COVID-19 - Le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a pris des mesures préventives pour protéger la population tout en assurant la continuité du service public.
> Vous pouvez nous téléphoner au 01 43 93 93 93 ou utiliser notre formulaire de contact
Retrouvez toutes nos informations disponibles en suivant ce lien
Catégories
Seine Saint-Denis
Cinéma Bobigny

Chad Chenouga, regard intime sur une jeunesse tourmentée

A l’occasion de l’ouverture de la 27e édition du festival Bande(s) à part à Bobigny, le réalisateur Chad Chenouga est venu présenter son nouveau film « De toutes mes forces ». Une œuvre intime et poignante qui parle de la jeunesse avec une grande justesse.

De toutes mes forces a pour point de départ votre histoire personnelle…

« Comme le personnage principal, j’ai perdu ma mère quand j’étais ado, J’étais parisien et je me suis retrouvé placé en banlieue dans un endroit où je n’avais pas envie d’être. La trajectoire du personnage qui au début refuse les autres et s’enferme lui-même du fait de sa solitude, de sa souffrance, et qui va vers une forme d’ouverture, c’est donc quelque chose qui me parle. Je suis resté ami avec mon ancien éducateur référent, c’est lui qui m’a permis de mettre en place des ateliers d’improvisation avec des jeunes dans un foyer près d’Orléans pour le film, puis ensuite j’en ai fait d’autres en région parisienne. Je parlais avec eux, non pas de leur histoire personnelle mais on échangeait sur tout et rien, je voyais leurs natures, leur énergie. Et puis à côté de ça j’en profitais pour observer comment ça se passait aujourd’hui au sein des structures, je parlais avec les éducateurs, les directeurs ou directrices, pour essayer de trouver une forme de justesse. »

Votre film parle du deuil, mais aussi des frontières entre deux milieux qui sont parfois mentales, intégrées et finalement qui peuvent se franchir…

« Complètement. Quand t’es jeune, t’as envie de ressembler aux autres, d’avoir une vie normale. C’est pour ça peut-être que le héros a encore plus envie d’être à Paris quand il en est exclu. Puis il découvre qu’il peut s’accepter, que finalement tout ça n’est pas si grave, et qu’il a une certaine forme de valeur malgré tout. Que lui, comme les autres qu’il apprend à connaître, ont le droit d’avoir leur place. »

Comment s’est passé le casting ?

« J’ai absolument voulu faire un casting sauvage. Rencontrer plein de jeunes, en l’occurrence pas mal en banlieue mais aussi des Parisiens. Parmi les Parisiens, il y a deux jeunes acteurs professionnels, mais sinon Alexia [Quesnel] qui incarne Eva n’avait jamais joué, l’acteur principal Khaled [Alouach] non plus, et les jeunes du foyer pour la plupart sont du 93 : le danseur qui s’appelle Daouda [Keïta], Sabri [Nouiaoua] qui fait le personnage de Ryan et puis Aboudou [Sacko] qui fait Brahim et Myriam [Mansouri] qui incarne Mina aussi... Je leur ai fait passer des essais, j’ai fait des groupes, je les ai fait se rencontrer, on a organisé un atelier assez long où ils ont eu le temps de sympathiser, et ça pendant plusieurs mois. C’est ce qui fait que le groupe existe bien dans le film. »

Qu’est-ce qui est différent quand on tourne avec des jeunes, et des non-professionnels ?

« J’ai utilisé ce qu’ils étaient eux, en fonction d’un panel que j’imaginais et que j’ai un peu modifié au fil des rencontres. Avant, on a débroussaillé pendant les ateliers, il y avait une caméra pour qu’ils soient à l’aise, qu’ils soient libres dans le cadre. Ensuite ils répètent, tu les diriges, tu parles à tous, tu vois quand ça marche, quand il y a une alchimie de groupe. C’est un peu à l’instinct, mais parfois t’es obligé de faire de l’autorité. Mais je devais aller chercher dans le réel, notamment sur leur langage. Pendant l’atelier assez long avec eux, j’ai réécrit des dialogues, et il y avait des allers retours, je changeais des choses. »

Vous venez présenter le film à Bobigny dans le cadre du festival Bande(s) à part, pour vous c’est important que votre film soit vu par des jeunes ?

« Oui, souvent le jeune public est considéré comme secondaire. C’est intéressant de voir comment des jeunes qui verront le film notamment dans le 93, peuvent éventuellement se reconnaître dans ces personnages, ou en tout cas les sentir. Et il ne s’agit pas de véhiculer des clichés. Quand tu vas voir des adolescents, c’est juste des jeunes, entre eux, ils sont timides ou ils sont virulents mais ils sont comme ils sont, leur origine n’est pas forcément déterminante. »
JPEG - 55.1 ko
- Le festival Bande(s)à part a lieu du 14 mars au 22 mars au Magic Cinéma de Bobigny
 : http://www.magic-cinema.fr/wp-content/uploads/2013/11/BANDESaPART_programme_DEF_BD.pdf

à lire aussi
Bande dessinée

Albert Uderzo, dernier banquet

Albert Uderzo, créateur entre autres d’Astérix avec son acolyte René Goscinny, est mort ce mardi à 92 ans. Ce dessinateur de génie avait un lien fort à la Seine-Saint-Denis : après avoir grandi à Clichy-sous-Bois, c’est dans un HLM de Bobigny que lui et Goscinny avaient commencé à donner naissance à l’irréductible Gaulois. Voici l’article que nous lui avions consacré en septembre 2019, à l’occasion des 60 ans de la naissance d’Astérix.

Ateliers et cours Parcs départementaux Patrimoine

« La poudrerie, un patrimoine qui cartonne » : acte 1 !

Cinq rendez-vous devaient se succéder. L’épidémie de coronavirus et les mesures de confinement en auront cependant décidé autrement. Samedi 14 mars, au parc départemental de la Poudrerie, s’est donc tenu l’unique atelier de préparation au projet artistique participatif d’Olivier Grossetête. Malgré le contexte et une météo peu avenante, ils étaient une petite trentaine de personnes à y prendre part, pour imaginer et réinventer ensemble le bâtiment de la cartoucherie. Reportage.

Théâtre

Bezace, le communard

Didier Bezace, metteur en scène et directeur du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers, centre dramatique national, est décédé mercredi 11 mars 2020. Ardent défenseur d’un théâtre de qualité accessible à toutes et à tous, plusieurs fois récompensé par un Molière, nous l’avions suivi en 2009 toute une journée alors qu’il jouait "Après la répétition" d’Ingmar Bergman. Voici le reportage tel qu’il est paru alors dans le magazine départemental de novembre 2009.

Radio Pantin Aubervilliers

Le son au coeur de la Cité

« La Cassette » devrait commencer à tourner au second semestre 2020. Aux confins d’Aubervilliers et de Pantin, ce nouveau « tiers-lieu » imaginé par des amoureux de la radio est dédié à la création sonore. Il abritera la jeune école de radio du collectif « Transmission », gratuite et ouverte à tous.

Services, aides
& démarches

Accessibilité des équipements culturels

Un guide valorisant la diversité de l'offre culturelle en Seine-Saint-Denis et favorisant l'accès et la participation des personnes handicapées à la vie culturelle et sociale.