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Charles-Antoine Kouakou, un garçon en or

A seulement 23 ans et pour ses tout premiers Jeux, Charles-Antoine Kouakou a été sacré champion paralympique du 400m T20 à Tokyo, mardi 31 août. Membre de l’association « Sport Toi Bien 93 », à destination de personnes ayant des déficiences mentales ou psychiques, cet athlète fait la fierté de son ESAT du Bourget-Drancy, où il travaille à mi-temps comme jardinier.

« Ce qu’il a fait, c’est grandiose. Ici, on espérait secrètement un podium, mais le titre paralympique, waouh... » Alexis Champin, coordinateur de Sport Toi Bien 93, association sportive dédiée au sport adapté, c’est-à-dire aux personnes ayant une déficience mentale ou psychique, en a encore la voix tout éraillée. Ce mardi, en même temps que 70 travailleurs de l’ESAT du Bourget, il a poussé de toute sa voix l’athlète de Drancy vers la victoire.
Pour la série comme pour la finale du 400m sport adapté, un écran géant avait été installé dans cet Etablissement d’inclusion par le travail où Charles Antoine officie depuis maintenant 4 ans comme jardinier.
Et la magie a opéré : sous la pluie de Tokyo, la jeune pousse de 23 ans, a damé le pion à tous les favoris, pour sa toute première participation aux Jeux. Après un départ prudent, il a fini plus fort que tout le monde, battant au passage d’une seconde son record personnel (47’’63 désormais, contre 48’’64 auparavant).
« C’est formidable. Franchement, ça fait partie de mes grands moments d’entraîneur. Les résultats qu’on a eus avec les relais 4x100 par le passé étaient déjà forts, mais là, c’est l’or olympique. C’est encore une autre dimension... », soufflait Vincent Clarico de l’autre côté de la terre, à Tokyo, d’où l’entraîneur d’Antony Athlétisme 92 aura vécu en direct la performance de son poulain. Détecté par Sport Toi Bien 93, association dont il est du reste toujours licencié, Charles-Antoine avait en effet ensuite été adressé à l’ancien sprinter international pour continuer sa progression.

Confiance en soi

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Si le jeune sprinter n’avait plus rien à prouver sur 200m – il a établi le record du monde en mai (21’’89), il lui restait en revanche à tenir la distance sur 400m, distance au programme des Jeux en sport adapté. « On a travaillé les aspects de fin de course, mais sans en faire non plus une idée fixe, détaillait Vincent Clarico. C’était un cadre beaucoup plus global : il fallait que Charles-Antoine se sente bien, car au final la confiance en soi se répercute aussi sur la piste », poursuit celui qui aura accueilli l’athlète handisport dans son groupe de haut niveau.
Finalement, le moins chamboulé par son titre, c’était encore Charles-Antoine lui-même : « Je suis satisfait parce que ça s’est bien passé. Je n’étais pas stressé et je trouve que j’ai progressé en vitesse dans la dernière ligne droite. Maintenant, il faut continuer à bien travailler pour Paris 2024. », confiait ce fan de foot qui rêve de fouler la piste du Stade de France dans 3 ans et est d’ailleurs soutenu dans cette perspective par le dispositif départemental Génération Jeux. « Du Charles-Antoine dans le texte », plaisantait Alexis Champin, habitué au côté très « terre à terre » du jeune homme.

Jardinier à temps partiel

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Vincent Clarico aux côtés de son athlète Charles-Antoine Kouakou

La conquête de cet or paralympique ne s’est pourtant pas faite en un claquement de doigts. Dix ans séparent les débuts sportifs du Drancéen de son Graal paralympique : après avoir débuté l’athlétisme à 13 ans, au départ par pur plaisir, sur les conseils d’une éducatrice spécialisée de son Institut Médico-Educatif de Ladoucette, Charles-Antoine est ensuite progressivement entré dans une démarche de haut niveau. « Je me souviens de l’avoir découvert aux championnats de France jeunes à Saint-Denis il y a 4 ans et je m’étais déjà dit qu’il était beau à voir courir, explique l’entraîneur fédéral Frédéric Drieu. Mais le faire éclore au plus haut niveau a mobilisé le travail de tout une équipe. »
Un aménagement de son temps de travail à l’ESAT lui a ainsi permis de se focaliser sur sa pratique de haut niveau. Quatre après-midi par semaine, Charles-Antoine quittait ainsi ses collègues de l’ESAT du Bourget pour se rendre à Antony pour un entraînement spécifique, avant de rentrer chez lui Porte de Vanves. « Cette organisation l’a non seulement fait progresser sportivement, mais lui a donné beaucoup d’autonomie », estimait ainsi Jean-Michel Turlik, directeur de l’ESAT des Muguets. Avant de conclure : « Le parcours de Charles-Antoine, c’est vraiment la preuve que quand on permet à une personne, quelle qu’elle soit, de s’épanouir à travers le sport, la musique ou tout autre chose, il y a des résultats. Pas toujours aussi spectaculaires peut-être que pour Charles-Antoine, mais des résultats à coup sûr... »
Le 6 septembre, le héros de Drancy doit rentrer du pays du Soleil Levant. Il est probable qu’aux Muguets, on l’attende avec une couronne de lauriers…

Christophe Lehousse
Photos :© L.Percival/France Paralympique
©Vincent Clarico

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