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Présidentielle : les jeunes interpellent les candidat·e·s

À quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, le Département a souhaité mettre la parole de la jeunesse de Seine-Saint-Denis au cœur du débat. Au terme de plusieurs semaines d’enquête et d’une centaine d’entretiens, 150 citoyen·ne·s de 18 à 30 ans ont pu exprimer leurs préoccupations mercredi 23 mars à Saint-Denis. Récit d’une soirée bouillonnante en présence de Stéphane Troussel.

« Les jeunes veulent changer le monde autour d’eux mais ont le sentiment que les politiques ne s’intéressent pas à eux, à l’image de cette campagne présidentielle où les candidats ont peu parlé de leurs problèmes » s’emporte Nabyl, 23 ans, étudiant à la Sorbonne Paris Nord. Pour comprendre leurs aspirations et « connaître leur point de vue sur notre pays » , le Département a mandaté l’agence de concertation Grand public pour rencontrer une centaine de jeunes du territoire et les laisser s’exprimer de la façon la plus libre possible.

« Clichés injustes sur la Seine-Saint-Denis »

« Nous avons mobilisé des associations du territoire pour déterminer un panel d’une centaine de citoyens représentatifs de la jeunesse du territoire, des filles et des garçons de 18 à 29 ans, de toutes catégories socio-professionnelles » déclare Naïche Davideau, coordinateur de l’agence Grand public. Une dizaine d’enquêteur·rice·s ont sillonné le territoire depuis trois semaines pour leur poser un ensemble de questions et réaliser un film-enquête d’une vingtaine de minutes sur les priorités qu’ils·elles souhaiteraient voir aborder pendant la campagne présidentielle. Lancé en préambule des débats, ce documentaire d’une vingtaine de minutes a permis à Ambra, Wilfried, Noémie, Sidi, Sofia... filmé·e·s dans leur quartier mais présent·e·s lors des débats d’exprimer leur attachement aux « valeurs humanistes et généreuses de la France » tout en interpellant les candidat·e·s sur leurs difficultés quotidiennes. Les jeunes gens interrogé·e·s par le journaliste Laurent Sablic et l’entrepreneure courneuvienne Sarah Ouattara ont également dénoncé « les clichés injustes » diffusés par les médias et « les inégalités » subies par le territoire de la Seine-Saint-Denis.

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« Une niaque incroyable »

Pendant deux heures, les nombreux·euse·s participant·e·s se sont exprimé·e·s avec une certaine fougue sur les questions de pouvoir d’achat, de logement, des difficultés à accéder aux études ou à un emploi et ont aussi fait connaître leur intérêt pour les enjeux écologiques ou l’égalité hommes/femmes.
« On est dragué avant les élections par des politiques qui nous oublient dès qu’ils ont le pouvoir » regrette Floyd-Idris, 21 ans, ouvrier coffreur à Saint-Denis. « On a parfois le sentiment qu’ils ne vivent pas dans le même monde que nous et n’imaginent même pas la galère de ceux qui gagnent un peu plus que le SMIC » . Un sentiment partagé par David, un jeune « crédit manager » excédé par le refus subit de certains employeurs de recruter un salarié originaire de la Seine-Saint-Denis. Lyas et sa compagne Taiba ont de leur côté fait part de leur difficulté à trouver un logement malgré « des revenus de 4000 euros à deux » . Leurs revendications, retransmises en temps réel sur Facebook, ont été reprises et analysées avec attention par plusieurs témoins : la directrice de Ghett’Up, une agence montreuilloise d’empowerment des jeunes des quartiers, le rappeur Sefyu, la présidente d’une association incitant les femmes à s’investir sur les terrains de sport...

« Les jeunes de la Seine-Saint-Denis ont une niaque incroyable, tout simplement parce qu’ils ont l’habitude de se battre deux fois plus que les autres pour le même résultat » résume Sabri, étudiant en sciences politiques et habitant d’Aubervilliers, emballé par l’initiative. Pour que leurs aspirations soient portées dans le débat public, leurs interpellations seront envoyées dans les prochains jours par l’intermédiaire d’une vidéo aux 12 candidat·e·s à l’élection présidentielle. Les réponses obtenues seront publiées dès le 4 avril sur le site du Département.

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Crédit-photo : Patricia Lecomte

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