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Du sport et de la culture pour respirer

Depuis quelques semaines, des ateliers culture et sport ont démarré dans 10 établissements pour personnes âgées. Ce projet, porté par le Département et la FSGT 93, vise à prévenir la perte d’autonomie et à renforcer le lien social à l’issue d’une période particulièrement éprouvante pour les résident·e·s d’EHPAD et leurs personnels. Reportage.

Du judo pour les résident·e·s d’un EHPAD ? Et pourquoi pas ? Roberte, 91 ans, a beaucoup apprécié les petits exercices éducatifs proposés par le Comité départemental de judo, ce jeudi, à la Maison du Laurier Noble de Saint-Denis. « Durant toute ma vie, je n’ai jamais fait de sport. Et pourtant, ce qu’on fait ici me plaît énormément. Comme quoi il n’est jamais trop tard pour commencer… Moralement, on a parfois eu le blues ces derniers temps. Et là, ce genre de séances est très enrichissant. », lance cette ancienne secrétaire d’une usine de pneumatiques, assez enjouée. Martine, 75 ans, y voit aussi une grande aide physique : « Ca m’est très utile, moi qui ai de l’arthrose pour me renforcer musculairement et aussi pour m’apprendre à éviter les chutes. »

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Lancé début avril (on en est à la 3e séance), cet atelier a été proposé à l’établissement dans le cadre d’un parcours ACS (Autonomie Culture Sport) co-financé par le Département et encadré par la Fédération Gymnique et Sportive du Travail 93. Objectif : prévenir à travers ces ateliers une possible perte d’autonomie, cultiver le lien intergénérationnel mais aussi réinsuffler de la vie sociale à des établissements qui auront été fortement marqués par les mesures sanitaires appliquées durant la pandémie (interdiction pendant de longs mois des visites, isolement des résidents dans leur chambre, suppression de toutes les activités en groupe). Ces parcours sont financés dans le cadre de l’appel à projets de la Conférence des Financeurs pour la Prévention de la Perte d’Autonomie.

« Cet atelier tombe à point nommé, dans un contexte émotionnel lié au Covid qui n’a pas été facile, explique ainsi Pascale Leroy, la directrice de la Maison du Laurier Noble. Nos résident·e·s ont été coupé·e·s de toute relation sociale physique pendant la période de confinement, sur injonction de nos autorités de tutelle. Alors, maintenant qu’ils·elles ont tou·te·s été vacciné·e·s, pouvoir participer à ces ateliers leur fait vraiment du bien. On a opté pour la dimension judo parce qu’on avait déjà dans nos murs un éducateur spécialisé qui connaissait les bienfaits du judo taiso-santé (une version sport-santé de cet art martial). »

« Jamais trop tard »

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En binôme avec Mourad Benamer, l’intervenant extérieur du Comité départemental de judo, Pierrick Lefèvre, éducateur APAS (Activité physique adaptée et de Santé) organise donc la séance. Les exercices, qui visent à renforcer la coordination et la souplesse articulaire, se font fréquemment à deux ou à trois, pour le plus grand bonheur des 12 participant·e·s, âgé·e·s de 62 à 90 ans. « Pouvoir organiser ce type d’activités en groupe est un bonheur. Jusqu’à très récemment, les seules activités qu’on pouvait pratiquer était faites dans les chambres ou en visio. Pensez donc si ça les change ! Une demi-heure avant la séance, les participant·e·s sont déjà là ! », fait valoir Pierrick Lefèvre.

Prévoyant de coupler activités sportives et culturelles, ce dispositif concerne 10 établissements en Seine-Saint-Denis (5 EHPAD et 5 résidences autonomie- structures ouvertes à des personnes non dépendantes). A la Maison du Laurier Noble, les résidents passeront en septembre des tatamis aux muses de la création artistique avec l’intervention du collectif Carton plein. Cette structure a prévu de faire appel à plusieurs étudiants d’un Master artistique de Paris-8 sur la base d’un travail inter-générationnel, ainsi qu’à une radio pour une création sonore.

Ailleurs dans le département, la « tête et les jambes » seront cultivées sous d’autres formes : à Saint-Ouen, à l’EHPAD Lumière d’Automne, les résident·e·s seront parmi les premier·e·s à pouvoir se dégourdir les jambes avec le club omnisports de l’USMA et se faire une petite toile avec l’intervention du centre culturel Mains D’Œuvres qui les aidera à produire un petit film d’une quinzaine de minutes. Quant habitant·e·s de la résidence Aline Martin au Bourget, ils·elles pourront s’adonner aux joies de la promenade avec le club des Randonneurs pédestres, tout en se remémorant des souvenirs de voyages en avion ou tout fait ayant trait à l’aviation avec le Musée de l’Air et de l’Espace. Sport et culture, autant de nourritures terrestres.

Christophe Lehousse
Photos : ©Nicolas Moulard

Des ruches pour piquer la curiosité

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Dans un autre Ehpad du département, à la Maison des Glycines du Bourget, on mise sur les abeilles pour stimuler les résident·e·s et faire renaître le lien social mis à mal par le Covid. Deux ruches ont été installées le 17 avril dans cet Ehpad de quelque 90 résident·e·s, en partenariat avec la société de restauration Restonis. « Pour l’instant, l’apiculteur n’est pas encore passé, mais ça suscite déjà des questions de la part de nos résident·e·s. On envisage un temps d’échange avec l’apiculteur lors de son passage, pour qu’ils·elles puissent justement lui poser les questions en direct », explique Florian Catel, directeur d’un établissement qui revit lui aussi, avec des repas à nouveau pris en commun et des visites admises en chambre et non plus simplement en extérieur ou en "parloir". A terme, quand les visites de scolaires seront à nouveau possibles, l’Ehpad envisage même la venue de groupes d’écoliers du Bourget, autour des ruches, pour cultiver le lien inter-générationnel.

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