Catégories
Seine Saint-Denis
Développement territorial La Courneuve IN Seine-Saint-Denis

Entreprenants et inspirants : les talents qui « design-ent » la Seine-Saint-Denis de demain

LA SEINE-SAINT-DENIS INNOVANTE, ÉPISODE 1 AVEC KDI. Aux quatre coins du 93, ces ambassadeurs et ambassadrices du IN Seine-Saint-Denis inventent de nouveaux matériaux issus du recyclage, créent des solutions innovantes pour des constructions durables. Dont certaines sont déjà à l’œuvre à La Courneuve, sur un ancien site industriel, où le IN les a réunis. Un premier épisode à la rencontre d’acteurs inspirés du territoire qui en appelle d’autres...

« Avec les poutres métalliques qu’on voit là-bas, on peut imaginer de construire une Maison du projet, en utilisant des piliers en acier on pourra créer des pièces de mobilier urbain. En fait, ici, les possibilités sont multiples... » Lorsqu’il scrute l’immensité presque vide des entrepôts de l’ex-site industriel KDI à La Courneuve, cinq hectares du centre-ville où étaient installés jusqu’en 2018 des activités de métallurgie qui seront transformées en un nouveau quartier, Souleimane Midouni a l’œil qui s’allume. Pour « Niveau Zéro Atelier », le collectif d’architectes, de designers et de plasticiens dont il est membre, la déconstruction progressive du site KDI dans les prochains mois sera en effet un vaste terrain de création. C’est même une des missions confiées au jeune atelier installé depuis fin 2021 dans l’ancien pavillon de direction de KDI.

Un lieu de création qui a reçu la visite, le 11 février dernier, du Président du Conseil départemental, Stéphane Troussel, accompagné d’une vingtaine d’ambassadeurs du In Seine-Saint-Denis : designers, entrepreneurs ou créateurs engagés au service de la construction durable et du réemploi. Leur leitmotiv, ce matin-là, « échanger, mieux se connaître, voir ce que font les uns et les autres afin de pourquoi pas travailler un jour ensemble parce qu’on agit tous avec la même démarche écoresponsable et l’envie de le faire en Seine-Saint-Denis. Un territoire en plein développement qu’on a aussi envie de valoriser grâce aux compétences et aux ressources locales », expose Billy Chevallereau, designer et co-fondateur de The French Vikings entreprise spécialisée dans la réalisation d’objets en béton. Une production que la PME d’Aubervilliers assure grâce à une bonne dose de recyclage puisque les déchets de sa production rejoignent les sous-couches de routes.

JPEG - 376.8 ko

La preuve par l’exemple

Un chemin du réemploi et du recyclage qui sera aussi tracé au cœur des opérations de déconstruction de KDI menées sous la direction de l’opérateur d’aménagement Plaine commune développement. Avec pour possibles guides, les créateurs, designers, architectes rassemblés sous la bannière du In Seine-Saint-Denis. « L’idée en vous réunissant ici, explique Stéphane Troussel, c’est de voir comment en nous appuyant sur vos métiers, vos expertises, vous pouvez nous accompagner dans les transformations qui seront à l’œuvre sur ce site. Dans ce lieu qui est un peu un symbole de ce que peut être la ville de demain en termes d’aménagement, d’architecture, d’activités, il y a la matière pour créer avec vous de nouvelles filières économiques autour du recyclage et du réemploi. » La preuve par l’exemple se dresse d’ailleurs sur une partie de l’entrepôt désaffecté de KDI. Sur 1 800 m2 de surface, l’association RéaVie a installé jusqu’à la fin 2022 -lorsque la déconstruction de cette partie du site s’enclenchera- sa plate-forme « Solid-R » de réemploi des matériaux de construction. Pile de bois, chemins de câbles, pavages, plaques de plâtre, sanitaires, portes, fenêtres, luminaires, chaises ou radiateurs provenant de chantiers du BTP évitent ainsi la benne pour être remployées. Une idée née déjà du côté de La Courneuve, en 2016, dans l’esprit d’un habitant de la ville, Mohamed Hamaoui.

