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Confiné·e·s sans s’ennuyer Festival Musique

Africolor part en live !

Renoncer n’est décidément pas un mot appartenant au vocabulaire d’Africolor. En moins de 15 jours, l’équipe du Festival des musiques africaines s’est démenée pour maintenir son édition 2020, en live stream, confinement oblige. Rendez-vous devant votre écran pour des concerts dans votre salon jusqu’en décembre, avant trois dates en salles les 16, 17 et 18 décembre !

Cette année, Africolor se joue du contexte et fait fi du confinement pour proposer une édition toute en chaleur et proximité. Depuis votre canapé, le festival des musiques africaines vous convie en effet à une série de concerts intimistes, de créations, de duos inédits et d’orchestres revisités, en live stream sur son site et ses pages Facebook et Instagram. Le tout suivi d’interviews des artistes auxquelles les internautes pourront participer en posant des questions via les réseaux sociaux.

Le coup d’envoi fut donné samedi 14 novembre par l’Orchestre du (petit) grand Bamako, un ensemble made in Seine-Saint-Denis fondé pour les 30 ans du festival l’an dernier, qui a repris les grands tubes de la musique malienne depuis la scène du Comptoir de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

Sept dates suivront ensuite pour le seul mois de novembre (le programme de décembre est à suivre), faisant entendre des voix si agréablement connues comme celle, profonde et intense, de la malienne Mah Damba, et d’autres émergentes, telle celle aérienne de Senny Camara, une chanteuse et joueuse de kora de Saint-Denis dont le dernier EP sort le 24 novembre. À découvrir également : « Indépendances Cha cha », une série de créations spécialement imaginées pour le soixantième anniversaire de l’indépendance de 17 pays africains qui vous feront entrer dans la tête des « pères de la Nation ».

100 fois sur le métier remettre son ouvrage

En moins de 15 jours, l’équipe du festival, qui avait déjà dû une première fois modifier tous les horaires pour tenir compte du couvre-feu, aura donc réussi l’incroyable tour de force de réadapter entièrement son édition pour une version en live stream, avec un maintien d’une grande partie des concerts annoncés. Même si, reconnaît Sébastien Lagrave, le directeur du Festival, « cela a été un exercice de jonglage à cinq balles ».

« Il a fallu d’abord annuler les dates, détaille-t-il, puis recaler les artistes, reprendre toute la logistique pour les faire venir alors que de nombreux trains sont annulés, prévoir les attestations de déplacements. Il a fallu encore adapter les formes, repenser le script des soirées, gérer la qualité et la sécurité des live stream, etc. Et je ne vous parle même pas de la communication ! »

Si l’équipe a su réagir si vite, c’est aussi qu’elle a su anticiper tout au long de la crise. Dès le printemps, la programmation avait par exemple été entièrement revue en tenant compte des deux contraintes auxquels elle pensait alors devoir faire face : les limitations de jauges et le fait que les frontières, notamment avec le continent africain, seraient sans doute très difficiles à franchir.

« Annuler n’a jamais été une option »

« De ces contraintes, explique Sébastien Lagrave, nous avons fait des opportunités, en travaillant sur l’Afrique d’ici - ce qui nous a permis de découvrir des artistes - et sur de nouvelles formes comme Indépendances Cha Cha ». En septembre, la possibilité de réaliser des live streams a par ailleurs été envisagée, et même anticipée techniquement et financièrement, même si ce n’était alors que pour permettre à plus de personnes d’assister aux concerts. De toute façon, pour le directeur, « annuler n’a jamais été une option ».

« Pour mon équipe, précise-t-il, cela aurait été terrible et, pour les artistes, jouer c’est comme respirer. Les confinements sont particulièrement violents pour eux et viennent anéantir des mois de travail. » Ce que confirme Senny Camara, qui ne pourra finalement sortir qu’un EP plutôt que l’album prévu et qui a pris un coup quand la décision de reconfinement a été prise. « Pouvoir jouer quand même en live, confie la jeune femme, c’est une petite lumière qui brille. C’est toujours mieux que de ne rien faire, même si, sans public, cela va être une première pour moi. Je vais l’imaginer et jouer comme s’il était là.  » Et nous, l’écouter comme si nous étions avec elle.

Crédits photos : Valérie Dorpe.

Edit : Trois dates en salle auront également lieu pour clôturer en beauté l’édition les 16, 17 et 18 décembre au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis (Indépendances Cha Cha Guinée et Sénégal, et l’Orchestre du grand Bamako) et au Centre culturel Houdremont de La Courneuve (L’Afrique enchantée fait son Bal Marmaille).
En savoir plus : https://www.africolor.com/festival-africolor-2020

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