Catégories
Seine Saint-Denis
Petite enfance Pantin

Quand les couches des bébés se transforment en or végétal...

La crèche Annie-Fratellini à Pantin, labellisée Écolo-crèche en 2020, expérimente depuis mi-janvier de nouvelles couches biodégradables composées à base d’amidon de maïs. La start-up Les Alchimistes, subventionnée par le Plan Rebond du Département, récupère trois fois par semaine les protections usagées qu’elle transforme en compost expérimental dans une friche à proximité.

De leur naissance jusqu’à l’acquisition de la propreté, les petit·e·s Français·e·s consomment chacun en moyenne une tonne de couches, qui finissent incinérées ou enfouies à la décharge. Le Conseil départemental, très attaché à la préservation des ressources, s’est associé à la start-up ilo-dionysienne et une entreprise du Morbihan pour transformer les changes souillés de la crèche Fratellini en terreau naturel. Nos déchets organiques auraient en effet, selon les scientifiques associé·e·s, d’excellentes qualités de fertilisant et pourraient même contenir des métaux précieux.

Une expérimentation plébiscitée par les familles

Le personnel des 55 crèches départementales ne ménage pas ses efforts pour offrir aux bambins un environnement sain et durable. « Nous favorisons une cuisine naturelle, avec du lait bio ou des produits d’entretien écologiques » détaille Daphné Bogo, directrice adjointe de la Direction Enfance et Famille. « Lorsque les Alchimistes et l’entreprise Celluloses de Brocéliande ont proposé aux cadres de notre service d’expérimenter un prototype de change recyclable, nous avons tout de suite sauté sur l’occasion ».
L’entreprise bretonne fournit régulièrement la crèche Fratellini en couches élaborées à partir de matière végétale « et adaptables à toutes les tailles ». Les agent·e·s qui changent fréquemment les bébés jettent les équipements dans des poubelles spécifiques collectées trois fois par semaine par les Alchimistes. « Nous enlevons juste les scratchs qui ne sont pas biodégradables » précise Fatiha Allag, éducatrice de jeunes enfants. L’arrivée des prototypes a été accueillie avec enthousiasme par les parents emballés par leur absence totale de produits toxiques.

Une innovation promise à un bel avenir industriel

La France, qui a la plus forte natalité en Europe, produit tous les ans 3,5 milliards de couches jetables, composées à base de cellulose (fibre issue du bois) et de plastique. Ces équipements, qui favorisent la déforestation, émettent de la dioxine potentiellement cancérigène lorsqu’ils sont brûlés. « Les industriels devront payer dès 2024 une éco-contribution liée à la part de matière non recyclable dans leurs produits » explique Alexandre Guilly, fondateur et président des Alchimistes. « Autant dire qu’ils s’intéressent de très près à notre projet... ».
Cette start-up de Économie Sociale et Solidaire, qui crée habituellement du compost issu des déchets alimentaires, a investi une friche à proximité des cinq crèches pantinoises intégrées au dispositif. « Notre machine sépare la matière végétale de la pulpe organique, laquelle est associée à du broyat pour obtenir un compost » précise Maïween Mollet, directrice des activités de la structure. Le contenu produit est actuellement analysé en laboratoire, afin de garantir son innocuité et inciter les pouvoirs publics à accepter sa commercialisation.

Les entreprises Celluloses de Brocéliande et les Alchimistes espèrent pouvoir mettre les couches compostables sur le marché en 2022 et créer ainsi une nouvelle économie circulaire. Ce projet innovant est soutenu avec force par le Président du Département Stéphane Troussel qui avait également mis une friche de l’Île-Saint-Denis à disposition pour l’expérimentation. Et comme tout se transforme sur terre, les couches des petit·e·s Pantinois·e·s feront bientôt pousser les fleurs de Lil’ô !

JPEG - 318 ko

Crédit-photo : Nicolas Moulard

à lire aussi
Jeux olympiques et paralympiques Aménagement urbain Collèges

Au collège Pierre-Sémard de Drancy, le parti PRISME architectural audacieux des élèves

Dans le cadre de la semaine olympique et paralympique (du 1er au 6 février), le Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de Seine-Saint-Denis (CAUE 93) a invité une classe de 4e du collège Pierre-Sémard de Drancy à imaginer un équipement sportif inclusif inspiré du projet PRISME. Une initiative pilotée en partenariat avec le Département. Reportage.

Citoyenneté Montreuil

A Montreuil, le collège Paul-Éluard déclare sa flamme à la petite reine

Le 1er février, dans le cadre de la semaine olympique et paralympique, un groupe d’élèves du collège Paul-Eluard, à Montreuil, a sillonné la ville à vélo à la découverte des installations sportives. Un projet piloté par leur professeur de français, baptisé « Eluard à vélo » et soutenu financièrement par le Département. Objectif : promouvoir la pratique du vélo.