Issu d’une série baptisée Scar Tissue (Tissu de cicatrices) et inspiré par Hôsôtan de Tatsumi Hijikata (1972), considéré comme le créateur du butō, le solo d’Azu Minami puise comme son prédécesseur dans les forces obscures et les blessures pour faire naître une danse où le corps est à la fois porteur d’une mémoire collective et de douleurs individuelles. « À travers la surface interne des cris déchirants de nos corps, nous serons sublimés par la danse.  » dit la chorégraphe.

La pièce est en effet née du tsunami qui a ravagé le Japon en 2011, et de la manière dont il est entré en résonance avec des cicatrices issues d’opération qu’Azu Minami a subi enfant.

Dans la pénombre, des scratchs sonores, puis un fragment de corps, vêtu d’un slip blanc. Les mouvements sont lents, on entend des sons lointains et une respiration, une musique ténue et des scratchs, toujours. La tonalité est donnée : dans Earth Bound, le corps se devine plus qu’il ne se voit, happé par l’obscurité, dévoilé de manière fragmentaire par la lumière, et dont le visage échappe obstinément. Tel un oiseau, il semble vouloir partir et prendre son élan, mais reste collé au sol, réduit à la stridence de cris fantomatiques tandis que la musique renvoie à un univers fantastique, peuplé de présences étranges.

Puis, la pièce change soudain de tonalité : le corps s’agite, se convulse, le son augmente, les mouvements se font rapides, l’interprète semble aux prises avec un ennemi. Une musique pop-rock éclate. Le corps se roule au sol, pris entre une volonté de fuite et une énergie ravageuse.

Azu Minami invite ainsi à un solo qui fait surgir des images mystérieuses et puissantes, d’une grande force poétique.

 Quand : Le Jeudi 8 juin à 20h et le Vendredi 9 juin à 20h
  : La Dynamo de Banlieues Bleues : 9 Rue Gabrielle Josserand, 93500 Pantin
 Tél : 01 49 22 10 10
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