélodies trop obsédantes en mâchant du chewing-gum – ces fragments mélodiques paraîtront s’échapper d’un complice bien connu des enfants : des boîtes à musique. Derrière ces boîtes se cacheront en fait le piano de Jeanne Susin, la batterie de Thibault Perriard, le saxophone d’Antonin Tri Hoang, mais aussi de la clarinette, de la guitare, des percussions et du chant…

« Préparer ce spectacle a été un plaisir. Et discuter régulièrement de ce qu’est une mélodie avec une classe de CM1 à l’école Jean-Macé d’Aubervilliers m’a donné beaucoup d’idées de ce point de vue », poursuit Antonin Tri Hoang, qui pour cette création était en résidence à la Dynamo, avec le soutien du Conseil départemental.

On l’aura compris : Antonin Tri Hoang a su garder une grosse part d’enfance. Et dans cette identité, le jazz joue un grand rôle. « Avec le rap, le jazz a été la première musique que j’ai écoutée, dévorée », dit celui qui a biberonné au son des mélodies rock et jazz manouche de son beau-père guitariste. Depuis, le Conservatoire de musique de Paris et plusieurs albums reconnus (« Aéroplanes », avec le pianiste Benoît Delbecq, « Calques » avec le quartett Novembre) l’ont bien évidemment fait grandir, mais au fond de lui, le jazz recrée toujours cette passerelle magique vers l’enfance.

Pour Banlieues Bleues en revanche, le saxophoniste commence à être un vieux de la vieille : on ne compte plus ses apparitions, tantôt sous la bannière du quartett Novembre pour lequel il compose, tantôt avec le White Desert Orchestra d’Eve Risser ou le contrebassiste Fantazio. « J’adore vraiment ce festival et plus généralement l’énergie qu’il y a en Seine-Saint-Denis. C’est vraiment unique en France, ce mélange des cultures, témoigne cet habitant de Montreuil. Après, il ne faut pas enjoliver non plus car il y a aussi de grandes inégalités sociales. Mais culturellement, c’est très riche, très porteur, beaucoup plus qu’à Paris à mon sens, où c’est beaucoup plus difficile d’avoir sa chance. » C’est la douce mélodie de la Seine-Saint-Denis.

Christophe Lehousse

Chewing-gum Silence
Spectacle musical à partir de 6 ans
Dimanche 18 mars, à 16h à La Dynamo de Banlieues Bleues.
Tarif plein : 10 euros ; habitants de la Seine-Saint-Denis : 8 euros ; moins de 26 ans, étudiants, demandeurs d’emploi : 5 euros
35e édition de Banlieues Bleues, du 16 mars au 13 avril
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