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Génération Jeux, saison 2

À 5 ans des Jeux olympiques et paralympiques 2024, qui se dérouleront largement sur le territoire de la Seine-Saint-Denis, le Département ne relâche pas ses efforts. Vendredi 22 février, il a présenté la deuxième promotion de son dispositif de soutien financier à 27 espoirs du sport, qui pourraient participer à cette compétition planétaire.

Sur la photo de famille, beaucoup ont les yeux qui brillent. « Ce groupe Génération Jeux, ça fait du bien. Au-delà du soutien financier, ça nous rapproche entre athlètes », constate Ludovic Ouceni, 18 ans et espoir de l’athlétisme au Pierrefitte Multi-Athlon Villetaneuse. « C’est comme une petite famille. Ça nous montre qu’on a tous le même rêve », renchérit Chloé Chomis, pongiste au Saint-Denis Union Sport et 16 ans le jour-même.
Le même rêve : celui de disputer les Jeux olympiques et paralympiques de 2024 à la maison, devant les proches et les amis. Mais voilà, les rêves, ça ne vit pas que d’air pur et d’eau fraîche. Raison pour laquelle le Département a décidé d’accompagner financièrement pour la deuxième année de suite certains de ses talents sportifs sur la route des Jeux. Soit 3000 euros par an pour chaque athlète faisant partie du dispositif.
« Réussir les Jeux, c’est évidemment s’assurer que cette compétition va dynamiser le territoire pour les 30 ans à venir. Mais c’est aussi accompagner les talents de notre territoire », a ainsi souligné le président du Département Stéphane Troussel lors de cette soirée au gymnase Fanara, l’un des lieux d’entraînement du Bagnolet Lutte 93.
Avant de dévoiler donc la deuxième promotion du groupe Génération Jeux. 27 talents sportifs, âgés de 14 à 22 ans (la limite d’âge maximale) le composent, pour 13 sports différents au total : athlétisme, sports de raquettes, sports de combat, mais aussi des sports collectifs comme le waterpolo et le handball ou des sports d’acrobatie comme la gym ou le trampoline... Avec cette année l’intégration de neuf nouveaux venus : Anna Airault, perchiste au Dynamic Aulnay Club, Kristina Nenadovic du CM Aubervilliers cyclisme, ou encore Amandine Schwertz, de l’Accro Tramp Sevran (voir portraits ci-dessous)…
Parmi ces 27, tous n’ont pas la même ambition : certains rêvent déjà d’une participation aux Jeux 2024 quand d’autres ont un appétit encore plus aiguisé. Porte-drapeau de cette Génération 93, Koumba Larroque, vice championne du monde de lutte, affichait ainsi clairement la couleur : « Dans cinq ans, je serai dans la meilleure tranche d’âge pour une lutteuse (25 ans). On sera tous chez nous devant notre public. L’objectif, c’est clairement de devenir championne olympique devant les miens. »

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Pendant que les petits nouveaux faisaient connaissance, les anciens les assuraient déjà d’un retour d’expérience positif. « Entretenir une activité sportive à haut niveau, ça engendre des dépenses, pas toujours simples à couvrir. Là, grâce au coup de pouce du Département, les soins kiné sont pris en charge, certains soins d’équipement aussi, ça nous enlève un poids de l’esprit », témoignait Safiatou Faty, triple sauteuse au CA Montreuil, vice championne de France juniors en 2018.
Devant tant d’enthousiasme, Thierry Rey, champion olympique de judo aux Jeux de 1980 et représentant du Comité olympique Paris 2024 (COJO), retrouvait son âme de compétiteur : « Je suis ravi ce soir de parler un peu moins de budget ou de sites pour m’adresser à de jeunes athlètes. Vous êtes ici parce que vous vous êtes signalés par votre talent et votre travail. Il vous reste 5 ans pour avoir une chance unique : défiler dans le Stade de France ». Message apparemment reçu cinq sur cinq puisque les 27 de la soirée avaient déjà enfilé le bleu de chauffe. En l’occurrence un survêtement « Génération Jeux » siglé au nom de chacun… Mais l’énergie est déjà bel et bien là.

