Catégories
Seine Saint-Denis
Spectacle Résidences artistiques en collèges La Courneuve

« Les super-héros, c’est bon pour l’imaginaire ! »

Vendredi, des élèves du collège Raymond-Poincaré de La Courneuve vont inaugurer une exposition de dessins animés et voir dans la foulée « Hero », un spectacle de marionnettes au centre Houdremont. Le résultat d’une résidence « Marionnettes en Seine-Saint-Denis » portée par le Département qui prend le parti de mettre les collégiens en situation de réalisation.

Fatima et ses amis arrivent en courant dans la salle d’arts plastiques. « Madame, regardez un peu ce qu’on a fait ! » Et de montrer fièrement la vidéo réalisée à Kornelia Griebel, la référente vidéo de la Numen Company. Fondu au noir, puis dans une ambiance digne d’un Hitchcock, on voit une sorte de dame blanche en engloutir d’autres dans un grand sac noir, façon père fouettard ou gladiateur.
Kornelia Griebel dresse les pouces vers le haut. « Génial », lâche en souriant cette spécialiste de l’animation vidéo, qui accompagne actuellement le projet Culture et Art au Collège mené par la Numen Company au collège Raymond-Poincaré de La Courneuve.
Cette compagnie berlinoise, fondée par le marionnettiste et dramaturge Tibo Gebert, intervient depuis décembre dans cet établissement dans le cadre de la résidence « Marionnettes en Seine-Saint-Denis », financée par le Département.

JPEG - 46.4 ko

« Donnez vie à votre super-héros », tel était le thème de cet atelier mené par les collégiens de 3e, en résonance avec « Hero », pièce créée par la compagnie Numen qui sera jouée vendredi au centre Houdremont de La Courneuve. Pour les élèves, il s’agissait de créer leur Batman, Superman ou Super-Dupont à eux avant de le mettre en scène dans des clips d’animation qui seront présentés à partir de vendredi à Houdremont.
Doubles d’eux-mêmes, créatures extravagantes ou personnages inspirés de mangas, les marionnettistes en herbe s’en sont donc donné à coeur joie. Découvrant au passage tout le travail qui se cache derrière une création artistique ou les débats qui se déroulent lors du choix d’un scénario. Mohamed et Doura sont ainsi encore partagés quant à l’issue à donner à leur mini-histoire : pour Mohamed, leurs super-héros - un personnage jaune poussin inspiré d’un « animé » et un autre aux cheveux rouge en pétard - sont amis, quand pour Doura ils doivent s’affronter. « On a pris plaisir à faire ce projet, les super-héros, c’est bien comme thème, c’est bon pour l’imaginaire », relèvent en tout cas ces deux copains.

JPEG - 59.7 ko

Et si le projet n’a pas non plus déclenché de vocations culturelles, la classe aura découvert avec intérêt l’art millénaire de la marionnette : « On a découvert qu’il en existait plusieurs types : à fil, avec un gant, manipulables à la main et même qui se créent au fur et à mesure du spectacle », énumère Mohamed, intéressé aussi par le spectacle vu par la classe au théâtre du Mouffetard à Paris, « Ici ou (pas) là ».
Auxane, qui remonte tout juste du sous-sol du collège, où avec un autre groupe elle est allée « chercher de l’ambiance », retient la méticulosité à déployer pour réaliser un bel objet : « pour réaliser mon personnage, j’ai dû employer du fil de fer, de la pâte, de la laine rouge puis noire, c’était pas mal de boulot », commente la jeune fille qui aura choisi une super-héroïne qui lui ressemble.
« J’aime bien m’appuyer sur ce type de projet parce que ça libère la créativité. Et puis ça permet de passer par des chemins détournés pour travailler des choses complexes : l’identité, la réalisation de soi, toutes des notions qu’on aborde en classe de 3e », explique Bertrand Péret, professeur d’arts plastiques au parcours aussi atypique que sa salle de classe : artiste peintre, globe-trotter au Vietnam et désormais prof ultra dynamique.
« En quelques mois, je les ai vus faire de gros progrès. Ils se sont vraiment approprié l’outil numérique, ont joué le jeu de créer leur personnage et se sont sentis valorisés en voyant le rendu final. Tout ce qu’on voulait », sourit l’intervenante allemande Kornelia Griebel, qui a elle aussi accompli sa mission de super-héroïne : accomplir sa première résidence « en français dans le texte ».

JPEG - 35.9 ko

Un extrait de "Hero", création de la Numen Company- ©Joachim Fleischer

Assistez aux représentations de Hero :
- le 18 mars au centre culturel Houdremont de La Courneuve, à 19h
- le 22 mars au Pavillon de Romainville
- le 25 au Théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec

Christophe Lehousse
Photos : ©Sylvain Hitau

à lire aussi
Performance Découverte Montreuil

À Montreuil, vivez une expérience hors du temps !

Et si demain, c’était vous ? 730 habitant·e·s de la Seine-Saint-Denis se relaient au lever et au coucher du soleil pour veiller en haut de la maison du parc départemental Jean-Moulin-Les Guilands. Cette performance participative, nommée Le Cycle des Veilleurs, offre une déconnexion totale et un panorama à couper le souffle ! Nous avons suivi la veille de Bernard en vidéo.

Cinéma Aubervilliers

Lyna Khoudri, la frangine d’Auber

Elle crevait l’écran dans Papicha, film pour lequel elle avait remporté le César du meilleur espoir féminin en 2020. On la retrouvera cette semaine à Cannes dans « Nos frangins », sur l’assassinat de l’étudiant Malik Oussekine. Lyna Khoudri dit être venue au cinéma progressivement, au fil des sorties organisées par les centres de loisirs d’Aubervilliers, sa ville de toujours. Portrait.