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Une campagne téléphonique solidaire pour maintenir le lien

Lundi 6 avril, le Département a lancé une campagne téléphonique solidaire consistant à appeler jusqu’à 50 000 personnes âgées ou vulnérables du territoire pour recenser leurs besoins. 150 agents volontaires du Département ont déjà répondu présents. Témoignages.

« Ca m’a fait très plaisir de recevoir les appels de Mme Bors. Vous savez, je ne manque de rien : j’ai les deux petites voisines du dessus qui me font mes courses ou parfois ce sont des services départementaux. Mais ça me fait plaisir de voir qu’on pense à moi. » Depuis quelques jours, un lien s’est établi entre M.Tandziane*, 86 ans et Madalina Bors, agente au Département de la Seine-Saint-Denis.
Voilà deux jours de suite que cette comptable du service crèches, confinée chez elle coronavirus oblige, appelle le vieux monsieur, habitant en Seine-Saint-Denis, pour prendre de ses nouvelles et s’assurer qu’il ne manque de rien. Des appels réalisés dans le cadre de la campagne téléphonique solidaire, lancée par le Département lundi 6 avril.
Après avoir recensé les personnes les plus à risques et les avoir orientées vers les services sociaux adéquats, le Département a en effet décidé de densifier son aide en sollicitant des volontaires parmis ses agents départementaux. En quelques jours, 150 d’entre eux ont répondu présent, pour appeler quelque 50 000 personnes âgées ou vulnérables, bénéficiaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), ainsi que les bénéficiaires du RSA de plus de 60 ans.
« C’est une manière pour moi d’être solidaire. On se rend compte que ces personnes ont besoin d’entendre quelqu’un, qu’elles sont souvent en demande de lien », témoigne ainsi Madalina Bors, qui fut l’une des premières à s’inscrire. Et cette ancienne auxiliaire puéricultrice d’ajouter aussitôt : « Mais à moi aussi, ça me fait du bien ! Je viens d’un métier de l’humain, et donc ça me fait plaisir de voir qu’on peut rester solidaire, même en ces temps difficiles. »
Ces 150 volontaires, qui en cas de doute peuvent faire appel à une équipe de travailleurs sociaux, ont évidemment une certaine procédure à respecter. « Après chaque appel, on remplit une petite fiche de conversation. Le plus souvent, les personnes appelées sont autonomes ou elles reçoivent déjà de l’aide de la part d’un membre de leur famille. Dans ces cas-là, on se contente d’un rappel des règles sanitaires de base et on leur donne un numéro d’urgence si la situation venait à changer. Mais il arrive aussi que les besoins soient plus importants : des personnes sans solution d’approvisionnement parce que par exemple leur aide ménagère ne vient plus. Dans ce cas, on remplit un formulaire qui va alerter le CCAS voisin (Centre Communal d’Action Sociale) ou le service social départemental. », détaille Madalina Bors, qui depuis lundi 6 avril a effectué une quarantaine d’appels.
Depuis qu’il est en contact avec son nouvel ange gardien, M. Tandziane, dont la santé requiert depuis deux ans d’être sous oxygène, n’en respire pas mieux. Mais il sait au moins qu’il a une personne de plus sur qui compter et une occupation de plus, pour rompre la monotonie de son confinement. « Je coupe volontiers ma télé pour répondre à ces appels. Avec tous les programmes que je regarde... », dit-il d’un ton amusé.

*Le nom a été changé

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