Le 93, laboratoire d’innovation

Ce conducteur de travaux dans le bâtiment se lance alors avec l’ambition de faire de la Seine-Saint-Denis « un terrain d’expérimentation capable de démontrer qu’un recyclage des rebuts du bâtiment est possible, avec des créations d’emplois à la clé. » Primé dès 2017 par le premier appel à projets du In Seine-Saint-Denis, RéaVie a tenu son pari initial, employant déjà une douzaine de personnes sur ses trois plates-formes franciliennes. Et ne compte pas s’arrêter là « parce qu’après l’été 2024, on sera déjà sur l’héritage des Jeux Olympiques et qu’une partie des sites devra être déconstruit. Donc, il faudra qu’on soit prêts, argumente Lambert Dauvillier, responsable de la plate-forme Solid-R de La Courneuve, à traiter des quantités astronomiques de matériaux en assumant d’ici-là l’enjeu de prouver aux assurances des futurs maîtres d’ouvrage que nos matériaux peuvent parfaitement être réutilisés à grande échelle. A partir de là, on pourra développer une large filière d’emploi autour du nouveau métier de valoriste. »

Des solutions pour construire l’héritage des Jeux

Un exposé qui parle à Stéphane Troussel, également membre du conseil d’administration de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) de Paris 2024 dont la Charte « enjeux emplois » pose que 25% des marchés des Jeux doivent être accessibles aux TPE-PME et structures ESS du territoire : « Nous construirons des Jeux solidaires et durables grâce aussi à vos projets, aux solutions que vous inventez. Donc, n’hésitez pas à faire appel au Département pour pousser des portes », glisse au passage le président du Conseil Départemental. Des solutions qui sortent, par exemple, tout droit de la besace de Raphaël Brochard, créateur à La Courneuve de PICNIC, « la caravane du 21e siècle, qu’on peut installer avec son petit doigt ! » Des kiosques et des pop-up stores mobiles à destination de grands évènements comme le Tour de France et peut-être bientôt des Jeux de 2024 que l’ambassadeur du In Seine-Saint-Denis a décliné en une maquette en pièces détachées qui lui sert à jouer les VRP : « Nous sommes à la recherche de partenaires sur des matériaux légers et résistants et bien sûr issus de la filière du recyclage. Alors, je suis à votre disposition pour en discuter ! »

Une façon entraînante de créer made In Seine-Saint-Denis qui devrait perdurer. Sur le pas de la porte de son Niveau Zéro Atelier, Souleimen Midouni en est persuadé : « Ce site de KDI, comme les nombreux chantiers du Grand Paris et des Jeux de 2024, font que c’est en Seine-Saint-Denis que s’invente une partie de la ville du futur. Et pour nous, créateurs, designers, entrepreneurs installés dans le 93, c’est un horizon passionnant... »

JPEG - 288.3 ko

Crédit photo : Franck Rondot.

à lire aussi
Économie & Emploi JOP 2024

Les employeurs de la sécurité privée fondent des espoirs sur les Jeux

Les Jeux olympiques et paralympiques se dérouleront à l’été 2024, mais les attributions des marchés publics liés à leur organisation ont déjà commencé : dans le domaine de la sécurité privée, représentée en Seine-Saint-Denis par des acteurs de taille moyenne, on espère pouvoir profiter d’un gâteau dont les dimensions sont évaluées à 20 000 postes d’agents à pourvoir.

RSA Epinay-sur-Seine Formation

Bienvenue à Boutique en Scène, rayon insertion...

A Epinay-sur-Seine, ce nouveau commerce de centre-ville, inauguré le 13 avril, cumule les fonctions : il est à la fois un lieu pour dénicher des cadeaux et une boutique-école pour des néo-entrepreneur·e·s en parcours RSA ou souhaitant tester leur concept avant de se lancer. Soutenue par le Département, la démarche pourrait faire des émules.

Saint-Ouen Formation

Coder pour s’émanciper

Ambassadrice de la marque de territoire In Seine-Saint-Denis, l’entrepreneuse Souad Boutegrabet a fondé en 2020 l’association les Descodeuses. L’objectif : former gratuitement au code informatique les femmes issues des quartiers populaires. Coup de projecteur sur ce projet féministe subventionné par le Département et sur sa charismatique présidente.

Insertion

A Clichy, un menu « best-of » pour l’emploi

Retour sur le Café Contact de l’Emploi qui a eu lieu, le 7 avril dernier, au McDo de Clichy-sous-Bois. Pendant une matinée, plus d’une vingtaine d’entreprises et acteurs de l’insertion sont allées à la rencontre de candidat·e·s potentiel·le·s. Une manière directe de recruter au cœur de la démarche « Bâtissons nos emplois » menée par le Département.