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Etap’ado, un lieu pour les ados qui vont mal

Etap’ado vient de fêter son neuvième anniversaire. Cette structure associative accueille les adolescents qui vont mal. Elle est soutenue par le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Reportage.

Le 23 rue Delizy à Pantin est ouvert à tous les 13-17 ans, ceux en crise qui claquent les portes, comme ceux au passif plus lourd, dont les relations avec l’adulte sont entamées. « Les jeunes ne font pas de prévention pour eux-mêmes. Ils s’en remettent à nous. Venir ici leur demande beaucoup de courage » explique Sophie Modier, directrice et fondatrice d’Etap’ado, une structure gérée par l’association La Sauvegarde.

« Tout adulte qui connaît un ado en difficulté peut nous l’adresser. Ils peuvent débouler de 9 heures à 20 heures sans rendez-vous 7 jours sur 7. Nous ne leur demandons pas de s’adapter à des logiques institutionnelles. Ils ont entre 13 et 17 ans : nous nous adaptons à eux. Nous faisons même du sur-mesure. " Qu’il reste une demi-heure ou trois jours, qu’il ne revienne qu’au bout de trois semaines : C’est lui qui donne le tempo.

Quand un ado vient à Etap’ado, c’est qu’il est au bout. Il lui est impossible de penser tellement il est débordé par des émotions : colère, tristesse, déprime, état suicidaire. Sa pensée est figée. «  Nous lui demandons ce qui l’amène. Nous lui présentons ce qu’il va trouver ici dans ce lieu. Nous entendons ce qu’il peut dire. Après il se pose dans la « grotte  ». C’est eux qui l’ont baptisée ainsi.  » Pour Sophie Modier, les ados sont des petits, ils ont les mêmes besoins : « Ils viennent ici se cacher, s’emmitoufler. N’oublions pas qu’à l’adolescence, les problèmes de l’enfance se rejouent. Ici à Etap’ado on peut permettre cette régression. On choie ce petit enfant pour qu’il puisse à nouveau avoir 6-7 ans et qu’il nous parle. »

Le jour et la nuit

Les techniques habituelles de prise en charge éducative sont souvent basées sur l’entretien, dans un face à face. Ici, au contraire on met en place des médiations artistiques pour permettre l’expression, libérer la pensée, la parole.

Le jour où le gamin déboule, il faut qu’en peu de temps il ait envie de rester. Et qu’il se mette au boulot, se remette en question, accepte d’aller voir la psychomotricienne pour apprendre à respirer, qu’il accepte de se livrer à travers un collage, un écrit.

Ici, c’est d’abord un lieu pour les jeunes. S’il ne reste pas la nuit, il n’y a aucune obligation de voir les parents. S’il reste, cela ne signifie pas qu’il s’agit d’une situation d’urgence. La nuit permet de continuer un travail sur la distanciation. Il se passe des choses complètement différentes de la journée. "La nuit c’est le temps de l’angoisse, de la culpabilité mais aussi de la révélation, de la décision. Il y a même un appartement à Noisy-le-Sec assez grand pour accueillir six jeunes la nuit. A chaque fois que je m’y rends je trouve le lieu apaisant. Les ados sont souvent dans une vocifération. Ici ce sont les mêmes mais ils chuchotent dans la pénombre. C’est étonnant.  »

Coup de main

S’il ne veut pas rentrer chez lui, Etap’ado appelle les parents pour leur demander leur consentement : « Votre gamin est chez nous. Ça ne va pas bien. On a bien compris que c’était compliqué. Ça doit l’être pour vous. On vient vous donner un coup de main. » Les parents sont là le lendemain. La majorité d’entre eux sont en plein désarroi, débordés, parfois ils ont mis leur enfant à la porte. "A partir du moment où on remet du sens, de la parole, on lève des malentendus. Une fois tout ça remis dans l’ordre, les parents et les enfants n’ont qu’une envie c’est de se retrouver. Lorsqu’un gamin reste chez nous le week-end, tout le monde est épuisé : les éducs, le môme, parce qu’ils ont bossé. C’est du 24/24. »

Qui sont ces ados ?

Ils sont âgées de 13 à 17 ans et viennent de Pantin, Aubervilliers, Saint-Denis, le Blanc-Mesnil, Sevran, Montreuil, Noisy-le-Sec Bobigny, Stains ou Bagnolet. Ils sont adressés par l’assistante sociale scolaire de leur collège, de leur lycée ou viennent sur les conseils d’un ami, d’un parent. Ils sont de plus en plus nombreux à venir à Etap’ado (233 en 2014, 260 en 2015 et 295 en 2016). Ils restent en moyenne 2,3 jours et 2,1 nuits. On dit ils, mais on devrait plutôt dire elles car ce sont en majorité des demoiselles (62% de filles).

En savoir plus : www.seine-saint-denis.fr/Etap-Ado.html

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Mercredi 16 novembre, Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a visité la structure et échangé sur le travail de l’équipe d’Etap’ado.

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