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Stéven Le Hyaric, au bout de ses rêves

De début mars à mi-mai, cet ancien coureur cycliste, qui a grandi à La Courneuve, a accompli une odyssée invraisemblable : traverser l’Himalaya népalais à vélo en moins de 60 jours. A peine de retour, il souhaite déjà repartir, avec cette fois de jeunes Courneuviens sur son porte-bagages. Portrait.

Etonnamment, il n’est pas venu à vélo. « Je viens en voisin. Une partie de ma famille vit juste à côté », lâche Stéven Le Hyaric, tout en s’asseyant à la table de ce café de La Courneuve. Sur les images de son exploit, on s’est tellement habitué à le voir chevaucher son vélo ou se le coltiner sur le dos que le voir sans sa petite reine nous fait tout drôle. L’intéressé confirme d’ailleurs : « Le vélo, c’est ma vie. Il m’a appris plein de choses : il m’a détruit plein de fois, mais il m’a surtout aidé à me construire. Pour moi, il est synonyme de liberté : le monde vous est ouvert avec un vélo. C’est pour ça qu’à l’heure de m’embarquer dans ce projet, je ne pouvais le concevoir sans vélo. »

Ce projet, c’est « Rêves d’Himalaya ». Un rêve un peu fou : 2 000 kilomètres à travers l’Himalaya népalais, le long du Great Himalaya Trail, la trace la plus haute au monde. Soit 90 000 m de dénivelé positif avec 20 cols à plus de 5000 m à franchir. Et tout cela donc à vélo : sur les sentiers ou sur l’épaule, façon cyclo-cross, quand le dos du dragon ne tolérait plus ce moustique intempestif.
Un trace que Stéven Hyaric aura finalement mis 51 jours à parcourir. « Là où à pied, il en faut à peu près 170... », souffle-t-il. Mais le record n’était pas la partie prépondérante dans cette entreprise. Pour cet amateur de développement personnel, il s’agissait plutôt de se trouver soi-même en allant vers les autres, d’ « aller au bout de mes rêves » comme il le répète plusieurs fois. « Je me suis fait très mal, il me faudra sans doute une année au total pour récupérer, mais ça valait le coup, estime-t-il aujourd’hui : j’ai croisé des personnes remarquables et vu des paysages à couper le souffle ». « J’ai aussi appris à ne pas tenter de gagner la course qu’il m’aurait été impossible de gagner contre la montagne et surtout contre moi-même », écrit-il encore sur ses réseaux sociaux.

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Comment Stéven Le Hyaric en est-il arrivé à se lancer dans ce mélange d’odyssée et de quête spirituelle ? Le chemin qui mène à cette aventure est sinueux comme un sentier népalais. Homme de défis, le jeune Stéven a d’abord cru trouver sa voie dans le cyclisme professionnel. Passé par une sport-études de Flers, dans l’Orne, après son collège à La Courneuve et son lycée à Aubervilliers, le jeune homme croit accéder une première fois au Graal en passant cycliste Elite au sein du CC Nogent-sur-Oise. « Je suis content d’avoir connu ça, mais je pense que je n’étais pas dans mon projet de vie. Je suis plus heureux aujourd’hui en allant vers les autres et vers d’autres cultures », juge-t-il avec le recul, à 32 ans.

La révélation lui est venue il y a deux ans après un premier voyage à but humanitaire au Népal : « presque pour la première fois, j’étais bien, apaisé », explique-t-il. Une découverte qu’il a ensuite voulu connecter avec sa passion première du vélo. Têtu comme un Breton, le jeune homme a donc remué ciel et terre, frappé à la porte de tous les équipementiers et médias pour partir à l’assaut de son rêve. Mettant sur le coup un sherpa, Ngawang, et un cadreur franco-argentin, Pehuen Grotti, pour filmer au quotidien son odyssée, que l’on a pu suivre dans une chronique sur France Info et à travers plusieurs sujets sur France Télévisions. Un documentaire relatant son périple devrait aussi prochainement voir le jour.

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Mais celui qui se perçoit comme un citoyen du monde a aussi levé des fonds pour une dizaine de fondations népalaises, engrangeant assez de ressources pour restaurer le toit d’une école. Facile, diront peut-être certains, quand on est le fils de Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité et député européen… « Au contraire, rétorque sans hostilité Stéven : vous ne pouvez pas savoir les freins que représentent les clivages politiques et ce qu’on m’a mis comme bâtons dans les roues. Même si je suis fier du travail de mon père : lui et d’autres m’ont appris à vouloir un monde plus juste, plus humain ».

Des convictions personnelles qui font que Stéven Le Hyaric n’a pas encore tout à fait refermé la page de son rêve blanc. « Dès mon trajet retour dans l’avion, le projet de revenir dans l’Himalaya avec des jeunes de La Courneuve a pris forme, raconte-t-il. Car mon aventure resterait quelque part incomplète sans cette transmission. C’est bien beau de faire des conférences en entreprises sur cette expérience népalaise, il faut aussi la transmettre ici, dans des endroits où ça a du sens. Sinon, je serais juste un bouffon du roi », tranche-t-il. Même s’il a désormais quitté la Seine-Saint-Denis pour le XVIIIe arrondissement, Stéven Le Hyaric affirme ainsi ne pas oublier d’où il vient : « je défendrai toujours ce département parce c’est là que j’ai grandi et que je m’y sens bien ».

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Après un premier contact à la Maison de la citoyenneté de La Courneuve, ce fonceur s’est donc mis en tête d’emmener 10 jeunes de La Courneuve dans l’Himalaya. « L’idée, c’est de leur dire que, quelles que soient leurs difficultés, ils ne doivent pas s’interdire de rêver. Et aussi de les emmener à la montagne, qui reste malheureusement une pratique de gens aisés, alors qu’elle ne devrait être réservée à personne… », fait-il valoir. Un discours qui résonne forcément avec celui de Nadir Dendoune, autre enfant du 93, parti lui à la conquête de l’Everest en 2008 et dont le périple a donné lieu à un film, « L’Ascension », sorti en salles en 2016. « Beaucoup de gens m’ont parlé de Nadir Dendoune, que je ne connaissais pas. Alors, je me suis intéressé à son histoire, qui m’inspire beaucoup de respect, témoigne Le Hyaric. D’ailleurs, arrivé à ma destination finale, à Hilsa, j’aurais voulu faire ce qu’il a fait quand il a atteint le sommet de l’Everest : brandir cette pancarte 93, mais je ne pouvais pas, j’étais complètement cuit… »

Et justement, à propos de Seine-Saint-Denis, que pense ce sportif aux convictions sociales affirmées du projet olympique de 2024 ? « J’espère et je pense que les Jeux de 2024 vont avoir un impact positif sur ce département. 98 l’a eu : le Stade de France a transformé un quartier, même s’il faudra être vigilant à ce que les Jeux profitent vraiment aux populations locales ». A ces mots, récriminations d’un quidam qui se mêle à la conversation : « Pensez donc : France 98, on n’en a jamais vu la couleur ici en termes d’emplois… C’est tout pour les Parisiens... » Stéven Le Hyaric ne se démonte pas : il sonde et questionne son interlocuteur, prend l’exemple des 8 piscines et des gymnases qui resteront en héritage après les Jeux pour les habitants du département. Une capacité d’écoute et une tempérance qui montrent que sa volonté de rencontre de l’autre n’est pas qu’un discours.

Christophe Lehousse
Photos : @Stéven Le Hyaric

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