Les 9 nouveaux venus dans le dispositif :

- Anna Airault, 18 ans, perchiste au Dynamic Aulnay Club

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Fière de faire partie de la grande famille du sport de Seine-Saint-Denis, Anna Airault l’est assurément. En témoigne sa présence à la cérémonie du jour, alors même qu’elle participait le lendemain aux championnats de France juniors en salle de Liévin (5e place au final). « Ça fait plaisir que le Département mette en place ce dispositif pour nous aider à atteindre nos objectifs », glisse la jeune perchiste, dont le record culmine à 4m20. La perche, elle y est venue via la gym, comme souvent. « Je venais voir les entraînements de mon frère Martin à Aulnay, un jour j’ai essayé et j’ai tout de suite accroché ». Il faut dire que le Dynamic Aulnay Club a de quoi séduire dans cette discipline, avec comme entraîneure Amandine Homo, triple championne de France… Anna s’entraîne désormais sous la houlette du frère, Sébastien Homo, également coach de la recordwoman de France Ninon Guillon-Romarin. Les Jeux 2024, au stade de France, devant toute sa famille, la jeune Aulnaysienne confie les avoir dans un coin de sa tête. « Mais comme c’est encore loin, je préfère y aller par étapes », dit celle qui a déjà décroché le bronze aux Mondiaux cadettes et souhaite maintenant faire un résultat aux Europe juniors cet été pour sa dernière année dans cette catégorie d’âge.

- Ludovic Ouceni, 18 ans, athlète au Pierrefitte Multi-Athlon Villetaneuse,

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« Les Jeux olympiques de la Jeunesse, c’était magique. Alors des Jeux à la maison, pff... » Ludovic Ouceni en a les yeux qui pétillent. Ce coureur de 800m/400m était l’un des deux chanceux de Seine-Saint-Denis (avec la rugbywoman Lucy Hapulat) à être présent dans la délégation française aux JOJ de Buenos Aires 2018. Et même si ça n’a rien donné sur la piste – blessure au premier tour du 400m – ce garçon posé et réfléchi s’est juré de revivre l’expérience, en grand cette fois. « L’idéal, ce serait une expérience en relais aux Jeux de Tokyo et une participation en individuel aux Jeux de Paris, mon vrai objectif », explique Ludovic. Avec deux titres de champion de France indoor et plein air sur 800m et une médaille de bronze aux Europe cadets sur 400m en 2018, il est en tout cas dans les temps de passage. Il faut dire que le jeune homme, actuellement en terminale STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, ne se ménage pas pour y arriver : cours de 8h à 17h20, puis entraînement au stade de Pierrefitte jusqu’à 20h, voilà une de ses journées types. « Pour l’instant, j’ai fait le choix de ne pas rentrer à l’INSEP. Ca me permet d’être plus proche de ma famille et de mon entraîneur de club, Sory Diaby, qui m’a fait venir à l’athlé quand j’avais 9 ans. On se connaît par cœur ». Ludovic Ouceni, une histoire de fidélité à la Seine-Saint-Denis.

- Nassim Makes et Raynald Cavaillon-Sicos, 16 ans tous les deux, water-polo au CN Noisy-le-Sec

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« Les Jeux à la maison, dans la piscine olympique de Saint-Denis, ce serait quelque chose d’incroyable. » Cette phrase, Nassim Makes et Raynald Cavaillon-Sicos la prononcent quasiment à l’unisson. Ces deux potes du Cercle des Nageurs Noiséens partagent beaucoup de choses : le même club, le même lycée – tous deux sont en 1 ère à Olympe-de-Gouges à Noisy-le-Sec - le maillot de l’équipe de France U19 et bien sûr la même passion pour le water-polo. « J’y joue depuis que j’ai 8 ans. C’est ma mère qui m’a inscrit au départ, à l’époque à Livry-Gargan. », dit Nassim le fonceur, pointe (avant-centre) chez les U21 du CNN.

