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Water-polo Génération jeux Noisy-le-Sec

Raynald Cavaillon-Sicos et Nassim Makes, comme des poissons dans l’eau

A 16 ans, ces joueurs de water-polo formés au Cercle des Nageurs Noiséens, soutenus par le Département, rêvent de Jeux olympiques à la maison en 2024. Une quête de la perfection qui commence déjà à porter ses fruits puisqu’ils pourraient tous deux disputer leurs premiers championnats d’Europe juniors cet été. Portrait croisé.

Comme tous les soirs, ils ont entraînement à la piscine Edouard-Herriot de Noisy-le-Sec. Même si ce soir, c’est un peu différent : en cette fin de saison, les U21 ont rendez-vous pour un match d’entraînement contre la ProA du club, « les grands ». Et alors ? Même pas peur. « C’est sûr que c’est dur, il faut s’accrocher, mais ça va ». Les défis, Raynald Cavaillon et Nassim Makes connaissent.

A 16 ans, ces deux espoirs formés au Cercle des Nageurs Noiséens ont l’habitude de jouer surclassés. C’est même presque leur pain quotidien : avec les U21, ils viennent de terminer 4e du championnat National et avec l’équipe 2 des seniors de Noisy, ils ont même accroché le podium. « Franchement, on ne sent pas forcément qu’on joue contre des plus grands. Parfois, il faut un peu compenser en faisant appel à d’autres qualités – être rapides, malins – mais on arrive à oublier la différence d’âge. »

N’y voyez pas de la suffisance - Makes et Cavaillon n’ont pas le melon - juste de l’ambition et de la détermination. C’est d’ailleurs le mot qui revient le plus souvent dans la bouche de ces deux-là. « Les qualités d’un bon joueur de waterpolo ? La capacité à être concentré et à ne jamais lâcher », estime le placide Raynald Cavaillon. Visiblement, ils sont sur la bonne voie : « Raynald, c’est un ailier gauche, un bon bras, qui va apporter de la vitesse dans le jeu. Nassim, il joue en pointe, c’est le pivot de l’équipe. Ce sont deux jeunes très sérieux qui s’entraînent 6 ou 7 fois par semaine, viennent aussi aux séances de musculation et qui sont bien partis pour intégrer l’équipe A l’année prochaine », détaille Sébastien Viriot, leur entraîneur chez les U21.

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Raynald Cavaillon-Sicos

Ces sacrifices ont visiblement déjà commencé à payer : en mai dernier, Raynald Cavaillon a décroché avec les Bleus la qualification pour les prochains championnats d’Europe juniors, qui auront lieu du 11 au 18 août en Géorgie. Une compétition à laquelle ils sont même trois du club à pouvoir prétendre : Raynald Cavaillon donc, Nassim Makes et Yanis Aït Dahmane. Sachant que Raynald part vraisemblablement avec un temps d’avance : après le tournoi qualificatif, le sélectionneur des U17 Lucas Heurtier lui a même attribué le brassard de capitaine. « Faut croire que j’ai su convaincre », murmure Raynald le timide.

Voilà pour le portrait sportif. Pour le reste, ces deux-là sont juste de jeunes lycéens comme tous les autres. Avec un emploi du temps un peu particulier certes : après leurs cours à Olympe de Gouges- en 1ère STMG pour Raynald, en 1ère économique et sociale pour Nassim – c’est direction la piscine pour un entrainement quotidien. Le water-polo, c’est leur idée fixe, depuis tout petits. « Mon frère Alexandre en a fait avant moi, et comme j’aime être dans l’eau, je m’y suis mis aussi », raconte Raynald, qui taquine le ballon jaune depuis l’âge de 8 ans. « Moi, j’ai eu l’exemple de deux cousins qui ont tous les deux joué en équipe nationale, l’un pour la Tunisie, l’autre pour la France », se souvient Nassim, qui a plongé dans le grand bain au même âge, mais au Cercle nautique de Livry-Gargan, ville dont il est originaire.

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Nassim Makes

Et les Jeux 2024 en Seine-Saint-Denis, dans le nouveau bassin olympique de Saint-Denis ? C’est déjà leur obsession quotidienne. « Ce serait un rêve, les Jeux devant la famille, les amis », se projette Raynald. « Oui, mais faudra aller chercher la médaille », ajoute Nassim, qui sait déjà très bien ce qu’il veut. Pour atteindre leur Graal, ces espoirs bénéficient d’ailleurs du soutien financier du Département. A travers le dispositif Génération Jeux, celui-ci alloue 3000 euros par an à 27 espoirs sportifs du Département pour les aider dans leur route vers les Jeux de Paris 2024. « Au-delà de ça, ce soutien, c’est une reconnaissance pour nous », souffle Nassim, dont le grand modèle en matière de water-polo est un pur produit du club de Noisy-le-Sec : l’international français Mehdi Marzouki. Une référence qu’il s’apprête à affronter d’ici 20 minutes, lors d’une opposition avec l’équipe pro puisque ce joueur formé au CNN y est revenu l’année dernière après avoir écumé certains des plus grands clubs d’Europe. Pourtant, le grand garçon bouclé hésite encore à l’aborder : « J’ose pas trop, c’est quand même un monsieur dans son domaine ». A l’heure de sauter dans le grand bain, sa timidité s’était toutefois dissoute dans l’eau...

Photos : @Sylvain Hitau

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