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Le dépistage : une arme radicale contre le VIH

Trois à quatre cents personnes découvrent encore chaque année leur séropositivité en Seine-Saint-Denis. Pour enrayer l’épidémie et recevoir un traitement qui permettra de vivre en bonne santé, une seule solution : se faire dépister ! Le point avec Agnès Despoisse, responsable du CeGidd départemental, à la veille de la Journée mondiale de lutte contre le Sida du 1er décembre.

Quelle est la situation de notre département par rapport au VIH ?

"La Seine-Saint-Denis reste le deuxième département le plus touché par le VIH après Paris. Environ 28 personnes découvrent leur séropositivité chaque année pour 100 000 habitants. C’est 1,2 fois la moyenne régionale et deux à trois fois plus que la moyenne nationale. Le nombre de découvertes de séropositivité est cependant stable, avec 300 à 400 cas par an.

Les populations les plus concernées sont les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes et les personnes avec des parcours de migration, originaires notamment de pays avec une forte prévalence du VIH. "

Comment faire baisser le nombre de nouvelles contaminations ?

"Le dépistage est fondamental car les traitements actuels permettent d’obtenir une charge virale indétectable, ce qui réduit considérablement le risque de transmission. Quand le dépistage est précoce et que le traitement est démarré immédiatement, l’espérance de vie de la personne contaminée est par ailleurs proche de celle d’une personne non contaminée. Malheureusement, les gens ont toujours peur de se faire dépister, comme si, si on ne se fait pas dépister, on n’est pas séropositif. Il y a toujours beaucoup d’images négatives rattachées au VIH, de maladie honteuse. Cela ne reste pas une IST simple.

Cependant, comme l’a indiqué le rapport de l’épidémiologiste France Lert (*), si 90 % des personnes séropositives sont dépistées, que 90 % d’entre elles reçoivent un traitement par antirétroviraux et que donc 90 % ont une charge virale indétectable, nous arriverons à une probabilité quasi nulle de transmettre le virus. C’est l’objectif du Département : une Seine-Saint-Denis sans Sida en 2030. Il est réalisable mais il doit être travaillé tous les jours."

Concrètement, cela passe par quelles actions ?

"Il faut continuer sans cesse à informer le grand public et les populations les plus à risques sur les moyens de prévention, accroître l’offre de dépistage et mobiliser les professionnels. Depuis 2016, nous avons ainsi fortement développé notre action avec un voire deux médecins présents tous les jours, une nocturne le jeudi, une journée continue le lundi. Nous avons mis en place également des permanences hebdomadaires sur Aulnay-sous-Bois et sur Montfermeil, ainsi qu’au Centre d’accueil, de soins et d’orientation (Caso) de Médecins du Monde à Saint-Denis. Nous développons par ailleurs les actions ponctuelles hors les murs, avec un objectif d’une vingtaine par an."

Plusieurs actions vont d’ailleurs être menées à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le Sida. Pouvez-vous nous les présenter ?

"Le vendredi 30 novembre, de 9 h à 17 h, le CeGidd ouvre ses portes aux professionnels et partenaires (associations, faculté de médecine, écoles d’infirmières, etc.) pour leur faire connaître davantage notre structure. Le lundi 3 décembre, avec nos partenaires (Ikambéré, Bamesso et ses amis, les Femmes Relais de Bobigny, le centre de santé municipal, la PMI départementale, etc.), nous serons ouverts à tous et serons également présents sur le Parvis, entre la gare routière Pablo Picasso et le Centre commercial Bobigny 2. Enfin, le mercredi 5 décembre, nous serons à l’espace Tête à Tête au centre commercial Rosny 2.

Des dépistages seront proposés ?

"Bien sûr. Chacun pourra venir s’informer, poser des questions, découvrir l’exposition sur le préservatif, participer à des animations et se faire dépister, gratuitement et anonymement si la personne le souhaite. Cela prend une demi-heure à 45 min et nécessite une prise de sang. Les résultats sont donnés quelques jours plus tard. Un Test rapide d’orientation diagnostic (Trod) peut également être proposé. Le résultat est alors immédiat mais ne concerne que le VIH (pas les autres IST ou les hépatites) et ne peut détecter une contamination survenue dans les trois derniers mois."

* demandé par le Président du Conseil départemental et rendu en 2017 : https://seinesaintdenis.fr/IMG/pdf/rapport_france_lert.pdf

Vous avez des questions ou souhaitez faire un dépistage du VIH, d’IST ou d’hépatites ?

Rendez-vous le lundi 3 décembre :
- de 9h à 17h au CeGIDD départemental (Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par les virus du VIH, des hépatites et des IST)- 2 Promenade Jean Rostand à Bobigny
- de 10h à 17h : sur le Parvis, entre la gare routière Pablo Picasso et du Centre Commercial Bobigny 2

Rendez-vous mercredi 5 décembre :
de 11h à 17h30 au centre commercial Rosny 2 (sur la place centrale), entrée principale : avenue du Général-de-Gaulle
Une journée de prévention est organisée par l’espace Tête à Tête avec un stand d’information, des animations, des jeux et des séances de dépistage rapides en lien avec le CeGIDD

Vous trouverez toutes les autres possibilités de dépistage dans la rubrique « Faites-vous dépister » du site du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis.

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