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Cinébanlieue : une édition 2021 tournée vers l’avenir

En affirmant haut et fort que « Le monde est à nous », l’édition 2021 du festival Cinébanlieue - qui se déroulera du 10 au 18 novembre à Saint-Denis, Aubervilliers, Saint-Ouen et Paris - met plus que jamais en avant les jeunes talents cinématographiques des quartiers populaires. Interview d’Aurélie Cardin, sa directrice.

PNG - 71.3 koCette édition de Cinébanlieue s’intitule « Le monde est à nous ». À quoi cela fait-il référence ?
C’est un clin d’œil au film « Suprêmes » sur NTM et au titre du groupe « Le monde de demain », mais c’est aussi plus largement un hommage aux nouvelles générations. Tout ce qu’ils dénonçaient à l’époque – les violences policières, la place de la jeunesse, etc. - a encore des échos dans le présent. Ces questions deviennent même brûlantes aujourd’hui, comme on le voit dans la programmation. « Les graines que l’on sème » de Nathan Nicholovitch parle par exemple de violences policières contre des lycéens d’Ivry-sur-Seine. Adaptation très libre de Les Passagers du Roissy Express de François Maspero, le très beau « Nous » d’Alice Diop fait se croiser anciennes et nouvelles générations autour de la question : qu’est-ce qui fait société, comment se retrouve-t-on, se connaît-on, se parle-t-on ?

« Suprêmes » est le film qui fera l’ouverture du festival.
Oui, il sera projeté en avant-première et en présence de l’équipe du film au cinéma l’Écran de Saint-Denis le 10 novembre. Nous l’avons choisi car Audrey Estrougo est une réalisatrice que nous suivons depuis très longtemps et que son film est très fort. Sa mise en scène notamment est impressionnante, avec un gros travail sur le son, la lumière. C’est aussi un groupe mythique et qui est dionysien. Nous présenterons en tout 12 longs-métrages, dont 4 ou 5 avant-premières. La clôture aura lieu toujours à Saint-Denis avec « Les promesses », de Thomas Kruithof, avec Isabelle Huppert et Reda Kateb, qui sortira en janvier 2022.

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© Gianni Giardinelli

Pour repérer et mettre le pied à l’étrier à de jeunes talents des quartiers, vous organisez également chaque année une compétition de courts-métrages. Pouvez-vous nous en donner un avant-goût ?
Suite à notre appel à projets, nous avons reçu 500 films, dont 25 seront projetés et une dizaine en compétition. Beaucoup sont très beaux et très forts, comme par exemple « Brave Guédé », un documentaire fictionnel sur une femme de ménage qui retourne en Haïti pour rendre hommage à l’esprit qui l’a aidée à venir en France, ou un film marocain sur la frustration sexuelle réalisé par un jeune homme de Casablanca. Je n’avais jamais vu un film aussi juste sur le sujet. Ce sont tous des films très divers, certains très graphiques jusqu’à des films caméra épaule. Du cinéma comme on l’aime !

L’édition de l’an dernier, annulée pour cause de confinement, en appelait à sauver le cinéma. Est-il sauvé aujourd’hui ?
L’année a vraiment été très très difficile pour le cinéma, et pour la culture en général. Après l’arrêt du premier confinement, les tournages avaient pu reprendre mais c’est tout un secteur qui a été fragilisé. La reprise se fait petit à petit mais la question de savoir si les gens vont retourner en salle se pose toujours. C’est encore trop tôt pour évaluer l’impact précis sur nos modes de consommation.

La montée en puissance des plateformes peut-elle offrir un nouveau débouché, notamment pour les nouvelles générations n’appartenant pas au sérail ?
Elles offrent bien sûr un débouché. Sur Netflix, on a vu par exemple des projets arriver. Une dizaine de séries françaises, comme "Caïd", ont été diffusées, mais cela reste marginal. Deux cent cinquante premiers films sortent par an en France. Ce n’est pas sur les plateformes qu’ils sont. Il n’y a pas non plus de courts-métrages et leurs politiques de diffusion changent tous les six mois. C’est donc très compliqué car la réalisation nécessite un temps long. Seul le cinéma peut accoucher d’œuvres fortes et offrir une grande liberté de création, et seules les salles permettent par ailleurs la rencontre avec les spectateurs. Le cinéma est un lieu culturel mais aussi social et politique ! Or, il est fragilisé. Cela pose beaucoup d’interrogations sur l’avenir...

Informations et programme sur https://www.cinebanlieue.org/

Ils et elles ont filmé l’avenir

Cette année encore, sous l’impulsion de l’association des Amis du Jamel Comedy Club et de Cinébanlieue, des réalisateur·rice·s repéré·e·s par le festival sont allé·e·s à la rencontre des jeunes générations dans les quartiers, et notamment à Aulnay-sous-Bois, Gagny et Saint-Denis. Le résultat : 83 films de une à trois minutes montrant qu’un autre monde est possible, dont une trentaine à voir sur https://www.france.tv/slash/filme-l-avenir/

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