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I wheel share, au service de l’inclusion

Le Département agit pour un « Territoire 100 % inclusif » en finançant notamment le développement de l’application « I Wheel share ». L’objectif : permettre à une personne en situation de handicap de connaître tous les lieux, services, événements accessibles à son handicap dans sa ville.

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« Je suis très heureux que celle qui a initié cette application soit une jeune entrepreneuse In Seine-Saint-Denis, une ambassadrice de notre territoire. Elle participe à une société inclusive qui permet à chacun de pouvoir participer à la vie locale citoyenne » explique Stéphane Troussel, président du Département de la Seine-Saint-Denis le jeudi 6 février à la maison Marianne de Bondy. « Une ville qui a accepté d’expérimenter la démarche de territoire 100% inclusif pour renforcer la citoyenneté des personnes en situation de handicap. » Audrey Sovignet, habitante des Lilas a installé le siège de sa société I wheel share à Montreuil et fait aussi partie du réseau Entreprendre 93. Très impliquée sur le territoire, elle est ravie de présenter aux premiers intéressés son appli, accompagnée de son chien d’aveugle pour lequel elle est famille d’accueil.

« Wilson », est un chatbot gratuit. Contraction de "chatter" et de "robot", l’outil, à la manière d’un interlocuteur normal, permet d’échanger instantanément sur Internet ou directement sur Messenger, la messagerie de Facebook », explique Audrey. « Plus de 300 000 informations d’accessibilité sont centralisées au cœur de l’interface pour offrir les meilleurs bons plans. Si vous avez Messenger, il suffit de marquer I wheel share comme si vous appeliez un ami. »

Le tableau à double entrée Avant/Après projeté au mur est éloquent. Avant I wheel share un seul restaurant accessible aux personnes en situation de handicap était répertorié à Bondy contre 5 aujourd’hui. Aucun lieu culturel contre 19 aujourd’hui. Deux offres sportives contre 33 désormais. Quant à la thématique éducation/enfance, elle offre désormais 43 opportunités. La ville peut aussi compter sur Wilson pour porter à la connaissance de ses administrés ses 32 services accessibles aux personnes en situation de handicap.

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« Il faut que les gens qui sont concernés par ces adaptations, par ces équipements le sachent. insiste Audrey. On n’est pas dans des opérations de communication où on dit ce qu’on a fait, on est dans le quotidien. Des choses sont mises en place mais ne sont pas valorisées. C’est là où on intervient pour accompagner les villes, recenser l’accessibilité de leur bâtiment, mais aussi celui du bâti privé. Créer une base de données où tout va être répertorié, tous les équipements qui vont être installés. C’est ça qui est important. Notre appli va au-delà de l’accessibilité du bâti en cartographiant toutes les actions menées par des associations locales ou nationales. On est tout le temps en veille. C’est un perpétuel work in progress. L’adresse, l’activité, le nom du lieu et à qui il s’adresse. On va répondre à un besoin spécifique en donnant les horaires d’ouverture. On joint toujours un téléphone pour que la personne soit directement en lien avec de l’humain. On est sur de la création de liens. »

Angélique, 37 ans, une Bondynoise qui fait partie de la commission accessibilité handicap de la ville veut se remettre au sport. Celle qui sillonne la ville en fauteuil à 10 km/h pour tester ses trottoirs se souvient que jeune elle faisait du ping-pong, du foot-fauteuil mais depuis qu’elle est adulte plus rien. « Cette appli va peut-être être sympa pour me trouver une activité sportive ! »

« I Wheel share » est testée à Bondy et La Courneuve, les deux villes pilotes.
Cette application cible principalement les personnes en situation de handicap (tous types de handicap) mais également toutes les personnes concernées par des difficultés de mobilité (les parents avec poussette ou encore les voyageurs avec valises, etc.) Elle est également accessible aux non-voyants.
L’application mobilise les usagers, via un groupe d’utilisateurs sur les deux villes pilotes, qui peuvent suggérer des pistes d’amélioration en fonction de leur expérience (expertise d’usage). La contribution des villes, associations, acteurs socio-économiques, etc. à cette expérimentation permet aussi de sensibiliser au handicap et à l’accessibilité universelle et constitue un premier pas vers une société plus inclusive.

Découvrez le portrait d’Audrey Sovignet ambassadrice du In Seine-Saint-Denis sur le site In Seine-Saint-Denis

Avec son plan handicap, le Département soutient aussi l’association Uni-citésqui propose avec son dispositif « Famille en harmonie » des sorties culturelles et des animations aux personnes en situation de handicap. Lucas et Agathe y font leur service civique.

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Lucas 23 ans, service civique à Unis-cité.
« J’ai rencontré une petite qui s’appelle Manelle. Elle a 10 ans. Elle a un handicap, je ne saurais dire lequel... un gros problème à la colonne vertébrale pour lequel elle a été opérée dix fois. Elle est restée alitée deux ans, n’a pas pu aller à l’école. (...) Lorsqu’elle nous a vus, un sourire jusqu’aux oreilles l’a illuminée. Dans ses yeux, on voyait que notre seule présence lui était utile. Lui parler, la faire jouer, lui raconter des histoires. On a pris une feuille de papier, choisi un nom et on essayait de se le faire deviner après se l’être collé sur la tête. Dans notre association Unis-cité, on n’a pas beaucoup de moyens, on se débrouille. On a quelques jeux de société, un Uno. On voyait dans ses yeux qu’elle avait vraiment besoin de gens à qui parler. Maintenant chaque semaine, c’est un plaisir, on reste 3 à 4 heures chez eux. On a rencontré le grand-père, on boit du thé, on est chez nous et ça c’est super agréable. »

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Agathe, 22 ans, service civique à Unis-cité.
« Avec ce service civique, je me sens utile. Ça fait plaisir de changer le quotidien des gens. Cela ne fait que deux semaines qu’on voit Mansour. Il a 30 ans et est en situation de trisomie 21. Au départ, lui ne parlait pas du tout. Sa maman était très émue qu’on vienne, qu’on accepte de passer du temps de notre plein gré et que, pour nous, ce soit important. Il a été isolé très longtemps, il a perdu sa sœur. C’est une histoire triste. Il ne sortait plus du tout. La semaine dernière, on est allé voir « Le syndrome du banc de touche » au théâtre. Il a rigolé, a passé une bonne soirée, il était content. Même s’il ne fait pas de phrases, en deux semaines, il s’exprime beaucoup plus, ne serait-ce que par des sourires... On constate qu’il va déjà mieux. »

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