Catégories
Seine Saint-Denis

Des apprenti·e·s-grapheurs/grapheuses pour les J.O.P

Bombe de peinture en main, la résidence In Situ de l’artiste Univers 43 vient de commencer au collège Aretha Franklin à Drancy. Des élèves y cogitent sur les Jeux tout en apprenant les rudiments du graph. L’objectif : couvrir un mur de leur gymnase avec une œuvre collaborative.

« Les Jeux Olympiques… le mont olympe… l’athlète… dépasser les limites du corps et de l’esprit… » Pour faire émerger des idées, l’artiste Univers 43 égraine une liste de mots « écrivez en face de chacun à quoi il vous fait penser, sans trop réfléchir, en vous faisant confiance. Laissez faire votre intuition. C’est quelque chose d’instinctif. » Elle ajoute : « sports du futur... jeux olympiques galactiques... l’agon... Kalokagathia... dodécaèdre… Si vous ne comprenez pas certains mots, c’est normal. Il y a 15 jours je ne les connaissais pas moi-même. Je les ai trouvés en faisant des recherches. » Elle corse l’exercice : « Octalapus : ce mot n’existe pas mais il faut quand même me dire à quoi ça vous fait penser… c’est pour voir comment marche notre cerveau ».

JPEG - 70.7 ko

En citant les quatre éléments, Univers 43 leur montre comment fonctionne le sien : « Le feu : c’est mon élément préféré, et ça tombe bien car il y a la flamme olympique. L’eau : me fait pour ma part penser à la sueur des sportifs et aux océans. L’air : j’ai vu beaucoup de sportifs en l’air, comme en suspension, les bras en l’air et regardant le ciel. Une attitude qu’on retrouve déjà dans les sculptures antiques pour signifier la victoire ».

Le maniement de la bombe

La suite de l’atelier se poursuit en musique. Chacun·e apprend les gestes du graph, comment enlever le capuchon, en toute sécurité. « De haut en bas, vous entendez les billes ? C’est important de beaucoup beaucoup secouer pour bien mélanger les pigments. Écoutez ! Au bruit on sait qu’elle est bien secouée.  » Avec les caches de différentes tailles, apparaissent alors des planètes, des étoiles, et même des nuages cosmiques… « Essaie de mettre la bombe plus loin de la table. Tu vois la différence ? explique l’artiste. Pour créer du mouvement, quelque chose de vivant, on va créer des couches. Ça, c’est la technique du nuage. »

Comme une danse

Wiam, 15 ans, élève de troisième « a aimé les couleurs et les techniques  » notamment comment maîtriser la bombe de peinture en faisant corps avec elle, en bougeant autour de la feuille, en laissant aller leur intuition. Il ajoute : « Le graph c’est comme une danse et c’est cela qui donne du mouvement au dessin ». L’ambiance est à la fois studieuse et détendue. Cyprien, 15 ans, a presque terminé son dessin : « mon père m’a ramené des bombes de peinture et je me suis entrainé sur un mur de deux mètres de long, chez moi, sur de l’isolant. J’aime beaucoup mais je ne me vois pas faire ça comme métier. Je veux faire l’armée, comme mon père et mon grand-père. »

"Vous êtes super-doués"

Univers 43 apprécie leur concentration et leur créativité : « Des dégradés bleus près de l’orange, c’est joli. Bon ben vous êtes super doué·e·s, c’est génial » S’adressant aux élèves, elle propose que la prochaine fois chacun apporte sa play-list : « Aujourd’hui la musique a été choisie par monsieur Belaïd, votre professeur d’EPS, mais vous pouvez venir avec la vôtre. Mettre vos écouteurs. Moi-même je ne sais pas travailler sans musique. »
Cette résidence artistique de 60 heures est accompagnée par la maison de production d’art Quai 36, implantée à Romainville dans les locaux de la Fiminco, une entreprise qui collabore avec plus de 400 artistes.

Crédits photo : Quai36

à lire aussi
Les inconfinables Vaujours

Virginie Martin, sage-femme : « J’aurais voulu pouvoir aider davantage... »

Il est facteur, elle est pharmacienne, il est chauffeur routier, elle est sage-femme. Tou·te·s opèrent en Seine-Saint-Denis. Et tou·te·s, malgré les mesures de confinement prises contre la pandémie de coronavirus, se sont rendus chaque jour sur leur lieu de travail pour maintenir le fonctionnement du pays. Pour Le Mag de Seine-Saint-Denis, ils et elles racontent leur quotidien d’"inconfinables".

Les inconfinables

Belkacem, éboueur : « Je pars au travail la boule au ventre »

Il est éboueur, elle est pharmacienne, lui magasinier, elle infirmière. Tou·te·s opèrent en Seine-Saint-Denis. Et tou·te·s, malgré les mesures de confinement prises contre la pandémie de coronavirus, se rendent chaque jour sur leur lieu de travail pour maintenir le fonctionnement du pays. Pour Le Mag de Seine-Saint-Denis, ils racontent leur quotidien d’"inconfinables".

Les inconfinables

Cécile Cotelle, infirmière : « Chaque sortie de patient est une victoire »

Elle est pharmacienne, lui magasinier, il est chauffeur routier, elle infirmière. Tou·te·s opèrent en Seine-Saint-Denis. Et tou·te·s, malgré les mesures de confinement prises contre la pandémie de coronavirus, se rendent chaque jour sur leur lieu de travail pour maintenir le fonctionnement du pays. Pour Le Mag de Seine-Saint-Denis, ils racontent leur quotidien d’"inconfinables".

Les inconfinables

Kévin, magasinier : « Travailler m’empêche de tourner comme un lion en cage »

Elle est pharmacienne, lui magasinier, il est chauffeur routier, elle infirmière. Tou·te·s opèrent en Seine-Saint-Denis. Et tou·te·s, malgré les mesures de confinement prises contre la pandémie de coronavirus, se rendent chaque jour sur leur lieu de travail pour maintenir le fonctionnement du pays. Pour Le Mag de Seine-Saint-Denis, ils·elles racontent leur quotidien d’"inconfinables".