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La jeunesse de Seine-Saint-Denis à la conquête du monde

Un grand forum des acteurs jeunesse du département avait lieu le 14 décembre dernier au Campus des Métiers de Bobigny. En ligne de mire, la formation de ces travailleurs aux défis posés par la mondialisation, afin d’appréhender de manière constructive les JO de 2024.

La Seine-Saint-Denis détient un pouvoir majeur : sa jeunesse : 43,4 % des habitants ont moins de 32 ans, contre 36,2 % en moyenne métropolitaine. « Quand on est jeune, on peut parfois se sentir un peu perdu, découragé, ne pas savoir pas à quelle porte toquer pour la suite de ses études, ou tout simplement pour débuter dans la vie. On peut ne pas se sentir à sa place dans un environnement toujours plus mondialisé, avec des informations qui arrivent du monde entier, toujours plus vite, toujours plus lointaines, issues de millions de sources, dans des centaines de langues », exposait Stéphane Troussel, président du Conseil départemental en introduction à la journée « La jeunesse s’empare du monde ! », organisée en décembre dernier au campus des métiers de Bobigny. Ce forum, adressé aux acteurs jeunesse du département, visait à montrer comment accompagner « des initiatives ouvertes sur le monde, porteuses d’innovation sociale et de renouveau démocratique ».

Ce forum s’est organisé autour de cinq ateliers correspondant aux enjeux et aux défis qui se posent en ce moment à la génération dans la fleur de l’âge : « Participation citoyenne et démocratie », « médias et esprit critique », « entreprenariat social et innovation », ou « migration et interculturalité ». C’est ce dernier, dont nous poussons d’abord la porte. Une animatrice de l’association « Starting-block » nous présente le jeu auquel nous allons nous prêter. Après avoir défini le nord, le sud, l’est et l’ouest, chaque adulte présent dans la salle doit se placer, par rapport aux autres, à l’endroit où il est né. Puis, au top de l’animatrice, à l’endroit où sont nés ses parents. Nous nous lançons dans un « serious-game » : l’équipe n°1 incarne Ali, un sahraoui que sa famille ne peut plus nourrir suite à une mauvaise récolte, l’équipe n°2, Adrien, un néozélandais menacé par la montée des eaux, et la n°3, Virginie et Joseph, un couple de professeurs soudanais chassés par la guerre. A chaque fois que les dés sont jetés, une carte nous propose deux choix, qui dessinent des chemins de migration. Le jeu se poursuit par un échange sur la dimension volontaire ou pas de l’exil, sur les problèmes de statut rencontrés par les migrants, sur leur diversité, les compétences qu’ils acquièrent sur le chemin, et la possibilité de les valoriser.

Alors qu’un second jeu sur les préjugés commence, nous poussons la porte de l’atelier sur l’entrepreunariat social. Là, deux équipes doivent produire des projets répondant aux problématiques de la protection de l’environnement et à celle du décrochage scolaire. Sur les feuilles, les post-it valsent. « D’abord, on diverge, en explorant le maximum d’idées, ensuite on converge », explique l’animateur d’Enactus, dont l’objectif est de faire émerger une génération de « leaders entreprenants, responsables et engagés ». Quand l’animateur sonne le « timebreak », l’équipe des « Pandas » présente « Prioriterre », son projet de festival éco-responsable. « Il y aura un escape game pour sensibiliser à l’écologie, on incitera à produire de l’intelligence collective. On invitera des stars aussi, Booba, par exemple. Pour le financement, on fera appel à des subventions publiques, on vendra du jus de pomme. Et on utilisera du bénévolat », expose Roman. De son côté, l’équipe qui se consacrait au décrochage scolaire propose la « s’cool ». « Ce sera une école inclusive, inspirante et participative pour les jeunes décrocheurs, qui permettra de libérer leur créativité. L’idée serait d’inverser l’école le mercredi après-midi, et de permettre aux parents, aux enfants, de venir eux-mêmes faire cours. On demanderait des financements au fonds d’expérimentation pour la jeunesse », détaille Léa, membre du Point info jeunesse de Tremblay. Pendant le débriefing, les acteurs jeunesse soulignent l’intérêt de la méthodologie et des outils – post-it à gogo, photolangage, travail d’équipe- proposés par l’animateur.

Parmi les joueurs, Lucien, le jeune responsable jeunesse de Romainville, à Olivier, secrétaire départemental de l’association les Francas, en passant par Nathalie, journaliste à Zone d’expression populaire et par Guilaine, de l’association Positive Economy de Jacques Attali. Et ces jeux sont des outils, des exemples d’initiative à monter, et un prétexte pour créer des liens entre les acteurs jeunesse du département, pour que chacun déploie ses compétences et les fassent connaître à leurs pairs. Trois « grands témoins » circulent entre les ateliers, et clotureront la journée pour partager leur point de vue sur la citoyenneté mondiale que le conseil départemental appelle de ses vœux : Delphine Leroy, professeure à Paris 8, Yoann Bazin, professeur dans une école de management, et Vincent Pradier, représentant de la Coordination Sud.

Pendant la pause méridienne, un mini forum des associations a permis de découvrir les associations qui pourraient intéresser leurs usagers. Parcours le monde et Concordia, qui aident les jeunes à partir en service volontaire européen, avaient amené leurs « ambassadeurs », Angélique et Romain, venus partager leurs voyages d’apprentissage en Lettonie et en Irlande. On pouvait aussi y rencontrer les fondateurs d’Open collective, une plateforme virtuelle pour faciliter la création d’associations, Accropolis, une association de débats politiques en ligne sur la messagerie Discord, Co-citoyen, une association d’accompagnement de campagnes de dons (crowd-funding) pour financer des initiatives citoyennes, ou encore Saisir, en lutte contre « le découragement face à l’actualité », qui propose aux jeunes de concevoir leur propre JT.

Le succès de la journée est de bon augure quant à la future « halle civique » du forum mondial de juin 2019 en Seine-Saint-Denis, intitulé « Jeux olympiques et inclusion sociale ». « Nous souhaitons renforcer les formations de Via le Monde (…) afin de construire un socle solide d’actrices et d’acteurs jeunesse formés et sensibilisés aux enjeux actuels, et notamment à l’arrivée des Jeux en 2024. » Après cette journée, on peut dire que les acteurs jeunesse du département sont dans les starting-blocks...

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