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Le centre de vaccination Covid de Bobigny ouvert aux enfants

Le centre départemental de vaccination anti-Covid 19 propose depuis le 22 décembre des créneaux dédiés aux enfants de 5 à 11 ans. Ces rendez-vous adaptés aux horaires des classes primaires se remplissent très vite sur Doctolib face à la nouvelle vague Omicron. Sur le site balbynien, un protocole spécifique a été mis en place pour rassurer les plus jeunes et leurs parents.

Cassandra, 8 ans, originaire de Saint-Ouen a séché ses larmes et affiche un large sourire de soulagement. La vaillante petite fille vient de recevoir ce mercredi matin sa première dose de vaccin anti-Covid sous le regard attentif de sa maman Laura et des infirmières. « J’aime pas les piqûres mais ça a été tellement vite que je n’ai rien senti » annonce-t-elle. « Maintenant, je sais que je n’irai pas à l’hôpital à cause du coronavirus ».

380 enfants vaccinés à ce jour

Depuis son ouverture le 13 décembre, le centre balbynien a effectué 4938 injections et 380 enfants ont reçu leur première dose de vaccin Pfizer pédiatrique (dilué à un tiers de la dose habituelle). Des horaires adaptés à l’emploi du temps des jeunes enfants* ont été réservés le mercredi après midi et en semaine de 16h à 19h. « Le père et la soeur de Cassandra ont attrapé le Covid il y a un mois et je tenais absolument à lui éviter tout risque de formes graves du virus » confie sa mère.
Pansement scotché sur l’avant-bras après la piqûre, la fillette attend les résultats d’un test sérologique réalisé avant la première injection « pour voir si je dois faire la seconde dose plus tard ». Le TROD** effectué au bout de son doigt se révélant négatif, Cassandra reviendra avec sa mère dans trois semaines pour être complètement protégée. Assis à proximité, le petit Emile, à risque car atteint de mucoviscidose fera lui-aussi dans une vingtaine de jours sa seconde piqûre accompagné par son père.

Un accueil adapté aux plus jeunes

« On cherche à rassurer et à détendre le plus possible les enfants en leur expliquant le protocole » déclare Saïda, infirmière. Les quinze professionnel∙le∙s mobilisé∙e∙s (médecins, infirmières, personnel administratif…) ont été mis∙e∙s à disposition par différentes directions du Département avec le renfort des sapeurs pompiers.
Le centre, installé au rez-de-chaussée d’un bâtiment de la collectivité a été mis en place en un temps record après le déménagement de plusieurs services dans les étages supérieurs.
Les 200 créneaux hebdomadaires dédiés aux enfants se remplissent très vite, à la grande satisfaction du Président du Conseil départemental Stéphane Troussel. « On a été l’un des premiers centres en Seine-Saint-Denis et dans le Grand Paris à immuniser les enfants » déclare-t-il. « Nous souhaitons éviter le plus possible leurs hospitalisations et la transmission du virus, en limitant ainsi les fermetures de classes. »

Entre un tiers et la moitié des enfants testés par TROD se révèlent positifs au coronavirus. Leur vaccination, approuvée par la Haute autorité de santé permettra de freiner la barre effrayante des 430 petit∙e∙s patient∙e∙s avec ou sans comorbidité(s) hospitalisé∙e∙s après une infection au Sars-Cov 2. Alors, plus d’hésitation pour les protéger !

*Centre départemental de vaccination anti-Covid
255 avenue Paul Vaillant Couturier à Bobigny (arrêt T1 Jean-Rostand)
Accessible sur rendez-vous sur Doctolib
Créneaux pour les enfants le mercredi de 11h à 19h et le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 16h à 19h

** Les tests sérologiques rapides appelés TROD permettent de savoir si la personne a contacté le coronavirus sans le savoir, en étant asymptomatique.

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Marie Pastor, cheffe du Service de la Prévention et des Actions Sanitaires (SPAS)

68% des parents sont opposés à la vaccination anti-Covid de leurs enfants. Que diriez-vous à un parent hésitant ?
D’abord, je lui conseillerais d’en parler avec un professionnel de santé dans lequel elle a confiance comme son médecin généraliste ou son pédiatre. C’est souvent l’échange avec son médecin qui permet de se rassurer et de faire le pas vers la vaccination.
En Seine-Saint-Denis, les parents connaissent bien le principe de la vaccination, et les taux de vaccination des enfants avec les vaccins classiques sont très bons, grâce notamment au réseau de PMI et à la confiance des parents dans ces professionnels de santé de proximité. On a pris l’habitude de vacciner les enfants contre la tuberculose (BCG), la rougeole, les oreillons etc, et cela a permis de lutter efficacement contre ces maladies, il faut à présent faire la même chose pour la Covid !
On a vu des formes graves de la maladie, y compris chez les enfants, et les vaccins sont efficaces contre les différents variants, c’est pourquoi il est important de se saisir rapidement de cette nouvelle protection pour les enfants, comme la plupart des adultes l’ont fait désormais pour eux-mêmes.

Quelle visibilité avez-vous sur le maintien de ces créneaux dans les prochaines semaines ?
160 créneaux par semaine étaient ouverts dès le 22 décembre et depuis cette semaine, ce sont 200 créneaux hebdomadaires qui sont disponibles. Cette offre sera maintenue dans la durée grâce aux dotations vaccinales de l’ARS et pourrait être renforcée si nous constatons une demande plus importante. Nous allons continuer à proposer des horaires pratiques pour les parents, le soir et le mercredi. Je voudrais remercier les agents qui nous ont permis de monter très vite ce centre et saluer la mobilisation des professionnels médicaux, para-médicaux issus principalement des PMI, du personnel administratif et le soutien de nos partenaires extérieurs.

Le Département va-t-il mettre en place une communication spécifique pour convaincre les familles ?
Nous allons continuer à communiquer largement sur l’importance de la vaccination et l’offre de vaccination de notre centre, en passant par des canaux d’information grand public ou plus ciblés comme les PMI, ou l’Espace Numérique de Travail des collèges… Il y a beaucoup d’inégalités sociales et territoriales de santé en Seine-Saint-Denis et les inégalités d’accès à une informations fiable et adaptée en font partie. Bien communiquer en santé, c’est donc essentiel pour permettre l’accès de tous à la santé, surtout quand on sait que la Seine-Saint-Denis s’apparente à certains endroits à un désert médical et que les habitants ont donc moins la possibilité que d’autres d’échanger avec leurs médecins sur ces enjeux importants. Cela explique sûrement le taux de vaccination Covid inférieur à la moyenne nationale, même si ce pourcentage s’est bien amélioré ces dernières semaines. À nous de faire œuvre de pédagogie pour renverser la tendance.

Crédit-photo : Nicolas Moulard

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