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A Aubervilliers, lumières sur le campus Condorcet

Depuis cette rentrée scolaire, le campus Condorcet, à terme plus grand pôle universitaire dédié aux sciences humaines et sociales en Europe, a ouvert ses portes à Aubervilliers. Tour d’horizon à l’occasion de l’inauguration des lieux, qui s’est déroulée mardi 8 octobre.

A travers la baie vitrée, on voit travailler un groupe d’étudiants, concentrés. La salle 15 du Bâtiment de recherche sud accueille ce matin un cours de sociologie politique des sociétés latino-américaines, dans le cadre du cursus de l’université Paris-3.
C’est qu’ils sont déjà 4 000 étudiants à suivre leurs cours sur le site d’Aubervilliers, en cette première rentrée 2019. A terme, ils seront même 12 000 en ajoutant à cet emplacement celui de Porte de la Chapelle qui ouvrira lui de l’autre côté du périphérique à l’horizon 2023. Ce qui fera du Campus Condorcet le plus grand pôle de sciences humaines et sociales en Europe, que ses membres-fondateurs – les principales universités franciliennes mais aussi des instituts de recherche - veulent désormais positionner sur la scène internationale.
Portée principalement par l’État et la Région Ile-de-France pour ce qui est du financement du bâti, la nouvelle structure a de grandes ambitions : « privilégier l’interdisciplinarité pour stimuler la recherche, répondre aux grands enjeux du monde contemporain et contribuer à la transformation des territoires qui l’accueillent », résume en ce matin de conférence de presse Jean-Marc Bonnisseau, président du Campus Condorcet.

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Interdisciplinaire, le lieu devrait en effet l’être avec les 11 établissements universitaires et de recherche qui le composent, parmi lesquels l’Ecole des hautes études en sciences sociales, l’Ecole pratique des hautes études ou le CNRS. Sur ces 11-là, ils sont déjà nombreux à avoir passé le périphérique pour venir s’installer dans leur nouveau chez-eux, mettant ainsi en pratique un Grand Paris qui reste parfois bien abstrait. Dans cette symphonie des savoirs humanistes, on notera aussi la présence des deux universités de Seine-Saint-Denis : Paris-8 et Paris-13.

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En cheminant dans les pas de David Bérinque, directeur général du Campus et préposé à la visite de presse, on peut en tout cas se rendre compte de la transformation totale des lieux : ancien terrain d’entrepôts, cette partie sud de la Plaine Saint-Denis est désormais jalonnée de 11 bâtiments distincts, dont la bibliothèque, encore en cours de construction. D’ici début 2021, date de son ouverture, ce « Grand Equipement Documentaire » proposera à la consultation 1 million de documents, dont 80 % en accès direct. Là encore, le même principe prévaudra que partout ailleurs : le hall sera ouvert à tous, les riverains devant juste motiver leurs recherches pour avoir accès aux collections.

Mise en oeuvre concrète du Grand Paris

Et les principaux concernés, qu’en disent-ils ? Rencontrés au pied de leur salle de cours, Kevin et Oriane, en master de psychologie et anciennement domiciliés à Paris 13-Villetaneuse, s’estiment satisfaits de leurs premières semaines de cours. « Les bâtiments sont modernes et lumineux, avec pas mal de vues sur l’extérieur. C’est bien desservi par le métro et les salles de cours sont de plain-pied, ce qui renforce l’effet d’ouverture », juge Oriane. Les premières impressions sont beaucoup plus mitigées pour Nicolas, étudiant à l’Institut de hautes études de l’Amérique latine, dubitatif sur la volonté du Campus de s’ouvrir au territoire. « On a un peu l’impression d’un lieu hors-sol et on ne ressent pas trop l’envie de la part des responsables de tisser des liens avec le territoire. Quant à la fluidité interne, elle est là aussi très relative puisque seules les salles de cours sont en libre accès. Les unités de recherche, situées à l’étage, ne sont accessibles qu’en badgeant. »
Pris à partie à ce sujet lors de la conférence de presse, Jean-Marc Bonnisseau, mathématicien de formation, restait d’un calme très philosophe : « Je pense au contraire que ce campus a été conçu comme un campus ouvert : tous les rez-de-chaussée sont accessibles à qui que ce soit. Et la volonté d’établir des liens avec le territoire, bien réelle. »
Ces passerelles sont certes encore balbutiantes, mais bien existantes : avant même son arrivée physique sur les lieux, l’INED (Institut national d’études démographiques) a ainsi mis en place un séminaire itinérant avec le lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers, et depuis 8 ans déjà, le Campus anime un cycle de conférences dans différents lieux culturels et avec le lycée voisin Le Corbusier. Autre preuve de la bonne volonté de la nouvelle institution : 40 étudiants sélectionnés par l’association Article 1 au titre des projets d’impact social qu’ils ont pour le territoire vont prochainement intégrer une des deux résidences étudiantes du campus.

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Des échanges qui, de l’avis de tous les acteurs du Campus, doivent fonctionner dans les deux sens. Bons connaisseurs de territoire, Paris-8 et Paris-13 n’étaient ainsi pas parmi les derniers à inciter à gommer définitivement les barrières entre Paris et sa banlieue et à sensibiliser à la richesse culturelle de la Seine-Saint-Denis. « On parle de la nécessité de mettre en place des projets internationaux... J’invite donc Paris-Condorcet à s’appuyer sur le métissage bien concret de la Seine-Saint-Denis à l’heure de lancer ces projets, de manière à ce que l’international résonne avec le local. En tout cas, c’est la manière dont Paris-8 a toujours procédé », faisait ainsi remarquer Annick Allaigre, présidente de Paris-8 Saint-Denis.
Michel Wieworka, président de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme qui a déjà lancé le projet bien salutaire d’une plateforme internationale sur les problèmes de racisme et d’antisémitisme, donnait lui rendez-vous dans quelques années : « On pourra alors répondre à cette question : le campus Condorcet est-il une réussite scientifique collective ou juste une juxtaposition d’unités de recherche ? » Et volontariste, il poursuivait : « il faut tout mettre en œuvre pour que ce soit la première option.  » Rendez-vous est pris.

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