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Portrait

Emmanuelle Assmann, un fauteuil pour Jeux

Présidente du Comité Paralympique et Sportif Français, cette native du Raincy, vivant aujourd’hui à Rosny-sous-Bois, est un pilier du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Ancienne épéiste bronzée aux Jeux Paralympiques en 2004, Emmanuelle Assmann (43 ans) est une incroyable ambassadrice du sport, du handicap et de notre département.

Un des piliers de la victoire de Paris pour les Jeux olympiques et paralympiques en 2024, Emmanuelle Assmann est la moins connue, la plus discrète mais, certainement, la plus écoutée. Avec sagesse, elle sait faire mouche avec humilité et brio, ferrailler avec calme et justesse comme l’escrime le lui a enseigné.
Emmanuelle Assmann est une pure Séquano-Dionysienne. Grâce à un grand-père cheminot venu vivre sa passion du rail à Pantin, grâce à un père attaché au service culturel de la mairie de Bondy, Emmanuelle Assmann est née au Raincy, a fait sa scolarité entre Pavillons-sous-bois, Bondy et Villemomble. Aujourd’hui, détachée à plein temps de sa société EDF, cette quadragénaire est l’active présidente du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) et secrétaire générale de la Fédération Française Handisport .
Entre deux rendez-vous à Paris, elle aime se ressourcer chez elle à Rosny-sous-Bois, au plateau d’Avron. Là, elle soigne son lilas, son magnolia et son figuier pêchés chez son pépiniériste de toujours à Villemomble : « J’aime vraiment ce département avec des espaces verts incroyables comme son improbable forêt de Neuilly-sur-Marne ou encore sa balade le long du canal de l’Ourcq. J’aime aller au ciné Méliès à Montreuil et y prendre un café ou aller faire mon marché dans le quartier de Basoche à Pavillons-sous-bois. Certains endroits y recèlent un aspect village que j’aime beaucoup ».

« N.T.M. me donne la patate… »

Divorcée sans enfant, cette fille unique aime aussi devenir, certains week-ends, l’une des porte-flambeaux de l’association « Parrains pour mille ». Sur son bout de jardin et durant le peu de temps libre qu’il lui reste, elle essaye d’ouvrir un horizon à sa filleule Tracy de Romainville (8 ans), originaire du Cameroun : « Les jeunes ont besoin d’avoir des modèles. Ils ont aussi besoin de voir s’ouvrir des fenêtres comme d’aller au théâtre ou voir une exposition. Moi, j’étais issue du ‘93’, j’étais une femme et j’étais en fauteuil roulant. Donc, pour beaucoup, je n’avais aucune chance de réussir dans la vie. Je suis la preuve qu’il ne faut jamais baisser les bras… ».
Encore aujourd’hui, en attendant que les Jeux amènent dans un fauteuil le métro à Rosny-sous-bois, Emmanuelle Assmann lutte contre les bouchons parisiens en écoutant en boucle l’album Paris sous les bombes (1995) : « En toutes circonstances, le groupe N.T.M. continue de me donner la patate ! ».

« Alimenter le même moulin… »

Sagement mais impatiente tout de même, notre Présidente attend l’arrivée des Jeux de Paris 2024 « comme un formidable coup de projecteur, levier et catalyseur pour notre département souvent critiqué ou fui. Construire et vivre ce grand territoire va être un moment historique de partages entre toutes ces diverses sensibilités. Et aussi, pour la première fois, les mondes olympique et paralympique forment une association permanente. Oui, pour la première fois de l’histoire sportive, les Paralympiques ont une réelle lisibilité, un vrai éclairage. Ainsi, ils feront gagner vingt-cinq ans au monde handisport, au moins, dans notre département ».
Enthousiaste, cette titulaire d’une maîtrise en compétences cadre et options de compétences transversales précise : « Oui, ces Jeux pourront et peuvent tout changer, tout révolutionner. Mais, s’en donner les quatre ou cinq priorités est capital. Seul le fait de travailler ensemble, entre notre département, la ville de Paris, l’Etat, le mouvement sportif valide et handisport, les conseils des Régions, les conseils des Départements, la population, les partenaires, nous donnera une vraie force de frappe ! ».
Intarissable sur ce futur grand moment de notre histoire sportive, Emmanuelle Assmann, promise à un avenir certainement encore plus en vue dans un lustre, conclut : « Pour atteindre ce p’tit bonheur vécu, au mieux, une seule fois dans sa vie, tous les acteurs doivent alimenter le même moulin. Ainsi, ils donneront des ailes à notre projet, à toute une jeunesse et à l’avenir, d’un département et même au-delà, d’un pays… ».

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