COVID-19 - Le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a pris des mesures préventives pour protéger la population tout en assurant la continuité du service public.
> Vous pouvez nous téléphoner au 01 43 93 93 93 ou utiliser notre formulaire de contact
Retrouvez toutes nos informations disponibles en suivant ce lien
Catégories
Seine Saint-Denis
Hip hop Patrimoine

« En matière de hip-hop, le 93 reste une mine »

Philippe Cadiot, programmateur du café la Pêche, batteur percussionniste, présente aux lecteurs du magazine la scène hip-hop actuelle.

A quoi servez-vous, maintenant qu’avec un peu de matériel, on peut enregistrer des titres seul chez soi ?

C’est vrai qu’avant, pour qui faisait parler de lui, c’était quelqu’un qui montait sur la scène et qui scotchait tout le monde. Maintenant, pour avoir du succès, il n’y a même plus besoin de savoir monter sur un plateau. Les clips, youtube, ça permet une visibilité immédiate.
Mais pour nous aussi, structures culturelles, il est plus facile de faire de la musique. Aujourd’hui, si tu veux enregistrer un titre, tu viens à La Pêche, au Deux pièces cuisines, à Canal 93, tu paye 10 euros et on te sort un CD. Nous organisons trois à quatre fois par an des soirées « open-mic », pendant lesquelles quinze jeunes volontaires peuvent prendre le micro et montrer de quoi ils sont capables. Trois fois par an aussi, on organise des stages « création d’un titre », où on les accompagne de A à Z : on écrit ensemble, on les fait répéter, on les fait monter sur scène.

Et ça permet de devenir une star ?

Beaucoup de jeunes de Montreuil ont commencé par ça, et ont poursuivi tout seul. Par exemple, le groupe « L’uZine », de Montreuil/Romainville, qui travaille désormais produit avec Oxmo Puccino, Assassin. Big Budha Cheez, aussi, est un label qui rassemble pas mal de jeunes passés par La Pêche. Issaba va également bientôt sortir son premier album. Mais ça reste très underground : devenir une star, c’est pas forcément le but. A la Pêche, on leur apprend à maitriser leur business de bout en bout, pour éviter de tomber dans le rap très stéréotypé exigé par les radios, les labels mainstream, bref, à garder leur liberté. Du coup ils sont très attachés à leur indépendance. L’uZine, par exemple, a auto-organisé ses propres concerts au Casino de Paris et à la Maroquinerie.

Et qui sont ceux qui veulent, ou arrivent à sortir de l’ « underground » ?

Le 93 reste une mine : mille et une personnes font mille et une choses plus ou moins bonnes, abouties, diffusées. Le point commun, c’est qu’ils ont un côté street, un peu voyou. Ca reste ça la marque de fabrique du 93. Il y a énormément de gens qui travaillent, et en général, ils arrivent fort sur la piste. Récemment, on a découvert Busta Flex, d’Epinay, Sefyu, d’Aulnay, Kaaris, de Sevran, Sadek de Neuilly-Plaisance. Il y a quelques années, Tandem, à Aubervilliers, à fait un carton. Alibi Montana est de là-bas aussi. En ce moment, il faut suivre Swift Guad et Nakk Mendosa. Il y a aussi Casey, qui est super active, pertinente et remarquable, du Blanc-Mesnil. Avec son pote Sheryo, ils ont créé le label Anfalsch. A Saint-Denis, il y a 2 spee Gonzales, un street rappeur qui fait de la musique dans le métro avec son ghetto blaster. Eux, ils sont au contact des mecs de la rue.

Qu’est-ce que vous nous préparez pour demain ?

On est devant le lycée Jean Jaurès. Ça rappe à fond, dehors, grâce aux nouvelles petites enceintes que les jeunes trimballent. Ils organisent des « battle punchliner », des joutes à capella entre les jeunes rappeurs, puis les diffusent sur les réseaux sociaux : ils ont des centaines de milliers de followers ! Les jeunes ont tous des lyrics à dégaîner, qu’ils se prétendent ou pas rappeurs. Notre rôle, c’est de repérer ceux qui sont vraiment dedans, et de travailler avec eux, c’est une manière d’ouvrir des portes. On les programme, on leur permet de faire la première partie d’un concert. Ce soir par exemple, Ziqui sol fait la première partie de Sole et DJ Pain. C’est un copain à moi qui l’a vu rapper dans la rue à la fête de la musique, qui m’en a parlé. J’ai été voir ce qu’il faisait, j’ai trouvé ça très bon, et hop ! Je l’ai programmé, il va avoir 20 minutes à lui tout seul ce soir sur la scène.

Un documentaire à voir sur la scène rap à Montreuil à consulter ici : http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/montreuil-le-doc-scene-rap-swift-guad/

à lire aussi
Hip hop Musique Danse

Culture hip-hop

La banlieue nord restera-t-elle première en matière de hardcore* ? Le 21 septembre, c’est aux Halles, au cœur de Paris, qu’a été inaugurée La Place, véritable « maison du hip-hop ». Si le Conseil départemental participe au financement du lieu, c’est parce que la Seine-Saint-Denis « est un des départements cruciaux pour le développement du hip-hop », affirme Karim Hammou, auteur de l’ouvrage Une histoire du rap français.

Hip hop

« La Place, une passerelle entre Paris et la banlieue »

Jeudi 22 septembre, Stéphane Troussel a participé aux côtés d’Anne Hidalgo au lancement de la 1ère saison de « La Place » à Paris, située sous la Canopée au Forum des Halles, pour laquelle un partenariat est mis en place entre Paris et la Seine-Saint-Denis.

Hip hop

L’oralité pour liberté

D’de Kabal est un enfant de Bobigny. Né en 1974, il est aux premières loges de la naissance du rap français. Amoureux des mots, il observe et participe à l’aventure en fondant son groupe au tournant des années 1990. Ils l’amèneront ensuite vers le slam, le théâtre... En 2015, le rappeur jongle toujours avec les syllabes et les disciplines.