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Banlieues bleues : ça gaze et ça jazz ! (4)

Du 3 au 31 mars, le festival Banlieues bleues, soutenu par le Conseil départemental, a fêté sa 34e édition avec une très riche programmation. L’une des attractions aura notamment été Alsarah & The Nubatones, groupe pop d’Afrique de l’Est. Retour en interview.

Alsarah & The Nubatones réinvente la rétro-pop d’Afrique de l’Est

Née au Soudan, la chanteuse et compositrice Sarah Mohamed Abunama-Elgadi alias Alsarah vit désormais à Brooklyn, et règne sans partage sur la rétro-pop nubienne. Au festival Banlieues bleues, elle a été accompagnée par le groupe The Nubatones.

A quel âge avez-vous commencé à chanter ?

"J’ai commencé à 12 ans, quand je me suis installée aux Etats-Unis. J’ai rejoint la chorale de mon école car c’était le seul cours qui ne nécessitait pas de parler anglais, j’étais juste en train d’apprendre la langue à l’époque."

Quelle musique écoutiez-vous en grandissant ?

"C’était tout type de musique. J’ai grandi en écoutant la musique de mes parents, beaucoup de pop soudanaise : Mustafa Sid Ahmed, Mohamed Al Amin, Albelabil ou encore Kabli, mais aussi de la pop égyptienne et arabe : Oum Kalthoum, Fairouz, The Rahbanis, Abdelhalim Hafiz, Mohamed Mounir… J’aimais beaucoup la pop américaine comme Michael Jackson et Joan Baez. Il y avait aussi des bandes originales de Bollywood qui provenaient de films indiens que regardait ma mère. Quand je me suis installée aux Etats-Unis, j’ai commencé à écouter du vieux blues et de l’Americana. Puis je me suis intéressée à la folk provenant de plusieurs endroits du monde : des Balkans, des Appalaches, d’Inde. J’étais fascinée par le principe de transmission culturel par la musique sous toutes ses formes. Je n’ai réécouté de la musique soudanaise que lorsque j’étais à l’université et que je travaillais sur ma thèse."

Vous souvenez-vous de votre premier coup de foudre musical ?

"Mohamed Mounir, son album Wust El Dayra qui est sorti en 1987 et qui est mon album préféré de tous les temps."

Votre musique parle beaucoup d’identité, des origines…

"La question est la suivante : quel est notre foyer natal, quelle est sa mélodie ? Comment retrouver cet endroit en se plongeant dans la musique ? Comment se faire une place à travers les souvenirs du passé en construisant son avenir ? C’est le discours interne que j’explore à travers la musique. C’est quelque chose qui est constamment en train d’évoluer."

Pensez-vous qu’il soit important pour un artiste d’être engagé politiquement ?

"Je pense que ce qui est vraiment important c’est d’être honnête avec soi-même, et dans notre façon d’interagir avec le monde. Pour certains, ce n’est pas politique du tout, et pour d’autres il n’y a pas le choix car leurs corps sont des espaces politiques à temps complet."

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