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Mohamed Hamidi : « J’espère que le Mondial féminin va servir d’accélérateur »

Le réalisateur natif de Bondy a choisi de s’emparer du foot féminin dans sa prochaine comédie, « La belle équipe », programmé pour janvier 2020. A l’occasion de la Coupe du monde de foot féminin qui démarre ce vendredi, il nous parle de son tournage et de l’importance du sport pour promouvoir l’égalité filles-garçons.

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Pourquoi avoir souhaité faire une comédie sur le foot féminin ? J’imagine que « La belle équipe » dénonce des clichés liés au genre ?

« Oui, ça va par là, bien sûr. J’ai six soeurs donc je connais bien l’importance des femmes dans une communauté. L’histoire de « La belle équipe », c’est celle d’un petit club de foot d’un village du Nord de la France, qui se retrouve avec tous ses joueurs suspendus. Il n’y a plus un seul homme dans le village pour remonter une équipe et pour sauver le club, ce sont donc les femmes qui prennent les choses en main, avec tout ce que çela suppose de bouleversements et de crispations aussi : à partir du moment où les femmes s’entraînent, les pères se retrouvent à devoir gérer la famille et ils n’en ont pas l’habitude... »

En toile de fond, il y a aussi la Coupe du monde féminine qui débute ce vendredi...

« J’espère qu’elle va servir d’accélérateur pour le foot féminin. Médiatiquement, les équipes féminines devraient être plus présentes. Les choses bougent depuis quelque temps, avec le premier Ballon d’Or féminin notamment cette année… Mais c’est encore trop lent. Pourtant ça joue vraiment bien. Le tournage m’a fait rencontrer pas mal d’équipes féminines dont celle de Saint-Malo (D2 féminine). Il m’arrive maintenant de regarder des matches de championnat ou de Ligue des Champions féminine. D’ailleurs, dans « La belle équipe », il y a Corine Petit, une ancienne joueuse de l’OL qui a remporté 5 fois cette compétition. »

Le sport, c’est selon vous une bonne école de la vie ?

« Avec l’école, l’endroit le plus important de mon enfance aura été le terrain de foot de ma cité. J’y ai appris beaucoup de choses. On peut dire que le sport, c’était notre premier réseau social… Après, évidemment, il ne faut pas cantonner la jeunesse des quartiers au sport ou à la musique. C’est un moyen parmi d’autres pour se construire. »

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Le RC Saint-Denis s’est maintenu cette saison en Division 2.

Le foot féminin s’est-il vraiment démocratisé en Seine-Saint-Denis par rapport à l’époque où vous étiez jeune ?

« J’ai toujours vu des filles jouer au foot mais il est vrai qu’à l’époque ça grinçait dans les familles et surtout il y avait très peu de clubs. Aujourd’hui les jeunes filles jouent au foot comme elles jouent au basket ou au handball, et c’est très bien comme ça. »

Enfin, pensez-vous que les JO 2024, dont une bonne partie se déroulera en Seine-Saint-Denis, soient une chance pour le département ?

« Oui, je crois vraiment que ça va tracter le département. On voit déjà à quel point de nombreuses choses changent sous l’effet des Jeux : certains quartiers se transforment, de nouveaux transports vont arriver… C’est une énergie positive d’un point de vue économique, et puis l’olympisme c’est fédérateur. Après, il faut veiller à ce que les habitants du 93 y soient associés. Des Jeux qui ne profiteraient pas aux petites entreprises de Seine-Saint-Denis ou aux jeunes, ce serait inacceptable. D’où la nécessité d’un cadre politique fort. On en revient à « Jusqu’ici tout va bien », ma comédie précédente (sortie en février 2019) : au départ, la zone franche, c’est une très bonne idée. Obliger des entreprises à recruter local pour relancer l’emploi, c’est positif. Le problème, c’est que ce concept a beaucoup été détourné. Pour que ça fonctionne, il n’y a qu’une solution : il faut une volonté et un cadre politique forts. »

Propos recueillis par Christophe Lehousse
Crédits photo : ©Sylvain Hitau
©Eric Garault
©Stéphane Vague

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