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A bord du nouveau bus dentaire du Département

Lancé en mars mais vite interrompu par le premier confinement, le nouveau bus bucco-dentaire du Département est reparti sur les routes depuis octobre. Sa mission : aller vers les enfants des écoles maternelles et primaires pour accomplir un travail de dépistage et de premiers soins. Un dispositif complété par des équipes volantes de dentistes qui se rendent également auprès de personnes précaires, handicapées ou âgées.

Ce vendredi matin de novembre, un drôle de bus est garé devant l’école primaire Firmin-Gémier d’Aubervilliers. Non, ce n’est ni un biblio-bus ni un bus de vulgarisation scientifique à la « C’est pas sorcier ». Quoique… Le dentiste itinérant Gorguine Valougeorgis et l’assistante dentaire du centre de santé Oulfa Shako sont un peu les « Fred et Jamy » des dents… Car tel est bien le but de ce nouveau bus bucco-dentaire : faire le tour des écoles maternelles et primaires pour renforcer la santé bucco-dentaire des petit·e·s Séquanodionysien·ne·s. En mars dernier, le Département a en effet choisi de compléter ses traditionnelles actions de prévention bucco-dentaires, fortes d’une histoire de plus de 30 ans, par ce bus équipé d’un cabinet dentaire dernier cri permettant de mener à bien dépistages et premiers soins.

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Mais ce jour-là, à Firmin-Gémier, on se contentera d’une action de sensibilisation. A bord de son bus, où défilent les groupes de quatre (Covid oblige), Gorguine fait le clown. « Venez vous installer dans mon fauteuil spatial ! » L’idée : laisser les enfants apprivoiser les outils, dépasser la peur du dentiste qu’ils peuvent parfois ressentir. Et faire aussi passer quelques infos essentielles. « Il faut vous brosser les dents au moins deux fois par jour, matin et soir, pendant trois minutes. Trois minutes, c’est le temps d’une chanson... »
A la redescente du bus, le message a porté. « J’étais jamais allé chez le dentiste avant ça. J’avais peur d’y aller. Maintenant, un peu moins. J’ai vu tous les outils dont il se sert et j’ai retenu qu’il était là pour nous aider. », affirme Badreddine, en CE1. « Moi, je suis déjà allée chez le dentiste et parfois c’est pas très agréable. Mais vaut mieux ça que laisser une carie qui grossirait et ferait encore plus mal », complète sa copine Capucine, avant de repartir avec le cadeau du jour : un beau gobelet flashy contenant brosses à dents et dentifrice.
« On voit pas mal d’enfants qui, même à 7-8 ans, ne sont jamais allés chez le dentiste. Cela peut s’expliquer par différents facteurs : parfois, les parents ne savent pas qu’il est recommandé d’aller chez le dentiste, même quand tout va bien. Il y a aussi une situation de désert médical, avec des délais assez longs pour un rendez-vous chez un professionnel de santé. L’idée de ce bus, c’est donc un peu de combler les trous dans la raquette », résume Gorguine Valougeorgis, membre d’une équipe de cinq dentistes employés spécialement pour faire tourner ce centre mobile dentaire.

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Lancé en mars dernier pour résoudre une partie des inégalités de santé dont est victime la Seine-Saint-Denis, le bus a été brutalement interrompu dans son baptême du feu par l’irruption du coronavirus. Mais depuis octobre, il sillonne à nouveau le département, cochant bien sûr toutes les cases des mesures anti-Covid. Dans les écoles, il cible avant tout la tranche des 4-5 ans en maternelle et des 7-8 ans en école primaire. « L’idée est de venir en complément des offres déjà existantes, comme le dispositif « M’T dents » de l’Assurance Maladie, qui propose une prise en charge complète du rendez-vous chez le dentiste aux 6 ans de l’enfant (ainsi que tous les 3 ans entre 3 et 24 ans d’ailleurs). Le but est vraiment d’être dans un rôle de passerelle, pour raccrocher les personnes aux systèmes de soins existants », commente Nathalie Christol-Jegou, cheffe de service adjointe au Service de Prévention et des Actions Sanitaires du Département.

"Rôle de passerelle"

Mais les écoliers ne sont évidemment pas le seul public concerné par ces actions de lutte contre les inégalités territoriales. En plus du bus, le « centre de santé dentaire mobile » du Département a ainsi une autre corde à son arc : les « unités portables dentaires ». Comprendre un fauteuil de dentiste pliable et deux valises portables comprenant tout l’attirail nécessaire pour récréer un mini-cabinet dentaire. Un matériel idéal pour aller vers des publics ayant des difficultés à se déplacer ou ayant besoin d’un environnement familier. Ehpads, foyers de travailleurs, établissements médico-sociaux, CAARUD (centre d’accueil pour les usagers de drogue) : le Département s’emploie ainsi à intervenir partout où les publics se sentent démunis en matière de soins dentaires, en accord avec les villes, et sous la houlette d’une coordinatrice, Lise Bourdin, qui pilote la programmation des rendez-vous pour répondre au mieux aux besoins.
Comme auprès des 21 habitants de la Résidence de Luppé à Villepinte, structure accueillant un public souffrant de troubles psychiques.

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En ce mercredi matin, le centre de santé dentaire départemental y intervient pour la première fois, sous les traits rassurants du dentiste Jérémie Bazart. Dans une petite salle à l’étage de la résidence, le professionnel reçoit par exemple Nouri*, à qui il explique que le soin de sa carie va pouvoir être remboursé par la Sécurité sociale. Et de lui donner rendez-vous dans 3 semaines pour un plombage, qui s’effectuera dans cette même pièce.
« Certains publics, comme les publics précaires ou âgés ont un certain retard aux soins du fait d’un manque de préoccupation de leur part mais aussi du fait que leur suivi dentaire est moins pris au sérieux. L’idée c’est donc de faire les premiers soins sur place, mais aussi beaucoup de dédramatiser. Si une intervention nécessite du matériel ou des compétences que je n’ai pas - principalement de gestion du stress du patient - je renvoie vers un réseau de dentistes spécialisés, Rhapsod’if, avec lequel nous avons noué un partenariat », explique Jérémie Bazart.
Des consultations qui satisfont très souvent les résidents et soulagent les structures, pour lesquelles cela représente aussi de la logistique et de l’administratif en moins. « C’est une très bonne nouvelle pour les résidents comme pour l’encadrement. La plupart de nos résidents attendent généralement le dernier moment pour aller voir le dentiste. Pour des raisons de coût, mais aussi parce que ce n’est tout simplement pas dans leurs réflexes. Là, ça permet une prise en charge apaisée et dans les temps », se félicite Amadou Niagaté, éducateur spécialisé coordinateur à la résidence de Luppé. En matière de lutte contre les inégalités territoriales de santé, le combat reste bien sûr immense, mais peu de départements peuvent se targuer d’un tel outil.

Christophe Lehousse
Photos :©Bruno Lévy

*Le prénom a été changé

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