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Sida : indispensable dépistage

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida le 1er décembre, le Centre départemental gratuit d’information de dépistage et de diagnostic des infections par les virus du VIH, des hépatites et des IST (CeGIDD) a organisé une série d’actions à destination de tous les usagers, du 30 novembre au 5 décembre. Le but : informer et inciter au dépistage. Nous l’avons suivi à Bobigny.

Il fallait être courageux pour arpenter les rues de Bobigny dans le froid glacial de ce 1er décembre. Ils étaient pourtant nombreux au rendez-vous, certains dès 9h et jusqu’à 18h, agents du CeGidd ou partenaires associatifs et institutionnels, tous réunis pour la lutte contre le Sida.

« Nous avons organisé cette opération pour participer à la Journée mondiale contre le Sida, explique Audrey Comte, la responsable du centre, pour informer le grand public, encourager les gens à se faire dépister, leur faire connaître notre structure et ce qu’ils peuvent y trouver. Le VIH est aussi une porte d’entrée pour parler des IST (Infections Sexuellement Transmissibles, ndlr) en général, pour avoir un échange plus global. »

Des stands ont pour cela été élevés à la gare routière et sur l’esplanade Jean-Rostand où des agents du centre, de la Protection maternelle et infantile, les bénévoles d’Aides, les Femmes solidaires de Pantin et de Bobigny et bien d’autres encore distillent informations et préservatifs et vont à la rencontre des passants, comme Freddy.

« Le seul moyen de savoir, c’est le dépistage »

« Je travaille à côté et allais manger quand une jeune femme m’a accosté, raconte l’homme. Je ne pensais pas à me faire dépister mais elle m’a sensibilisé sur le sujet et m’a appris des choses que je ne savais pas, notamment sur les hépatites. Nous ne sommes pas à l’abri alors je vais faire un test, juste pour être sûr. » Puis d’ajouter : « Il faut renouveler ce type d’actions. C’est important, et c’est bien de voir aussi que des choses sont faites pour enrayer la maladie. »

C’est en effet d’autant plus important que, comme le souligne Yanncey, « Si les gens continuent de nos jours à être contaminés, c’est parce qu’ils ne se dépistent pas. » « Aujourd’hui, poursuit ce militant d’Aides, les traitements sont très efficaces. De fait, ce ne sont pas des personnes qui ont le Sida dont il faut avoir peur. Elles sont moins dangereuses que des personnes séropositives qui ne le savent pas. 75 % des personnes sont asymptomatiques. Le seul moyen de savoir, c’est le dépistage ! »

Emy, 20 ans, a comme Freddy été sensible à ce discours. Elle n’avait jamais fait de dépistage auparavant et n’a pas vraiment d’inquiétudes mais « s’il y a quelque chose, ajoute-t-elle, j’aurai bien fait ! » Elle s’est donc rendue dans un des deux lieux prévus pour permettre aux gens de se faire dépister tout de suite ce jour-ci : l’immeuble Picasso et le CeGidd.

Une méconnaissance persistante

Là, attendent thé, café et biscuits pour se réchauffer, mais surtout de la documentation, des préservatifs, une exposition et des jeux pédagogiques animés par des agents et bénévoles, pendant que des infirmières et médecins réalisent les entretiens et prélèvements. « J’avais peur que ça soit un examen gynécologique, avoue-t-elle en sortant, mais c’est très simple et on a bien rigolé avec le docteur. »

Les jeunes comme Emy sont assez nombreux. Une communication particulière a en effet été faite en amont en direction de luniversité de Bobigny et différentes classes sont passées durant la journée. Selon Véronique, 17 ans, cela a été « très enrichissant  ». «  J’ai appris des choses sur les souches de Sida, qu’on peut être séropositif sans avoir le Sida, sur les hépatites et les différents modes de transmission, etc. Cela déconstruit des idées. »

À en croire Antoine, interne en médecine au Service départemental de prévention et d’actions sanitaires, « il y a encore beaucoup de méconnaissance sur le sujet, notamment chez les étudiants. D’où l’importance d’une journée comme celle-là ! » Il a d’ailleurs préparé un questionnaire rapide pour tester les connaissances du grand public sur les IST. Son analyse a posteriori permettra d’affiner les futures actions, pour une prévention toujours plus efficace.

Gays et migrants restent les personnes les plus exposées

JPEG - 44.2 koDr François Lassau, médecin référent du CeGIDD
« Le problème est que ce sont souvent ceux qui n’ont pas pris de risques qui font les tests, et ceux qui en ont pris qui ne le font pas. Selon les derniers chiffres publiés, on estime que, parmi le nombre de personnes ignorant leur séropositivité, 40 % sont des HSH [hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes], 40 % des migrants et 20 % des hétérosexuels nés en France. On aurait pu s’attendre à une baisse des nouvelles contaminations chez les homosexuels, mais ce n’est pas le cas, malgré les traitements qui rendent la charge virale indétectable [la personne traitée n’est plus contaminante]. Pour les migrants, agir est plus difficile. Parmi eux, on retrouve pas mal de femmes qui ont subi ou subissent des violences sexuelles avant d’arriver en France ou après. Or, elles ne parlent pas forcément bien le français et le traitement est plus lourd pour les femmes que pour les hommes. C’est donc beaucoup plus difficile à mettre en place. »

Pour en savoir plus sur le dépistage et la prévention en France, lire le bulletin épidémiologique de Santé publique France

Pour trouver un centre de dépistage près de chez vous

Photos Patricia Lecomte

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