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Joséphine, Séquano-dionysienne épanouie

Le Salon du livre et de la presse Jeunesse Seine-Saint-Denis (SLPJ) a confié à la journaliste et autrice, Joséphine Lebard un parcours Culture et Art au Collège (CAC) pour réfléchir à la façon dont l’espace urbain est partagé entre les femmes et les hommes. Récit de ses premiers pas.

Et une ville de plus au palmarès de Joséphine Lebard ! Celle qui a grandi aux Pavillons-sous-Bois, fut élève au lycée Schweitzer au Raincy, a écrit Une année à Clichy, a enseigné deux ans à l’IUT de Bobigny et vit à Noisy-le-Sec, va passer une année au collège Federico-Garcia-Lorca de Saint-Denis.

Le 7 décembre, accompagnée du musicien Erwan Laurent (un ancien de Schweitzer lui aussi), elle a choisi de démarrer son parcours Culture et Art au Collège en chansons. Spécialement écrites pour l’occasion, et reprises en chœur par les élèves ravi·e·s de cette entrée en matière. « Le SLPJ avait envoyé des livres pour fêter ça. La professeure-documentaliste en avait fait une pile. Regarder les enfants émerveillé·e·s les feuilleter, c’était beau. J’étais très émue. Une élève est venue me voir avec son exemplaire en me demandant : « C’est pour nous ? On repart avec ? » Ils étaient super contents. Certains serraient leur livre contre eux. J’avais l’impression d’être le père Noël. »

Ce lien avec le Salon du livre et de la presse Jeunesse Seine-Saint-Denis remonte pour elle aux années 80. « Petite, j’y allais tous les ans. Je me rappelle très bien y avoir vu l’exposition consacrée à l’auteur de Max et les Maximonstres, je devais avoir 5 ou 6 ans. Cela m’a énormément marquée ». Face à sa bibliothèque, encore remplie des livres qu’elle faisait dédicacer au Salon, Joséphine se souvient : « Avec mes parents, c’était un peu open-bar sur les livres. Pour moi, c’est un lieu important, fondateur. Représenter le Salon du livre de Montreuil avec ce CAC, c’est la classe, j’en suis très fière. » La journaliste aimerait transmettre le goût de la lecture, de l’écriture aux collégien·ne·s comme le Salon du livre a pu le faire pour elle. « Aujourd’hui j’ai envie de rendre ce que j’ai reçu. Ça fait un peu publireportage de dire ça. Mais j’ai envie de les voir écrire. J’ai envie d’entendre leurs mots. J’ai envie de voir déployer leur plume. C’est un peu cliché ce que je dis mais j’y crois fondamentalement. »

Joséphine Lebard aime son département et ce qu’il a fait d’elle et tient à le faire savoir. Pendant le premier confinement, elle a commencé à lire en live sur un compte Facebook et Instagram ses contes de la Banlieue inspirés de son quotidien : les friches industrielles, le canal de l’Ourcq son voisin et même les dames de la cantine. Des contes destinés aux 8-12 ans qui vont être prochainement édités. « Pour moi, la banlieue est le terreau d’un univers merveilleux, ludique, magique et poétique ». Son idée est aussi d’offrir des personnages très peu présents dans la littérature jeunesse, qui sont autant de modèles identificatoires différents pour les petits lecteurs. Des contes qu’elle a lus ce 7 décembre à une classe de sixième qui en redemandait.

En accord avec l’équipe éducative du collège, Joséphine Lebard veut entremêler les disciplines pour mener à bien son parcours CAC. De la sociologie, à la géographie, en passant par l’architecture, les mathématiques, les arts plastiques, et bien sûr l’histoire pour essayer de donner à comprendre le monde dans lequel on vit et plus particulièrement la place des filles et des garçons dans la ville.

« Le point de départ de tout ça ? C’est la bande dessinée que j’ai écrite et qui a été publiée dans le très beau magazine Topo. Elle raconte l’histoire d’une fillette qui veut faire du skate et se voit refouler du skate-park par les garçons qui y sont. C’est là que le personnage prend conscience que la ville est conçue par les hommes pour les hommes. Une bédé qui aborde aussi la question de comment réinvestir la ville. »

Frappée par l’acuité des réflexions des filles et moins étonnée du déni affiché par les garçons, la journaliste invite la classe à descendre dans la cour pour voir la façon dont les filles et les garçons étaient réparti·e·s. « Je m’appuie sur les travaux de la géographe Edith Maruéjouls-Benoit sur les cours de récréation. Elle explique très bien que lorsqu’on positionne le terrain de foot occupé principalement par les garçons au centre de la cour, cela oblige les filles à se rabattre sur les côtés. » Autre terrain d’exploration, les rues de leur quartier qui ne fournissent que 2 % de noms féminins. « Nous avons d’ailleurs commencé à les féminiser. »

Une façon de faire connaissance avec de nombreuses figures féminines méconnues. Sur sa lancée, un des élèves a même proposé de rebaptiser le collège Federico-Garcia-Lorca : Frida-Kahlo. « Cela nous a donné l’occasion de parler de cette artiste que les élèves connaissaient. » Après l’étude sur plan, la journaliste et autrice a pour projet de sortir du collège et du quartier. « Même si on est contraints par la crise sanitaire, j’avais envie de les emmener à Paris, j’ai repéré des expos. Les parcours CAC sont aussi là pour pouvoir élargir l’horizon des enfants. »

Joséphine Lebard au collège Federico-Garcia-Lorca à Saint-Denis pour sa résidence Culture et Art au Collège.

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