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Mêmes débuts précoces pour Raynald : « Mon entraîneur de natation à Herriot (la piscine de Noisy-le-Sec) m’a fait découvrir le water-polo quand j’étais tout petit. J’ai tout de suite adoré la mentalité », explique l’ailier gauche. Le jeune Noiséen a d’ailleurs sa petite idée sur ce que pourraient apporter les Jeux au département : « Ça fera beaucoup de bien en termes d’image je pense. Ca montrera par exemple qu’en Seine-Saint-Denis, les jeunes des quartiers ne sont pas condamnés à l’échec, qu’il y en a aussi beaucoup qui réussissent par la force de leur volonté. »


- Fatia Benmessahel, 19 ans, boxeuse au Noble art de Rosny-sous-Bois

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Fatia apprend vite, très vite. Après 3 ans de pratique sur le ring, elle est devenue championne de France et championne d’Europe junior ! Et elle sait ce qu’elle veut : « Faire les Jeux olympiques ! Si possible dès Tokyo, et sûr à Paris en 2024 ! » Pour autant, le chemin est long et difficile. Certes, la tenante du titre, Estelle Mossely, a laissé le champ libre en partant chez les pros, mais du coup, les prétendantes sont nombreuses ! « Il y a beaucoup de boxeuses expérimentées, et seulement trois catégories de poids. Donc beaucoup de concurrence. Ce qui me manque encore, c’est la technique, les automatismes, car j’ai commencé tard. Dommage, c’est ce qui est le plus long à acquérir... Mais je vais travailler encore. » On peut compter sur son sérieux, sur le ring comme dans ses études. Fatia est en deuxième année de préparation à l’école d’ingénieur ESIEE de Noisy-le-Grand. « Ils me soutiennent bien, même si avec les entraînements, les stages, les compétitions, je dois souvent rattraper beaucoup de cours. Ça me tenait à cœur d’intégrer Génération Jeux. Ça prouve qu’on croit en moi. Et l’aide financière est aussi la bienvenue, car mener de front sport et études, cela coûte cher. Maintenant, à moi de mériter cette confiance qu’on m’accorde ! »

- Suleiman Kartoum, 17 ans, Boxing Beats Aubervilliers

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« À huit ans, j’ai commencé par le kick boxing, mais ça ne m’a pas trop plu. J’ai essayé la boxe anglaise à l’AS Bondy et là, c’était comme si le sport m’avait choisi. Tout m’a plu ! » Suleiman s’applique et veut progresser. Alors, il se dirige vers le CSL Aulnay pour trouver plus d’opposition, il y reste cinq ans, gagne ses premiers titres nationaux cadets avant de se tourner vers le Boxing Beats. « Le CSL Aulnay est un bon club, mais il est plus orienté boxe professionnelle qu’amateur. Et ce sont deux boxes différentes.  » Intégré à l’INSEP, Suleiman espère disputer les championnats d’Europe junior. « Pour cela, il faut que je parvienne à convaincre les entraîneurs, lors de différents tournois préparatoires, comme dans 15 jours au Portugal. » Ensuite, pour accéder aux Jeux olympiques, il sait qu’il devra patienter. « Pour Tokyo, ce sera trop tôt. Dans ma catégorie des 64 kg, il y aura Sofiane Oumiha, médaillé d‘argent à Rio et champion du monde, alors ... Sofiane, c’est un modèle pour nous tous. Il m’a dit que j’avais les qualités pour réussir, si je travaille. Ça fait plaisir ! Alors, je vise les Jeux de Paris en 2024. D’ailleurs, être sélectionné pour Génération Jeux, c’est motivant. Ça prouve qu’on croit en nous. Maintenant, à nous de nous bouger pour mériter d’aller aux Jeux ! »

- Amandine Schwertz, 14 ans, trampoline Acro tramp Sevran

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Comment la Grenobloise Amandine s’est-elle retrouvée licenciée à l’Acro tramp de Sevran, à 600 km ? Une histoire d’amitié, de confiance. Celle de son entraineur de père avec Cyril Cloud, directeur sportif sevranais. « Nous nous connaissons depuis plus de trente ans, nous partageons la même vision du sport, nous sommes de la même famille.  » Alors au moment de rejoindre un club à même de permettre à sa championne de fille de progresser vers le plus haut niveau, c’est en toute confiance qu’il s’est tourné vers le club de Seine-Saint-Denis, depuis 50 ans membre de l’élite du trampoline français. Durant l’année scolaire, Amandine demeure à Grenoble, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne voyage pas. Tous les jours à 16 heures, son père la récupère au sortir de l’école, direction Aix-les-Bains, qui dispose d’un équipement adapté aux prouesses acrobatiques d’Amandine. Du coup, 150 km aller et retour, devoirs et dîner dans la voiture. D’où l’importance d’un club accueillant, amical pour se retrouver lors des stages, des compétitions. Déjà vice-championne de France Élite 13-14 ans, Amandine espère bien cette année gagner le titre, participer aux championnats d’Europe et du monde. Elle est sélectionnée pour un tournoi international à Aalsmeer, aux Pays-Bas, le 15 mars. « J’adore les voyages ! Je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de sortir de France durant les vacances, alors les compétitions me permettent de découvrir d’autres pays. On se fait des amis d’autres pays : des Turcs, des Italiens, des Japonais... Et comme ça je travaille mon anglais ! »

