Michel Jazy, l’étoile du CA Montreuil brille toujours
Dans les années 60, la France sportive ne gagne pas souvent. Avec Michel Jazy, elle s’est trouvé un héros médaillé d’argent aux JO de Rome. Un petit gars dur au mal, qui gagne souvent et perd parfois, mais toujours avec panache.
En cet après-midi de juin 1962, Michel Jazy est loin devant sur la piste de Saint-Maur. Il veut plus que la victoire. Il se bat contre le chrono, pour battre le record du monde du 3000 m de Gordon Pirie, 7’52’’8. Il l’a annoncé avant le départ. Deux lièvres devaient lui ouvrir la voie, mais ils ont été lâchés et depuis les 1 500 mètres le public seul le soutient. Jazy s’accroche, applique le secret livré par Jacques Anquetil : « C’est simple, tu pars à fond dès le départ et tu tiens le plus longtemps possible. » Ses jambes deviennent lourdes, douloureuses, mais Jazy ne lâche pas, tire sur ses bras et dodeline de la tête, passe enfin la ligne d’arrivée. 7’49’’8, nouveau record du monde. Son deuxième en deux semaines après celui du 2 000 mètres battu à Charléty. Jusqu’en 1966, Michel Jazy chassera le chrono et ramènera une incroyable moisson de trophées : 9 records du monde, 6 records d’Europe et 32 records de France. Tous réalisés avec le maillot du CA Montreuil. « Ma mère l’avait teint en jaune et avait cousu l’écusson du club. Je n’en ai jamais porté d’autre, à part celui de l’équipe de France. J’ai couru avec à New-York, Los Angeles, Moscou... »

Pourtant, la première passion du jeune Michel, c’est le football. A Oignies dans le Nord, il passe le plus clair de son temps à taper dans le ballon. Son père mineur déjà emporté par la silicose et sa mère partie travailler à Paris, il est élevé par ses grands parents polonais. Une fois qu’elle a trouvé un logement décent, sa mère fait venir Michel à Paris. « Un copain participait à un cross. S’il ramenait 10 coureurs, on lui offrait une paire de chaussures et un survêtement. Alors on y est allé. J’étais en tête avec celui qui avait terminé troisième aux championnats Ile-de-France. Dans la montée, il me dit de prendre le relais. Je passe en tête et après quelques temps je me retourne, je lui avais pris 50 m. J’ai gagné avec 200 m d’avance. »
La machine est lancée. Le jeune Jazy se lance dans l’athlétisme tout en gagnant sa vie : « Lorsque j’étais cadet, je travaillais de midi à minuit comme groom au Bridge club avenue de la Grande Armée. Puis je suis devenu typographe linotypiste. Je courais mes trente bornes le matin et j’allais ensuite travailler à L’Equipe. On était loin des conditions d’aujourd’hui ! » Pas de professionnalisme à l’époque, mais le sport permet tout de même la belle vie. « J’ai rencontré Maurice Genevoix, Vittorio de Sica, Gabin... Coquatrix m’offrait des bonnes places à l’Olympia, il était du même coin du Nord que moi ! »
Pour Michel Jazy, le sport, c’est aussi une histoire d’amitié et de fidélité. Avec son entraineur, René Frassinelli qu’il suivra en 1953 au CA Montreuil. Un club qu’il n’a jamais quitté et dont il est toujours licencié et président d’honneur à bientôt 80 ans. A l’époque, le président du CAM est Jean Delbert et entre l’industriel et le sportif se tisse un lien filial. « Il était comme un père, il m’a énormément apporté. Nous déjeunions deux fois par semaine, à la brasserie Le Régent à la Croix de Chavaux. Un club comme le CA Montreuil, c’est une deuxième famille. »
Par Georges Makowski
Photographies Presse Sports, Bruno Lévy
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