Catégories
Seine Saint-Denis
Soutien psychologique

Une cellule d’écoute pour aider les familles endeuillées

De nombreuses familles sont touchées par l’épidémie de Covid-19 et certaines perdent définitivement un proche. Or, les conditions sanitaires strictes qui chamboulent les rites funéraires habituels rendent ce deuil particulièrement cruel. L’équipe du Centre régional du Psychotraumatisme de Paris Nord a créé une cellule d’écoute pour les familles.

Les endeuillés du Covid-19 vivent une expérience très singulière à laquelle personne n’est préparé. Cette situation sanitaire de crise, inédite, présente plusieurs caractéristiques (mort non anticipée, dramatique, vécue à distance, corps inaccessible, rituels funéraires très limités) qui sont susceptibles d’accroître la détresse des familles.

Des spécialistes pour les familles

Tous les ingrédients sont réunis pour que des complications apparaissent. Or on sait que ces complications peuvent être évitées ou atténuées par une prise en charge précoce.
Pour prévenir ces effets et soulager les familles, une cellule d’écoute téléphonique a été créée à l’initiative du Centre Régional du Psychotraumatisme Paris Nord.
Ouverte du lundi au vendredi, de 10h à 17h, cette centrale d’appels s’adresse à toute personne directement endeuillée par le Covid-19, que son proche soit décédé à l’hôpital, en EHPAD ou à domicile et à tout professionnel en difficulté avec une famille endeuillée par le Covid. La langue n’est pas un obstacle grâce à un partenariat avec une société prestataire d’interprètes.
L’équipe est constituée de 25 psychiatres et psychologues cliniciens expérimentés, ayant reçu une formation spécialisée dans la prise en charge des conséquences de catastrophes. Ces professionnels font partie du service de Psychiatrie de l’enfant, de l’adolescent, psychiatrie générale et addictologie des Hôpitaux Universitaires Paris Seine-Saint-Denis (AP-HP) et notamment du Centre Régional du Psychotraumatisme Paris Nord.

De l’écoute avant tout

Le deuil n’est pas une maladie, mais c’est un choc, d’où émerge un chagrin profond et durable, ressemblant par certains points à une dépression. Les endeuillés en sortiront au bout de mois ou d’années, en étant à nouveau capables d’investir affectivement les vivants et des projets. Dans un certain nombre de cas, des complications du deuil peuvent apparaître soit précocement, soit de manière différée. Ce sont des troubles psychiatriques (dépression, trouble anxieux, état maniaque, état de stress post-traumatique, troubles du comportement, conduites addictives), des perturbations du déroulement du deuil, voire des complications somatiques. En dehors de ces situations, qui nécessitent des suivis spécialisés, un endeuillé a surtout besoin d’écoute, pas de jugement, ni de conseils. Le soutien d’un travailleur social face aux démarches administratives et pour l’accès aux droits est également précieux.
Une attention particulière doit être portée aux enfants, selon Thierry Baubet, chef du Service de Psychopathologie de l’enfant, de l’adolescent, psychiatrie générale et addictologie à l’Hôpital Avicenne. "Soyez disponible pour parler avec votre enfant de la personne décédée sans le forcer à le faire, utilisez des mots simples, évitez les mots qui pourraient laisser entendre que le défunt pourrait revenir, comme "parti", "endormi" et maintenez une routine quotidienne, rassurante pour l’enfant.", recommande ce psychiatre, à l’origine de la création de cette cellule de soutien.

Comment joindre la cellule d’écoute ?

• par un téléphone au 01 48 95 59 40 (de 10h à 17h)
• par mail : psychotrauma.avicenne@aphp.fr L’équipe se charge de vous rappeler le lendemain.

Télécharger la plaquette d’information

Télécharger la plaquette d’information en langues étrangères
- Amharique
- Anglais
- Arabe
- Bengali
- Chinois
- Dari
- Hindi
- Ourdou
- Pashto
- Portugais
- Russe
- Tamoul
- Tigrinya

à lire aussi
Lutte contre les discriminations

Le Département mobilisé plus que jamais contre les discriminations

Près de 6 habitants sur 10 en Seine-Saint-Denis disent avoir été victimes de discriminations au cours des 5 dernières années : c’est l’un des nombreux enseignements qui se dégagent d’une enquête, présentée mardi 13 octobre par le Département, lors de sa rencontre annuelle contre les discriminations. Une des actions pour lesquelles le Département vient de se voir doublement labellisé par l’Afnor. Compte-rendu.