- Kristina Nenadovic, 17 ans, CM Aubervilliers cyclisme

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Deux titres de championne de France cadette sur piste, une victoire en coupe de France sur route... Le CS Villetaneuse a bien formé Kristina Nenadovic ! "J’ai commencé le vélo à huit ans, sur les conseils de ma mère qui a été championne de Serbie. Assez rapidement j’ai gagné quelques courses. J’ai bien aimé cette sensation, alors j’ai continué !" Tout simplement. Elle remporte alors des titres jeunes aussi bien sur piste que sur route. " J’aime bien l’ambiance de la piste, on est en groupe, on se parle entre les courses. C’est cool ! Mais j’aime aussi les efforts longs sur la route. Le contre-la-montre surtout, se battre contre le chrono, toute seule. " Grande et solidement bâtie, Kristina a effectivement le physique d’une rouleuse plutôt que celui d’une grimpeuse. Ses capacités n’ont pas échappé aux cadres de la fédération française de cyclisme.
À 17 ans, elle intègre le pôle espoir de Bourges, il lui fallait alors une structure plus grande. « J’ai contacté St Michel Auber 93, leur équipe senior est en division nationale. Et leur maillot est trop beau ! » Kristina aura certainement un peu de mal cette première année. « Les courses cadettes ne dépassent pas les 80 km, là on sera vers les 100... » En tout cas sur piste la vitesse est là, elle vient de gagner une épreuve Next Generation face aux meilleures jeunes européennes. Kristina bénéficie de l’aide du Département Génération Jeux. « C’est génial, ça va soulager un peu ma mère qui m’aide beaucoup. Les J.O. 2024, ce serait super, mais il y a encore beaucoup de travail... »

- Julie Coudert, 20 ans, AC Bobigny Rugby 93

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Elles ne sont encore pas si nombreuses, les filles qui comme Julie ont tenu leurs premiers ballons ovales dès huit ans, à l’école de rugby. Un atout considérable pour maîtriser les gestes techniques de la discipline et briller au plus haut niveau, surtout avec une telle vitesse de course. Cela n’a pas échappé aux sélectionneurs nationaux qui l’ont très vite intégrée dans l’équipe moins de 20 ans et au pôle France, il y a deux ans. C’est à ce moment que Julie Coudert a rejoint les Louves de Bobigny. « À Bobigny, je joue à quinze, comme arrière. Mais en équipe de France, je ne joue qu’à sept. » Un format où la vitesse est primordiale, bien plus que le gabarit, et cela arrange bien Julie, pas vraiment grande... D’ailleurs ce qu’elle aime le moins « c’est la défense, avec mon petit corps, ce n’est pas toujours simple ! » dit-elle dans un grand sourire. « Mais on s’y fait. Le rugby à 7 c’est de toute façon très physique. » Les matches ne durent que deux fois 7 minutes, mais quelle intensité ! « Il faut aimer se faire mal, être forte mentalement pour résister à la fatigue des courses successives. » Julie ne manque pas de détermination, puisqu’en 2018 elle est devenue vice-championne d’Europe à 7, et championne du monde universitaire à 7. « Mon plus beau souvenir, on bat l’Australie en finale ! » Le plus beau reste à venir, Julie rêve de Paris... « Les Jeux olympiques de 2024, c’est l’objectif de ma vie ! Jouer dans une telle compétition, devant ma famille, mes amis, ce serait vraiment énorme ! »

Photos : @Nicolas Moulard

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